
Kering Renforce Son Empire avec Deux Lunetteries Italiennes
Saviez-vous que derrière chaque paire de lunettes de luxe se cache une histoire d’innovation et de savoir-faire ? Le 3 avril 2025, Kering, le titan français du luxe, a frappé un grand coup en annonçant l’acquisition de deux entreprises italiennes spécialisées dans la lunetterie : Visard et Mistral. Ce n’est pas une simple transaction, mais une étape clé dans une stratégie qui pourrait redéfinir l’avenir de la mode haut de gamme. Alors, que signifie ce mouvement pour Kering et pour l’industrie du luxe ? Plongeons dans cette aventure fascinante.
Kering Eyewear : Une Ambition Sans Limites
Depuis sa création en 2014, **Kering Eyewear** n’a cessé de bousculer les codes. Ce qui a débuté comme une petite division au sein du groupe Kering, autrefois connu sous le nom de PPR, est aujourd’hui un acteur incontournable de la lunetterie de luxe. Avec un portefeuille impressionnant incluant des marques comme Gucci, Cartier ou encore Saint Laurent, Kering Eyewear ne se contente pas de suivre les tendances : elle les façonne. Mais pourquoi cette obsession pour les lunettes ? Parce qu’elles représentent bien plus qu’un accessoire – elles sont une porte d’entrée vers le luxe.
Un Pari sur l’Italie, Terre de Savoir-Faire
L’Italie n’est pas un choix anodin. Réputée pour son artisanat d’exception, notamment dans la région de Belluno, ce pays est un vivier de talents pour la fabrication de lunettes. Visard, avec ses 75 employés, excelle dans les montures en plastique injecté, tandis que Mistral, forte de 120 artisans, brille par son expertise dans l’acétate. Ces deux entreprises ne sont pas des inconnues pour Kering : elles collaborent avec le groupe depuis ses débuts. En les intégrant, Kering ne fait pas que renforcer sa production ; il s’approprie un héritage.
Au fil des années, Visard et Mistral ont apporté une qualité et une expertise technique incomparables à notre entreprise.
– Roberto Vedovotto, PDG de Kering Eyewear
Cette citation illustre bien l’enjeu : il ne s’agit pas seulement d’acheter des usines, mais de s’entourer des meilleurs. En sécurisant ces partenaires historiques, Kering s’assure un contrôle accru sur sa chaîne d’approvisionnement, un atout précieux dans un secteur où la qualité prime.
Une Stratégie qui Change la Donne
Historiquement, Kering s’est concentré sur l’acquisition de marques prestigieuses – pensez à Gucci ou Bottega Veneta. Mais ce virage vers des fournisseurs industriels marque un tournant. Jean-Marc Duplaix, directeur général adjoint de Kering, l’avait prédit dès février 2025 : « Il y aura d’autres acquisitions de fournisseurs, surtout en Italie. » Ce choix reflète une volonté de maîtriser chaque étape de la production, de la conception à la distribution. Une approche qui pourrait inspirer d’autres géants du luxe.
Pourquoi ce changement maintenant ? Le marché de la lunetterie haut de gamme est en pleine expansion. Avec des marges bénéficiaires oscillant entre 30 et 60 %, contre 10 à 30 % pour les vêtements, les lunettes sont une mine d’or. En intégrant Visard et Mistral, Kering ne se contente pas de suivre cette tendance : il la devance.
Visard et Mistral : Qui Sont Ces Nouveaux Acteurs ?
Entrons dans les coulisses de ces deux entreprises. Visard, fondée en 1985, est un spécialiste des montures optiques et solaires en plastique injecté. Ses 75 employés travaillent dans des ateliers où la précision est reine. Mistral, née en 1991, mise sur l’acétate, un matériau prisé pour sa légèreté et son élégance. Avec 120 artisans, elle allie tradition et innovation. Ces deux sociétés, situées dans le Veneto, incarnent l’excellence italienne que Kering veut mettre en avant.
Leur intégration ne sera pas immédiate. L’accord, signé le 3 avril 2025, prévoit une prise de contrôle totale de Visard et une participation minoritaire dans Mistral, avec une option d’achat complet d’ici 2030. La finalisation est attendue pour le troisième trimestre 2025, sous réserve de l’approbation des autorités de la concurrence. Un calendrier qui montre une planification minutieuse.
Les Lunettes, Nouvel Eldorado du Luxe
Si les vêtements et les sacs restent emblématiques, les lunettes gagnent du terrain dans l’univers du luxe. Elles sont souvent le premier achat d’un client dans une marque haut de gamme, une porte d’entrée accessible avant de craquer pour une pièce plus coûteuse. Kering l’a bien compris. En 2023, Kering Eyewear a généré 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, un chiffre qui ne cesse de croître grâce à des acquisitions comme Lindberg en 2021 et Maui Jim en 2022.
