Kiwi Charge Révolutionne la Recharge EV avec un Robot
Imaginez rentrer chez vous après une longue journée, garer votre voiture électrique n’importe où dans le stationnement souterrain, et le lendemain matin, découvrir que votre batterie est pleine à bloc, sans avoir bougé le petit doigt. Pas de file d’attente, pas de poteau de recharge occupé, juste un service invisible et magique. C’est exactement la promesse que lance une jeune startup torontoise avec une idée aussi audacieuse que pratique.
Quand un robot devient le valet de votre véhicule électrique
Dans un monde où l’adoption des véhicules électriques progresse rapidement, le principal frein reste souvent l’accès à la recharge, surtout dans les zones denses comme les immeubles à logements multiples ou les concessions automobiles. Installer des bornes partout représente un coût énorme et des travaux complexes. Kiwi Charge propose une solution radicalement différente : un robot mobile autonome qui apporte la recharge directement au véhicule.
Ce petit engin, surnommé par ses créateurs le « R2-D2 de la recharge électrique », navigue dans les parkings, identifie les voitures nécessitant une charge, se connecte et recharge en toute autonomie. Le propriétaire n’a qu’à laisser un câble accessible ; le reste se fait sans intervention humaine. C’est un service de type « white-glove », élégant et discret, qui transforme une contrainte quotidienne en expérience fluide.
Les débuts modestes d’une grande ambition
L’aventure commence en 2023 avec une équipe de trois fondateurs : Abdel Ali, Aamir Abubakkar et Jumana Fathima. À l’époque, pas de robot sophistiqué, mais une approche très manuelle. Ils transportaient eux-mêmes une batterie mobile géante dans les stationnements d’immeubles la nuit pour tester la demande réelle. Le résultat ? Les résidents ont commencé à envisager plus sérieusement l’achat d’un véhicule électrique une fois ce problème de recharge résolu.
« Du point de vue du client, peu importe si c’est un humain ou un robot qui recharge la voiture la nuit. Ce qui compte, c’est la commodité et le prix abordable », explique Abdel Ali, PDG de la startup. Cette validation terrain a poussé l’équipe à passer à la vitesse supérieure : développer un vrai robot autonome capable de gérer des flottes entières.
« C’est comme de la magie : vous garez votre voiture, vous montez chez vous, et le lendemain elle est chargée. »
– Abdel Ali, cofondateur et PDG de Kiwi Charge
Cette citation résume parfaitement l’expérience utilisateur visée. En résolvant le casse-tête de la recharge à domicile pour les copropriétaires, Kiwi Charge pourrait bien accélérer la transition vers l’électromobilité dans les villes.
Un pilote ambitieux à 1,7 million de dollars
Le projet prend une dimension industrielle avec un pilote d’envergure annoncé récemment. Kiwi Charge s’associe à General Motors Canada et à Pfaff Automotive, propriétaire de 15 concessions au pays. Le test se déroule chez un concessionnaire Porsche à Vaughan, en Ontario. Le robot y recharge des véhicules jour et nuit, sans besoin de personnel pour déplacer les voitures vers une borne fixe.
Ce partenariat est soutenu financièrement par un investissement total de 1,7 million de dollars : une subvention de 500 000 $ du réseau Ontario Vehicle Innovation Network (OVIN), 250 000 $ en contributions en nature de Pfaff et GM, et le reste provenant de Kiwi elle-même. Ce coup de pouce permet de prototyper rapidement et de valider la technologie en conditions réelles.
Le robot met environ 30 minutes à se recharger lui-même et autant pour alimenter un véhicule. Il opère en dehors des heures de pointe pour éviter toute gêne. Cette approche mobile maximise l’utilisation de la puissance disponible et réduit drastiquement les coûts d’infrastructure par rapport à des bornes fixes traditionnelles.
Pourquoi cette innovation répond à un vrai besoin
Dans les immeubles résidentiels denses, le ratio de places de recharge par véhicule est souvent très faible. Installer des bornes pour chaque emplacement est prohibitif. Avec un seul point de recharge centralisé, le robot gère la rotation automatiquement grâce à l’intelligence artificielle qui suit l’état de charge de chaque véhicule et planifie ses interventions.
Pour les concessionnaires, l’avantage est clair : plus besoin de déplacer manuellement les voitures vers une zone de recharge dédiée. Le robot travaille 24/7, augmentant la disponibilité des véhicules électriques pour les essais et les livraisons. Cette flexibilité pourrait encourager les ventes d’EV en levant une barrière importante.
- Réduction estimée des coûts d’infrastructure jusqu’à 60 % par rapport aux solutions fixes.
- Utilisation optimisée des bornes : jusqu’à 60 % de taux d’occupation contre 20 % en moyenne.
- Élimination de l’anxiété liée à l’autonomie grâce à une recharge proactive.
- Adaptabilité aux parkings existants sans travaux majeurs.
Ces bénéfices concrets positionnent Kiwi Charge comme un acteur clé dans la résolution des défis d’infrastructure pour l’électrification massive.
Une visibilité exceptionnelle au Salon de l’auto
Pour marquer cette étape, Kiwi Charge présente son robot lors du Canadian International AutoShow. Il sera exposé aux côtés de Project Arrow, le véhicule électrique 100 % canadien développé par l’Association des fabricants de pièces automobiles (APMA). Ce projet symbolise la capacité du pays à innover dans le domaine automobile vert.
« L’équipe de l’APMA a cru en nous malgré le prototype encore un peu bricolé. Cette visibilité est incroyable pour une petite startup », confie Abdel Ali. Être associé à un symbole national de l’innovation automobile offre une caisse de résonance médiatique puissante.
Perspectives et prochaines étapes pour la startup
Kiwi Charge prépare une ronde de financement seed d’un million de dollars, avec un investisseur américain majeur déjà engagé. La clôture est prévue pour mars. Ces fonds permettront d’affiner le produit, d’élargir les pilotes et de recruter dans l’écosystème AI ontarien.
À long terme, la startup vise les immeubles résidentiels à grande échelle et les flottes commerciales. En rendant la recharge aussi simple que le stationnement, elle pourrait contribuer à lever l’un des obstacles majeurs à l’adoption massive des véhicules électriques en milieu urbain.
Cette approche robotique et IA ouvre la voie à une recharge « as a service », personnalisée et sans friction. Les abonnés pourraient définir un seuil minimum de batterie ; le robot s’occupe du reste automatiquement. Fini le stress de la jauge qui baisse.
Un pas vers des villes plus intelligentes et durables
En combinant robotique, intelligence artificielle et électrification, Kiwi Charge illustre parfaitement comment les technologies émergentes peuvent résoudre des problèmes concrets de transition énergétique. Au lieu d’investir massivement dans des infrastructures rigides, on mise sur la mobilité et l’intelligence pour optimiser les ressources existantes.
Le Canada, avec ses programmes comme OVIN et son écosystème de startups en mobilité, se positionne comme un terrain fertile pour ce type d’innovation. Le soutien de grands acteurs comme General Motors montre que même les géants traditionnels reconnaissent le potentiel disruptif de ces solutions.
Alors que le marché des véhicules électriques continue de croître, des initiatives comme celle de Kiwi Charge pourraient bien accélérer le passage à une mobilité décarbonée, plus inclusive et accessible à tous, même sans borne dédiée sous chaque fenêtre.
Le futur de la recharge n’est peut-être plus dans les poteaux fixes, mais dans ces petits robots autonomes qui, discrètement, rendent l’électrique vraiment pratique au quotidien.