Défense Canadienne : Le Modèle Cold War pour l’Innovation

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février 18, 2026

Défense Canadienne : Le Modèle Cold War pour l’Innovation

Imaginez un instant : vous ouvrez votre ordinateur portable ce matin, et vous réalisez que la puce qui fait tourner votre machine trouve ses origines dans un programme spatial financé par le Pentagone il y a plus de soixante ans. Cette anecdote, loin d’être anecdotique, illustre une réalité puissante : les investissements militaires massifs peuvent transformer durablement l’économie civile d’un pays entier.

Aujourd’hui, le Canada se trouve à un tournant historique. Avec l’annonce récente d’une stratégie industrielle de défense dotée de plusieurs milliards et l’engagement progressif vers 5 % du PIB consacré à la défense d’ici 2035, une question essentielle se pose : comment dépenser cet argent pour qu’il ne serve pas uniquement à acheter des équipements militaires, mais devienne un véritable levier d’innovation souveraine pour toute la société ?

Reprendre le playbook américain de la Guerre froide

Durant les décennies 1950-1970, les États-Unis ont injecté des sommes colossales dans des programmes militaires et spatiaux très ambitieux. L’objectif premier était stratégique : devancer l’URSS. Mais les retombées civiles ont été phénoménales et souvent inattendues.

Les semi-conducteurs, par exemple, étaient presque exclusivement achetés par le gouvernement américain pour le programme Apollo et les systèmes de guidage militaires. Cette manne financière a permis à des entreprises naissantes comme Fairchild Semiconductor de survivre aux phases les plus risquées de leur développement, puis d’innover à une vitesse fulgurante. Quelques années plus tard, une partie de l’équipe fondatrice quitte pour créer Intel. Le reste appartient à l’histoire : la Silicon Valley naît en grande partie de ces investissements publics initiaux.

« Les États-Unis n’ont pas seulement gagné la course à la Lune et la Guerre froide. Ils ont semé les graines d’une domination technologique qui dure encore aujourd’hui. »

– Observation inspirée des analyses historiques sur le rôle du Département de la Défense américain

Le Canada dispose aujourd’hui d’une occasion similaire. Mais pour la saisir, il faudra éviter l’écueil classique : concentrer l’argent sur des contrats traditionnels d’armement sans vision long terme pour l’économie civile.

Qu’est-ce qu’une technologie vraiment fondamentale en 2026 ?

À l’ère de l’intelligence artificielle généralisée et de la transition énergétique, les technologies qui structurent notre quotidien ne sont plus seulement les armes ou les avions de chasse. Elles sont devenues :

  • les grands modèles de langage et les infrastructures d’IA souveraines
  • les chaînes d’approvisionnement critiques pour les batteries et les aimants permanents
  • les procédés de raffinage et de transformation des matières premières stratégiques
  • les systèmes de cybersécurité avancés et résilients

Ces briques ne sont pas « dual-use » au sens classique (militaire ET civil). Elles sont fondamentales : tout le monde, y compris l’armée, les administrations et les citoyens, en dépend au quotidien. Les contrôler ou en dépendre d’un pays tiers revient à céder une partie de sa souveraineté.

Chemshift Technologies : raffiner le lithium ici plutôt qu’en Chine

Le Canada est l’un des plus grands producteurs mondiaux de lithium brut. Pourtant, plus de 60 % de cette ressource stratégique quitte le pays pour être raffinée… en Chine. Cette dépendance pose un problème majeur de sécurité d’approvisionnement, surtout dans un contexte géopolitique tendu.

Chemshift Technologies, une jeune pousse basée à Calgary, a développé un procédé innovant qui permet de réaliser ce raffinage critique directement sur le sol canadien. Le lithium purifié peut ensuite alimenter des batteries pour véhicules électriques, pour des drones militaires, pour des systèmes de stockage stationnaire ou encore pour l’électronique portable des soldats.

En soutenant financièrement et en passant des commandes publiques précoces à Chemshift, Ottawa pourrait sécuriser une chaîne d’approvisionnement stratégique tout en stimulant un écosystème industriel local qui profitera à l’ensemble de l’économie.

Cohere et la course à l’IA souveraine

Parmi les acteurs canadiens les plus prometteurs en intelligence artificielle, Cohere fait figure de licorne nationale. Pourtant, avec une majorité de revenus réalisés à l’étranger et une ouverture probable vers une introduction en bourse, le risque est grand de voir l’entreprise s’éloigner progressivement du contrôle canadien.

Prendre une participation significative au capital via un fonds stratégique ou un programme dédié permettrait au gouvernement de conserver une influence réelle. Un grand modèle de langage canadien, hébergé et contrôlé localement, deviendrait un actif stratégique comparable à une réserve pétrolière souveraine il y a cinquante ans.

« Posséder son propre stack technologique n’est plus un luxe. C’est une condition de la souveraineté au XXIe siècle. »

– Liam Gill, MaRS Discovery District

Comment structurer concrètement cette approche ?

Pour que cette vision devienne réalité, plusieurs leviers doivent être activés simultanément :

  • Créer un fonds d’investissement stratégique dédié aux technologies duales/fondamentales doté de plusieurs milliards
  • Mettre en place des contrats d’achat anticipé (off-take agreements) pour les matières critiques raffinées localement
  • Exiger des clauses de localisation des données et des infrastructures pour les projets d’IA financés publiquement
  • Associer les grands donneurs d’ordre militaires (Ministère de la Défense) aux programmes d’innovation civile dès la phase de conception
  • Instaurer des critères ESG et de souveraineté dans les appels d’offres de défense

Ces mécanismes existent déjà ailleurs. Israël, Singapour et même la France les utilisent avec succès depuis plusieurs années.

Les risques si l’on rate cette fenêtre

Si le Canada continue de privilégier l’achat « off-the-shelf » auprès de fournisseurs étrangers, il passera à côté d’une opportunité générationnelle. Nous resterons consommateurs de technologies plutôt que créateurs. Pire : nous deviendrons dépendants de stacks technologiques sur lesquels nous n’avons aucun levier en cas de crise géopolitique.

À l’inverse, une stratégie inspirée de la Guerre froide, mais adaptée à 2026, pourrait créer :

  • des milliers d’emplois hautement qualifiés
  • de nouvelles filières industrielles exportatrices
  • une résilience accrue face aux chocs externes
  • un écosystème startup plus dense et plus autonome

Le choix est clair. Les 5 % du PIB promis d’ici 2035 ne sont pas qu’un objectif militaire. C’est potentiellement le plus puissant outil de politique industrielle que le pays aura eu depuis des décennies. À nous de décider s’il servira à acheter du matériel… ou à bâtir un avenir technologique souverain.

Le temps presse. La fenêtre historique est ouverte, mais elle ne restera pas ouverte indéfiniment.

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