Un Virus Espagnol Attire Google à Málaga

Accueil - Technologies et Avenirs - Start-ups - Un Virus Espagnol Attire Google à Málaga
Un Virus Espagnol Attire Google à Málaga   Innovationsfr
janvier 18, 2026

Un Virus Espagnol Attire Google à Málaga

Imaginez un jeune étudiant en informatique en 1992, dans une université espagnole, face à un petit programme malveillant qui se propage silencieusement sur les disquettes de ses camarades. Ce qui commence comme une simple nuisance va bouleverser sa vie entière… et, des décennies plus tard, attirer l’un des géants mondiaux de la tech dans une ville du sud de l’Espagne. Cette histoire incroyable n’est pas une fiction : elle s’est réellement déroulée à Málaga.

Quand un virus devient le déclencheur d’une grande aventure technologique

En cette rentrée universitaire de 1992, Bernardo Quintero, alors âgé de 18 ans, découvre sur les ordinateurs de l’école polytechnique de Málaga un virus surnommé depuis Virus Málaga. Ce programme de seulement 2610 octets est relativement bénin : il ne détruit pas de données, mais il se répand et affiche parfois un message caché. Pourtant, ce petit code va allumer une flamme qui ne s’éteindra jamais.

Son professeur, voyant l’opportunité pédagogique, lance un défi aux étudiants : concevoir un antivirus capable de neutraliser ce programme. Pour Bernardo, ce challenge va bien au-delà d’un simple exercice. Il se passionne pour le fonctionnement des virus, pour la lutte contre les menaces numériques, pour tout cet univers invisible qui se cache derrière les écrans. Ce moment marque le véritable début de sa vocation.

VirusTotal : de l’idée à la licorne rachetée par Google

Les années passent. Bernardo Quintero ne lâche jamais le sujet de la sécurité informatique. Après plusieurs expériences professionnelles, il cofonde en 2004 VirusTotal, une plateforme révolutionnaire qui permet à n’importe qui de soumettre un fichier suspect et de le faire analyser simultanément par des dizaines de moteurs antivirus du marché. L’outil devient rapidement incontournable pour les chercheurs, les entreprises et même les forces de l’ordre du monde entier.

En 2012, Google jette son dévolu sur cette pépite espagnole et rachète VirusTotal. Mais l’histoire ne s’arrête pas à une simple acquisition financière. Google décide d’installer à Málaga son principal centre européen dédié à l’ingénierie de la sécurité (Google Safety Engineering Center – GSEC). Ce choix n’est pas anodin : la ville devient soudain un aimant pour les talents en cybersécurité dans tout le sud de l’Europe.

« Ce défi en première année d’université a allumé en moi une passion profonde pour les virus informatiques et la sécurité. Sans lui, mon parcours aurait été radicalement différent. »

– Bernardo Quintero

La boucle semble bouclée. Pourtant, en 2025, Bernardo ressent le besoin de revenir aux origines. Après 33 ans, il décide de partir à la recherche de l’auteur anonyme du Virus Málaga. Pourquoi maintenant ? Parce qu’il veut dire merci. Merci à cette personne inconnue d’avoir, sans le savoir, tracé le chemin de toute une carrière… et d’une partie de l’écosystème tech espagnol actuel.

La quête émouvante de l’auteur du virus

Armé de sa curiosité et de ses compétences de toujours, Bernardo se replonge dans le code source du virus. Il y découvre des indices ténus : des fragments de signature, puis, dans une variante plus tardive, une chaîne explicite : « KIKESOYYO ». En espagnol familier, cela signifie « Kike soy yo », autrement dit « Kike, c’est moi ». Kike étant le diminutif courant d’Enrique.

Puis arrive un message privé providentiel. Un homme, aujourd’hui responsable de la transformation numérique à Cordoue, affirme avoir été témoin de la création du virus par l’un de ses camarades de l’époque. Il donne même un nom : Antonio Astorga. Mais la nouvelle qui suit est terrible : Antonio est décédé il y a plusieurs années.

Le choc est rude. Bernardo pensait pouvoir enfin rencontrer et remercier cet inconnu qui avait changé sa vie. C’est alors que la sœur d’Antonio révèle un détail déterminant : le véritable prénom de son frère était Antonio Enrique. Pour sa famille et ses proches, il était simplement Kike.

