Fusion Nucléaire sur un Bateau : Le Pari Fou d’une Startup

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novembre 29, 2025

Fusion Nucléaire sur un Bateau : Le Pari Fou d’une Startup

Et si le premier vrai réacteur à fusion commerciale ne se trouvait pas dans le désert du Nevada ou dans la campagne anglaise, mais au milieu de l’océan Pacifique, à bord d’un cargo ?

Cette idée, qui frôlait autrefois la science-fiction la plus débridée, vient de prendre corps grâce à une jeune startup baptisée Maritime Fusion. Fondée par Justin Cohen, elle vient de boucler un tour de seed de 4,5 millions de dollars et annonce vouloir mettre en service son premier tokamak flottant de 30 MW dès 2032. Rien que ça.

Pourquoi mettre un réacteur à fusion sur un bateau ?

À première vue, l’idée semble complètement folle. Pourtant, quand on gratte un peu, elle devient presque évidente.

Les navires marchands représentent aujourd’hui environ 3 % des émissions mondiales de CO₂ – autant que l’ensemble de l’Allemagne. L’Organisation Maritime Internationale a fixé l’objectif du « zéro net » pour 2050. Les solutions actuelles ? Hydrogène, ammoniac, méthanol « vert »… toutes restent extrêmement chères et nécessitent des infrastructures colossales à terre.

« Concurrencer le solaire et l’éolien sur le réseau terrestre est quasi-impossible au début. En mer, les carburants alternatifs sont si coûteux que la fusion de première génération devient compétitive dès le premier réacteur. »

– Justin Cohen, CEO et cofondateur de Maritime Fusion

En clair : sur terre, la fusion devra affronter des énergies renouvelables déjà à moins de 30 $/MWh. En mer, l’ammoniac vert tourne encore autour de 600-800 $/tonne équivalent pétrole. Le calcul change radicalement.

Un précédent historique qui rassure

L’idée d’un réacteur nucléaire embarqué n’est pas neuve. Les porte-avions et sous-marins américains fonctionnent à la fission depuis les années 1950. Le NS Savannah, cargo civil nucléaire, a même navigué entre 1962 et 1972. Le vrai changement ? La fusion ne produit ni déchets radioactifs à longue vie, ni risque de meltdown, ni matière fissile pouvant être détournée.

Autrement dit : tous les avantages de la propulsion nucléaire… sans les inconvénients qui ont tué le rêve dans l’œuf il y a cinquante ans.

Le pari technologique : un tokamak compact de 8 mètres

Le cœur du projet s’appelle Yinsen – clin d’œil assumé à Ho Yinsen, le mentor d’Iron Man qui construit son premier réacteur dans une grotte. Le tokamak fera environ 8 mètres de diamètre et délivrera 30 MW électriques, assez pour propulser un porte-conteneurs de taille moyenne ou alimenter une petite ville côtière.

Pour y parvenir, Maritime Fusion mise sur trois avancées récentes :

  • Les supraconducteurs haute température (HTS) qui permettent des champs magnétiques trois à quatre fois plus puissants que les anciens supraconducteurs basse température ;
  • L’intelligence artificielle pour optimiser en temps réel la stabilité du plasma ;
  • Une conception modulaire où les systèmes les plus complexes (traitement du tritium, enrichment du deutérium) restent à terre.

La startup fabrique déjà ses propres câbles supraconducteurs à partir de rubans achetés au Japon et les revend à d’autres acteurs de la fusion pour générer du chiffre d’affaires en attendant 2032.

Comparaison avec les leaders terrestres

Commonwealth Fusion Systems (CFS), souvent présenté comme le favori de la course, construit SPARC (5 mètres de diamètre) pour prouver le gain net d’énergie dès 2026, puis ARC dans les années 2030. Budget cumulé : près de 3 milliards de dollars.

Maritime Fusion adopte une stratégie radicalement différente :

  • Pas de machine « breakeven » intermédiaire qui ne produit pas d’électricité vendable
  • Premier tokamak = premier tokamak commercial, directement pour un client maritime
  • Coût estimé du projet Yinsen : 1,1 milliard de dollars (trois fois moins que ARC)

Justin Cohen assume : « Nous profitons du travail de pionnier des autres. Nous n’avons pas besoin de démontrer la physique, juste l’ingénierie marine. »

Les (très) nombreux défis restant

Parce qu’il serait malhonnête de ne pas le dire : le chemin est semé d’embûches.

Stabilité en mer houleuse, gestion de la chaleur rejetée dans l’océan (l’eau de mer à disposition, au moins !), certification par les autorités maritimes (Bureau Veritas, Lloyd’s, IMO), assurance d’un réacteur à 400 millions de degrés à bord… Chaque point représente un Himalaya réglementaire et technique.

Et pourtant, la liste des investisseurs laisse rêveur : Trucks VC en lead, Aera VC, Alumni Ventures, Paul Graham himself, et toute la famille Y Combinator (batch hiver 2025).

Et demain ?

Si Maritime Fusion réussit, l’impact pourrait dépasser largement le secteur maritime.

Un réacteur compact, validé en conditions réelles extrêmes, capable de fonctionner des décennies sans ravitaillement, ouvre la voie à :

  • Stations flottantes d’énergie pour îles ou zones sinistrées
  • Usines de production d’hydrogène ou d’ammoniac en plein océan
  • Data centers flottants alimentés à la fusion (Microsoft et Google y pensent déjà)
  • Bases arctiques ou antarctiques autonomes

En résumé, Maritime Fusion ne construit pas seulement un bateau. Elle pose les fondations d’une nouvelle ère où l’énergie abondante et propre n’est plus liée à un territoire.

2032 est encore loin. Mais pour la première fois, l’horizon d’une fusion commerciale utile, rentable et déployée là où on en a le plus besoin – en mer semble tangible.

Et vous, pensez-vous qu’on verra un jour des cargos à fusion sillonner les océans ? Ou est-ce encore un rêve de geek ? Dites-le nous en commentaire.

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