Max Hodak Révolutionne le Cerveau Après Neuralink

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Max Hodak Révolutionne le Cerveau Après Neuralink   Innovationsfr
janvier 18, 2026

Max Hodak Révolutionne le Cerveau Après Neuralink

Imaginez un monde où la cécité liée à la dégénérescence maculaire n’est plus une condamnation définitive. Où des personnes recouvrent la capacité de lire couramment grâce à une minuscule puce implantée dans la rétine. Et si cette même technologie ouvrait la voie à des modifications bien plus profondes du cerveau humain ? C’est précisément le pari fou que fait aujourd’hui Max Hodak, l’ancien président de Neuralink.

De Neuralink à Science Corp : une ambition démesurée

Max Hodak n’est pas un inconnu dans le petit monde des interfaces cerveau-machine. Co-fondateur de Neuralink aux côtés d’Elon Musk, il a quitté l’entreprise en 2021 pour créer sa propre structure : Science Corp. Avec déjà 260 millions de dollars levés, la startup ne se contente pas de suivre la voie tracée par son prédécesseur. Elle veut la dépasser radicalement.

Ce qui frappe immédiatement lorsqu’on écoute Hodak, c’est son calme presque déconcertant face à des objectifs qui semblent relever de la science-fiction. Il parle de restaurer la vision, puis de faire pousser de nouveaux neurones dans le cerveau, et enfin de redéfinir les frontières mêmes de la conscience individuelle. Le tout avec des échéances concrètes : un premier produit commercial dès l’été 2026 en Europe.

Prima : redonner la vue aux malvoyants

Le premier jalon commercial s’appelle Prima. Il s’agit d’un implant rétinien de la taille d’un grain de riz, associé à des lunettes équipées d’une caméra. Contrairement aux approches qui amplifient la vision résiduelle, Prima court-circuite les photorécepteurs abîmés pour stimuler directement les cellules bipolaires de la rétine grâce à 400 micro-électrodes.

Les résultats cliniques sont impressionnants : sur 38 patients atteints de dégénérescence maculaire avancée, 80 % ont retrouvé la capacité de lire, même si c’est lettre par lettre au début. Pour la première fois, des patients aveugles ont pu déchiffrer du texte de manière fluide grâce à un implant. Un exploit salué par Time Magazine qui a consacré sa couverture au dispositif il y a quelques semaines.

« À ma connaissance, c’est la première fois que la restauration de la lecture fluide a été démontrée de manière définitive chez des patients aveugles. »

– Max Hodak, CEO de Science Corp

Science Corp a racheté la technologie à la société française Pixium Vision, optimisé le produit et terminé les essais cliniques. Une demande d’autorisation est déjà déposée en Europe, avec un lancement prévu pour l’été prochain. Aux États-Unis, les discussions avec la FDA sont en cours, même si le calendrier reste plus incertain.

Passer des électrodes à la lumière : l’optogénétique

Mais Prima n’est qu’une étape intermédiaire. La vraie révolution que prépare Science Corp repose sur l’optogénétique. Le principe ? Introduire des gènes qui rendent certaines cellules nerveuses sensibles à la lumière. Une fois modifiées, ces cellules répondent directement à des impulsions lumineuses précises, sans qu’aucune électrode ne vienne les toucher.

L’œil est un terrain idéal pour ce type d’intervention. Il bénéficie d’un privilège immunitaire relatif : les défenses de l’organisme y sont moins agressives, ce qui limite les risques de rejet. Hodak affirme que les protéines développées par son équipe sont parmi les plus rapides et les plus sensibles jamais créées, surpassant celles des concurrents qui cibleraient les mauvaises couches cellulaires.

Cette approche pourrait un jour rendre obsolètes les implants à électrodes, responsables de lésions tissulaires et limités en nombre de canaux. L’objectif est clair : passer de centaines à des millions, voire des milliards de points de connexion, sans abîmer le tissu cérébral.

Faire pousser de nouveaux neurones dans le cerveau

Le projet le plus audacieux est sans doute le plus surprenant : un dispositif en forme de petite grille gaufrée, posé à la surface du cortex. Chaque alvéole contient des neurones cultivés in vitro à partir de cellules souches, génétiquement modifiés pour remplir des fonctions précises.

Une fois implantée, cette « gaufre » laisse les neurones artificiels étendre leurs axones et dendrites dans le tissu cérébral existant, créant des connexions biologiques authentiques. Les premiers tests sur souris sont encourageants : cinq animaux sur neuf ont appris à diriger leur mouvement à gauche ou à droite en fonction de l’activation du dispositif.

Pour limiter les risques, les neurones modifiés contiennent une « valve de sécurité » : une molécule administrable par voie orale (similaire à une vitamine approuvée par la FDA) qui provoque leur mort programmée en cas de problème.

Vers la fusion des consciences ?

Mais l’ambition ultime de Max Hodak dépasse largement la médecine curative. Il voit dans les interfaces cerveau-machine la clé pour percer le mystère de la conscience et tester les théories physiques qui la sous-tendent. Selon lui, l’intelligence est indépendante du substrat (cerveau ou silicium), mais la conscience subjective reste un phénomène mal compris.

Il évoque la possibilité de connecter plusieurs cerveaux pour former une entité consciente unique, de redessiner les frontières entre individu et machine, voire entre plusieurs individus. Des scénarios qui rappellent inévitablement les récits dystopiques de science-fiction, mais qu’il décrit avec un mélange de prudence et d’excitation.

« On pourrait vraiment, au sens le plus fondamental, redessiner la frontière autour d’un cerveau, éventuellement pour inclure quatre hémisphères, un dispositif, ou tout un groupe de personnes. »

– Max Hodak

Il imagine un futur où la mort ne serait plus inéluctable : face à un cancer en phase terminale, un patient pourrait choisir de transférer sa conscience dans un substrat artificiel. Une perspective qui, selon Hodak, pourrait se concrétiser dès 2035 pour les premiers cas extrêmes.

Les défis éthiques et économiques

Ces avancées soulèvent évidemment des questions majeures. Qui aura accès à ces technologies ? Si les coûts initiaux sont élevés (200 000 $ pour une procédure Prima), comment éviter que seules les élites puissent bénéficier d’améliorations cognitives radicales ?

Hodak pointe un conflit structurel : alors que les produits technologiques grand public suivent une courbe de déflation (plus performants et moins chers), la santé fonctionne sur un budget fixe. Si les interfaces cerveau-machine prolongent massivement la vie et améliorent les capacités, le système actuel risque l’implosion.

Il évoque aussi les risques de piratage, mais relativise : selon lui, la manipulation via les réseaux sociaux représente aujourd’hui une menace bien plus immédiate que le hacking direct d’un implant cérébral.

Un futur à la fois fascinant et inquiétant

Science Corp incarne parfaitement la dualité de la Silicon Valley actuelle : des ambitions cosmiques portées par des entrepreneurs capables de lever des centaines de millions, convaincus que la biologie humaine n’est qu’une étape transitoire.

Entre restauration de fonctions perdues, augmentation cognitive et possible redéfinition de ce qu’est un « soi » conscient, Max Hodak trace une trajectoire qui pourrait transformer notre espèce plus profondément que n’importe quelle invention du XXᵉ siècle.

Reste à savoir si l’humanité est prête à franchir ce pas. Et surtout, à qui appartiendra le privilège d’y accéder en premier.

Une chose est sûre : avec des jalons aussi concrets que Prima dès 2026 et des prototypes déjà testés sur animaux, le futur neurotechnologique ne se trouve plus dans un horizon lointain. Il frappe déjà à notre porte.

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