Un héritage qui se transmet entre générations

Antonio Enrique Astorga n’était pas un vandale. Son virus n’avait pas pour but de nuire, mais de diffuser un message anti-terroriste condamnant les actions d’ETA, le groupe séparatiste basque. Il voulait aussi, sans doute, prouver ses talents de programmeur. Après ses études, il est devenu professeur d’informatique dans un lycée secondaire. À sa mort, l’établissement a même baptisé sa salle informatique à son nom.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’un des fils d’Antonio, Sergio, vient tout juste d’obtenir son diplôme d’ingénieur logiciel. Il s’intéresse particulièrement à la cybersécurité et au calcul quantique. Quand Bernardo l’apprend, il ressent une forme de transmission symbolique entre générations. Le cercle se referme d’une manière qu’il n’aurait jamais imaginée.

« Pouvoir boucler cette boucle et voir de nouvelles générations construire sur ces fondations est extrêmement fort pour moi », confie-t-il dans son long post LinkedIn qui a ému des milliers de personnes dans le milieu tech hispanophone.

Málaga : d’une ville universitaire à un hub cybersécurité européen

Grâce à VirusTotal et à l’implantation du centre Google, Málaga est devenue l’une des villes les plus dynamiques d’Espagne en matière de cybersécurité. Les collaborations entre l’entreprise, l’Université de Málaga et les acteurs locaux ont permis de former des centaines de spécialistes chaque année.

La ville attire désormais des talents internationaux, des start-ups spécialisées et même des événements majeurs du secteur. Ce qui avait commencé comme un petit virus sur des disquettes des années 90 s’est transformé en écosystème technologique complet.

  • Plus de 300 experts en cybersécurité travaillent aujourd’hui pour Google à Málaga
  • L’Université de Málaga propose plusieurs masters spécialisés en sécurité numérique
  • De nombreuses start-ups locales sont nées dans l’écosystème VirusTotal-Google
  • La ville organise régulièrement des conférences internationales sur la cybersécurité

Ce succès montre à quel point un événement apparemment anodin peut avoir des répercussions sur plusieurs décennies et impacter des centaines, voire des milliers de carrières.

Une leçon d’humilité et de transmission

L’histoire de Bernardo Quintero et d’Antonio Astorga nous rappelle une chose essentielle : dans le monde de la technologie, chaque ligne de code peut changer une trajectoire. Ce qui semble insignifiant sur le moment peut devenir le point de départ d’une révolution.

Elle nous enseigne aussi l’importance de la reconnaissance et de la gratitude. Bernardo aurait pu continuer sa carrière sans jamais chercher à identifier l’auteur du virus. Il a choisi de rendre hommage, même symboliquement, à celui qui, involontairement, l’a mis sur ce chemin.

Aujourd’hui, quand on parle de Málaga comme d’un nouveau pôle européen de la cybersécurité, peu de gens connaissent l’anecdote du Virus Málaga. Pourtant, sans ce programme de 2610 octets écrit par un jeune étudiant dans les années 90, l’histoire aurait sans doute été très différente.

Parfois, les plus belles réussites technologiques commencent par les choses les plus simples… et les plus humaines.

Partager:

Ajouter Un Commentaire

Chercher

Étiquettes

abus technologie Accord OpenAI Apple accélérateur innovation santé accélérateur startup accélérateur startups Acquisition start-up actions fintech addiction réseaux sociaux adoption IA générative adoption intelligence artificielle all4pack emballages durables innovations packaging écoconception économie circulaire ambitions venture capitalists Andreessen Horowitz Twitter influence réseaux sociaux capital risque Anthropic levée fonds autonomie véhicules électriques avenir IA générative avenir intelligence artificielle Avenir semi-conducteurs barquettes inox consigne réduction déchets Berny transition écologique biotechnologie avancée Bot Manager campus cybersécurité Chine OMC Droits douane Voitures électriques Tensions commerciales Subventions distorsion concurrence commerce international commissaires vie privée confiance intelligence artificielle controverse Elon Musk crise financement startups croissance start-ups cybersécurité web3 données personnelles défis start-ups défis véhicules autonomes Energie verte expérience utilisateur Géotechnique Décarbonation industrie Empreinte carbone Transition énergétique Prototype innovant Imagino levée de fonds marketing digital données clients expansion internationale Industrie du futur Relocalisation industrielle Transition écologique Startups deeptech Souveraineté technologique innovation industrielle mobilité urbaine protection bots Radware Bot transformation numérique Écosystème startup Innovation technologique Résilience entrepreneuriale Défis startups Croissance startup Canada énergies renouvelables

Beauty and lifestyle influencer

Follow my journey on all Social Media channels

Alienum phaedrum torquatos nec eu, vis detraxit periculis ex, nihilmei. Mei an pericula euripidis, hinc partem ei est.
facebook
5M+
Facebook followers
Follow Me
youtube
4.6M+
Youtube Subscribers
Subscribe Me
tiktok
7M+
Tiktok Followers
Follow Me
instagram
3.4M+
Instagram Followers
Follow Me