Avec Visard et Mistral, Kering ajoute une nouvelle corde à son arc. Cette diversification renforce sa position face à des concurrents comme EssilorLuxottica, leader mondial du secteur. Mais au-delà des chiffres, c’est une question de vision : celle d’un luxe maîtrisé de A à Z.
Un Impact Économique et Culturel
Cette opération ne profite pas qu’à Kering. En investissant dans le district de Belluno, le groupe soutient un écosystème local riche en savoir-faire. Les 195 emplois de Visard et Mistral sont préservés, voire renforcés, par cette intégration. Roberto Vedovotto l’a souligné : « Nous confirmons notre engagement à soutenir le capital humain exceptionnel de cette région. » Un discours qui résonne dans une Italie fière de son artisanat.
Sur le plan culturel, Kering perpétue une tradition. L’Italie, avec ses ateliers familiaux et ses techniques ancestrales, reste au cœur de la production de luxe. En s’ancrant davantage dans ce pays, Kering ne fait pas que produire des lunettes : il raconte une histoire.
Vers une Verticalisation du Luxe ?
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large : la verticalisation. En contrôlant ses fournisseurs, Kering réduit sa dépendance aux sous-traitants et gagne en agilité. Une stratégie qui rappelle celle d’autres industries, comme l’automobile ou la tech, où les géants intègrent leurs chaînes de production pour optimiser coûts et qualité. Dans le luxe, où l’image est tout, cette maîtrise est un atout majeur.
Mais ce n’est pas sans risques. Investir dans des usines demande des capitaux et une expertise industrielle que Kering, historiquement centré sur le design et le marketing, doit désormais développer. Le pari est audacieux, mais il pourrait redéfinir les standards du secteur.
Que Nous Réserve l’Avenir ?
Avec cette double acquisition, Kering pose les bases d’une nouvelle ère. Si Visard est déjà dans le giron du groupe, Mistral pourrait suivre d’ici 2030, renforçant encore cette emprise italienne. Mais au-delà de ces deux entreprises, c’est une philosophie qui émerge : celle d’un luxe intégré, où chaque maillon de la chaîne est soigneusement contrôlé.
Et si ce n’était que le début ? Les rumeurs évoquent d’autres acquisitions potentielles, toujours en Italie. Kering pourrait-il devenir le maître incontesté de la lunetterie de luxe ? Une chose est sûre : le groupe de François-Henri Pinault ne manque pas d’ambition.
Les Enjeux pour les Concurrents
Face à cette offensive, les concurrents ne restent pas les bras croisés. EssilorLuxottica, avec son gigantisme, continue d’innover dans la *medtech* et la production de masse. Mais Kering mise sur une approche différente : la niche du luxe absolu. Cette rivalité promet une bataille fascinante dans les années à venir, où chaque acteur cherchera à imposer sa vision.
Pour les petites entreprises du secteur, l’arrivée d’un géant comme Kering pourrait aussi changer la donne. Certaines pourraient être tentées de rejoindre le mouvement, tandis que d’autres lutteront pour préserver leur indépendance. Un jeu d’équilibre s’annonce.
Un Modèle Inspirant pour les Start-ups
Si Kering Eyewear est aujourd’hui une success-story, elle a débuté comme une start-up audacieuse en 2014. Cette trajectoire inspire. Pour les jeunes entreprises, elle montre qu’avec une vision claire et des partenariats stratégiques, il est possible de s’imposer face aux géants. Visard et Mistral, autrefois indépendantes, incarnent elles aussi cet esprit entrepreneurial.
Voici quelques leçons à tirer de cette aventure :
- Investir dans des partenariats de long terme peut transformer une entreprise.
- La maîtrise de la production est un levier de croissance puissant.
- Le luxe n’est pas qu’une question de marque, mais aussi de savoir-faire.
Ces principes, appliqués par Kering, pourraient guider les start-ups de demain, qu’elles évoluent dans le luxe ou ailleurs.
Conclusion : Une Vision à Long Terme
L’acquisition de Visard et la prise de participation dans Mistral ne sont pas de simples coups financiers. Elles traduisent une ambition : faire de Kering Eyewear un leader incontesté, tout en valorisant l’artisanat italien. Ce pari, s’il réussit, pourrait non seulement transformer le groupe, mais aussi redessiner les contours de l’industrie du luxe. Alors, la prochaine fois que vous porterez une paire de lunettes Gucci, pensez à cette histoire – celle d’un géant qui voit loin.