Waabi Lève 750 M$ USD : Record Canadien
Imaginez un futur où les camions traversent des milliers de kilomètres sans aucun humain au volant, et où votre course Uber arrive conduite par une intelligence artificielle de pointe. Ce futur semble soudain beaucoup plus proche. Le 28 janvier 2026, une startup canadienne a fait trembler le paysage technologique mondial en annonçant une levée de fonds qui entre directement dans les livres d’histoire du pays.
Un record historique pour la tech canadienne
Waabi, entreprise torontoise spécialisée dans l’autonomie des véhicules, vient de boucler une Série C de 750 millions de dollars américains. Cela représente environ 1,02 milliard de dollars canadiens. Selon plusieurs observateurs, il s’agit tout simplement de la plus importante levée de fonds jamais réalisée par une entreprise technologique basée au Canada.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Uber, partenaire de longue date, s’est engagé à injecter jusqu’à 250 millions USD supplémentaires si certains jalons techniques sont atteints. De quoi potentiellement porter le total annoncé à 1 milliard de dollars américains, soit près de 1,35 milliard CAD. Un chiffre qui donne le vertige.
Qui se cache derrière cette performance ?
Au cœur de cette réussite se trouve Raquel Urtasun, figure incontournable de l’intelligence artificielle au Canada. Ancienne professeure à l’Université de Toronto et co-fondatrice du Vector Institute, elle a dirigé l’équipe d’autonomie chez Uber avant de créer Waabi en 2021. Son parcours impressionnant lui permet aujourd’hui de réunir autour de sa vision certains des investisseurs les plus prestigieux au monde.
Parmi les participants à ce tour de table, on retrouve des noms très lourds : Khosla Ventures et G2 Venture Partners en co-lead, Nvidia, Porsche, Volvo, Radical Ventures, HarbourVest, BlackRock, l’Abu Dhabi Investment Authority, sans oublier BDC Capital, EDC et Telus Global Ventures côté canadien. Une coalition impressionnante qui témoigne de la crédibilité mondiale acquise par Waabi.
« Ceci est la plus grosse levée de fonds de l’histoire canadienne et cela valide Waabi comme leader mondial en physical AI et conduite autonome. »
– Raquel Urtasun, fondatrice et CEO de Waabi
De l’autonomie des camions aux robotaxis
Pendant plusieurs années, Waabi a concentré ses efforts sur le segment très prometteur des camions autonomes. L’entreprise développe une plateforme d’IA unique appelée Waabi Driver, capable de piloter différents types de véhicules grâce à une approche reposant fortement sur la simulation et l’IA générative.
Cette stratégie diffère des approches traditionnelles qui nécessitent des millions de kilomètres parcourus sur route réelle. Waabi mise sur Waabi World, son simulateur ultra-réaliste, pour entraîner et valider son intelligence artificielle dans des conditions variées et extrêmes, réduisant ainsi coûts et risques.
Maintenant, la startup élargit son ambition. Elle annonce un partenariat stratégique exclusif avec Uber pour déployer des robotaxis propulsés par Waabi Driver sur la plateforme de mobilité du géant américain. L’objectif affiché est ambitieux : faire circuler jusqu’à 25 000 véhicules autonomes sur le réseau Uber dans les années à venir.
Pourquoi ce virage vers les robotaxis ?
Raquel Urtasun l’explique simplement : la technologie est suffisamment mature pour gérer à la fois les autoroutes et les rues de ville. Puisque Waabi utilise un modèle d’IA unique pour différents types de véhicules, chaque avancée réalisée sur le segment robotaxi bénéficie immédiatement aux camions autonomes, et inversement.
Cette synergie technologique constitue l’un des grands atouts de Waabi face à une concurrence de plus en plus féroce : Waymo, Cruise (avant ses difficultés), Zoox, Tesla, et bien d’autres acteurs investissent massivement dans la course à l’autonomie de niveau 4 et 5.
- Simulation massive via Waabi World
- Modèle d’IA unifié pour camions et voitures
- Partenariat stratégique exclusif avec Uber
- Approche générative et end-to-end
- Focus sur la scalabilité et la sécurité
Un contexte canadien favorable… mais perfectible
Cette levée record arrive à un moment où le Canada cherche à affirmer sa place dans la révolution de l’intelligence artificielle physique. Raquel Urtasun elle-même n’a pas hésité, lors d’événements publics, à appeler les pouvoirs publics à « se réveiller » face à l’ampleur des transformations en cours.
Le soutien d’investisseurs institutionnels canadiens (BDC, EDC, Telus, Radical Ventures…) montre que l’écosystème commence à comprendre l’enjeu stratégique. Reste à transformer cet élan financier en un cadre réglementaire clair, des infrastructures adaptées et une filière industrielle autonome.
Quelles prochaines étapes pour Waabi ?
L’entreprise prévoit d’accélérer le développement de sa plateforme, de finaliser la validation des camions autonomes nouvelle génération en partenariat avec Volvo, et de préparer les premiers déploiements commerciaux de robotaxis avec Uber. Sans donner de calendrier précis, Raquel Urtasun assure que « l’autonomie arrive maintenant ».
Les prochains mois seront décisifs : obtention des autorisations réglementaires, réalisation des jalons techniques pour débloquer les 250 M$ d’Uber, et surtout, premiers déploiements sans chauffeur sur routes ouvertes. Chaque kilomètre parcouru sans incident renforcera la crédibilité de Waabi et pourrait ouvrir la voie à d’autres financements ou partenariats majeurs.
Un signal fort pour tout l’écosystème canadien
Au-delà des chiffres impressionnants, cette levée envoie un message clair : le Canada peut produire des champions mondiaux dans les technologies les plus stratégiques du XXIe siècle. Waabi démontre qu’avec une vision ambitieuse, une équipe d’exception et un écosystème de soutien, il est possible de rivaliser avec les géants de la Silicon Valley.
Pour les entrepreneurs canadiens qui rêvent grand, pour les investisseurs qui cherchent les prochaines licornes, et pour tous ceux qui imaginent un monde où la mobilité sera plus sûre, plus propre et plus efficace, l’histoire de Waabi est en train de s’écrire sous nos yeux. Et elle pourrait bien redéfinir ce que signifie « innover depuis le Canada » dans les années à venir.
La route est encore longue, mais le premier pas historique est déjà posé.