Nutri-Score : La France Défie les Algorithmes en 2025

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mars 13, 2025

Nutri-Score : La France Défie les Algorithmes en 2025

Et si une simple lettre, de A à E, pouvait bouleverser nos assiettes et diviser un pays ? En ce mois de mars 2025, la France est le théâtre d’une bataille inattendue : celle du Nutri-Score. Ce système d’étiquetage nutritionnel, imaginé pour guider nos choix alimentaires, se heurte à une résistance farouche, entre défenseurs de la santé publique et gardiens du terroir. Plongeons dans ce débat qui mêle science, tradition et politique.

Un Algorithme au Cœur de la Discorde

Créé en France il y a près d’une décennie, le Nutri-Score attribue une note aux aliments, du vert éclatant d’un A au rouge alarmant d’un E. L’objectif ? Offrir une boussole simple aux consommateurs face à la jungle des étiquettes. Mais en 2025, ce système facultatif fait des vagues, et pas seulement dans les rayons des supermarchés.

Une Mise à Jour qui Fâche

Initialement prévu pour janvier 2024, un nouvel algorithme plus strict attend toujours son heure. Signé par deux ministères sur quatre au 10 mars 2025, il durcit les critères pour mieux lutter contre l’obésité. Mais ce durcissement ne plaît pas à tous : les fromages AOP comme le roquefort ou le comté, fiertés nationales, risquent de voir leur note chuter.

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, hésite encore à apposer sa signature. Éleveuse dans le Doubs, elle défend les « magnifiques salaisons françaises » et critique un système qui, selon elle, pénalise les produits du terroir au profit d’une logique technocratique. Une position qui fait grincer des dents les experts de santé publique.

« Le Nutri-Score ne dit pas de bannir ces produits, mais de les consommer avec modération. »

– Serge Hercberg, concepteur du Nutri-Score

Science vs Tradition : Le Débat s’Enflamme

Le 12 mars 2025, France Inter a été le théâtre d’un échange électrique entre Camille Dorioz, de l’ONG Foodwatch, et Céline Imart, députée européenne LR et agricultrice. Animé par Nicolas Demorand, ce face-à-face a cristallisé les tensions. Pour Dorioz, le Nutri-Score est un outil essentiel pour des choix éclairés ; pour Imart, il incarne une dictature sanitaire qui méprise le savoir-faire artisanal.

Imart fustige un « algorithme froid » qui infantilise les consommateurs et stigmatise les produits bruts. Dorioz, lui, rétorque avec une pointe d’ironie : même un système parfait repose sur des calculs. Le ton monte, et les auditeurs restent suspendus à cette querelle où chaque camp semble irréconciliable.

Les Enjeux de Santé Publique

Derrière ce bras de fer, un enjeu majeur : la lutte contre l’obésité. Une étude de la Drees, publiée en juillet 2024, classe l’étiquetage nutritionnel parmi les mesures les plus efficaces, aux côtés de la taxation des boissons sucrées. En France, où 17 % des adultes sont obèses, le Nutri-Score pourrait être une arme précieuse.

Pourtant, son adoption traîne. L’Union européenne, incapable de trancher sur un étiquetage commun, voit s’opposer le Nutri-Score français au NutrInform italien, basé sur les apports journaliers. Pendant ce temps, les spécialistes alertent : chaque année perdue aggrave une crise qualifiée d’« épidémie non infectieuse ».

Le Terroir, Victime ou Alibi ?

Les défenseurs du terroir, emmenés par des figures comme Céline Imart, dénoncent une menace sur l’identité culinaire française. Le roquefort, riche en sel et en gras, ou les charcuteries artisanales, risquent de se retrouver dans le rouge. Mais Camille Dorioz pose une question troublante : un produit traditionnel est-il forcément sain ?

Foodwatch va plus loin, accusant certains industriels de se cacher derrière le terroir pour protéger des produits ultra-transformés. Danone et Lactalis, par exemple, seraient ravis d’éviter des notes trop sévères pour leurs yaourts ou laits végétaux. Le débat glisse alors vers une réflexion plus large : tradition rime-t-elle avec santé ?

Une Start-up au Cœur de la Tempête

Dans ce tumulte, une start-up comme Foodwatch joue un rôle clé. Fondée pour défendre la transparence alimentaire, elle milite sans relâche pour le Nutri-Score. Ses campagnes percutantes, comme la lettre ouverte à François Bayrou le 7 mars 2025, mettent la pression sur les décideurs. Mais face aux lobbies laitiers et charcutiers, la bataille est rude.

Foodwatch incarne une nouvelle vague d’acteurs qui allient innovation sociale et combat pour la santé. Leur arme ? La mobilisation citoyenne et une communication incisive. Une approche qui pourrait inspirer d’autres jeunes pousses dans le secteur agroalimentaire.

Un Blocage Politique

À ce jour, l’arrêté reste en suspens. Catherine Vautrin et Yannick Neuder, aux ministères de la Santé, ont signé, mais Annie Genevard tergiverse. Le ministère de l’Économie, dernier signataire attendu, reste muet. Ce retard exaspère les associations, qui y voient l’influence des lobbies agroalimentaires.

Pour résumer les positions, voici les arguments clés :

  • Pour le Nutri-Score : un outil scientifique pour la santé publique.
  • Contre le Nutri-Score : une menace pour le terroir et une simplification excessive.
  • Les indécis : ceux qui cherchent un équilibre entre tradition et modernité.

Vers une Révolution Alimentaire ?

Ce conflit autour du Nutri-Score dépasse la simple question des étiquettes. Il interroge notre rapport à la nourriture, entre plaisir, santé et identité. Si la France parvient à trancher, elle pourrait ouvrir la voie à une révolution dans nos assiettes – ou au contraire, conforter un statu quo cher aux nostalgiques.

En attendant, le débat reste ouvert, et chaque camp affine ses arguments. Une chose est sûre : en 2025, choisir entre un roquefort et un yaourt allégé n’a jamais été aussi politique.

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