YouTubers Diversifient Leurs Revenus
Imaginez un instant : vous cliquez sur une vidéo de votre créateur préféré, mais derrière l’écran, ses véritables revenus ne viennent presque plus de YouTube. Les pubs ? Trop aléatoires. Les sponsors ? Trop dépendants des algorithmes. En 2026, les plus malins ont compris qu’attendre la prochaine monétisation risquait de les faire disparaître du jour au lendemain. Ils construisent maintenant de véritables empires parallèles.
Ce basculement est fascinant. Ce qui a commencé comme une simple chaîne devient une marque multimillionnaire, parfois plus rentable que le contenu lui-même. Les YouTubers les plus visionnaires ne se contentent plus d’être des influenceurs : ils deviennent des entrepreneurs à part entière.
Quand la monétisation YouTube ne suffit plus
Longtemps, la recette semblait simple : poster régulièrement, accumuler des vues, toucher les revenus publicitaires et signer quelques partenariats. Mais la réalité 2026 est bien différente. Les changements incessants de politique, la saturation publicitaire et la concurrence féroce font chuter les RPM (revenus par mille vues) pour de nombreux créateurs.
Certains voient même leurs revenus divisés par deux ou trois en quelques mois à cause d’une mise à jour ou d’un démonétisation massive. Face à cette précarité, les créateurs les plus intelligents ont pris une décision radicale : diversifier ou disparaître.
MrBeast : l’exemple le plus extrême de diversification
Jimmy Donaldson, alias MrBeast, incarne cette nouvelle génération. Avec plus de 440 millions d’abonnés, il aurait pu se reposer sur ses lauriers. Pourtant, il a choisi de réinvestir massivement ses gains dans des projets qui dépassent largement YouTube.
Son chocolat Feastables est devenu une véritable machine à cash. Lancée il y a quelques années, la marque génère des centaines de millions de dollars de chiffre d’affaires annuel et dégage des profits substantiels, surpassant même les revenus de ses vidéos longues et de ses productions pour Prime Video.
Feastables est plus rentable que tout ce que je fais sur YouTube ou à la télévision.
– Jimmy Donaldson (MrBeast), 2025
Mais il ne s’arrête pas là. Lunchly (avec Logan Paul et KSI), MrBeast Burger, une gamme de jouets, une application bancaire pour les jeunes, un futur opérateur mobile virtuel… et même un projet de parc d’attractions en Arabie Saoudite. Chaque nouvelle idée semble plus ambitieuse que la précédente.
Emma Chamberlain et le succès fulgurant du café de créateur
Emma Chamberlain a commencé par des vlogs spontanés filmés avec son iPhone. Aujourd’hui, Chamberlain Coffee est distribué dans les plus grandes enseignes américaines et dispose même de son premier café physique.
La marque propose cold brew, capsules, thés et matcha. Après des difficultés passagères en 2024 liées à des problèmes d’approvisionnement, les projections tablent sur une croissance explosive : plus de 50 % de hausse du chiffre d’affaires d’ici fin 2025 et la rentabilité attendue pour 2026.
Ce qui frappe, c’est la fidélité de la communauté. Les abonnés achètent non seulement le produit, mais aussi l’histoire et les valeurs portées par Emma depuis ses débuts.
Logan Paul et Prime : le cas d’école viral… puis la douche froide
En 2022-2023, Prime Hydration (co-créée avec KSI) a réalisé l’un des lancements les plus spectaculaires de l’histoire des produits de créateurs : plus de 1,2 milliard de dollars de ventes cumulées en à peine deux ans.
Mais le succès éclair a été suivi d’un net ralentissement, surtout au Royaume-Uni où les ventes ont chuté d’environ 70 % entre 2023 et 2024. Régulations sur la caféine, procès avec des partenaires, saturation du marché… Prime illustre parfaitement les risques d’une croissance trop rapide.
Logan, lui, continue d’empiler les projets : Maverick Apparel, sa carrière en catch, et même des investissements dans la tech via le fonds de son frère Jake.
Les enfants stars devenus empires familiaux
Ryan Kaji, alias Ryan’s World, n’a que 13 ans et pourtant son nom est associé à plus de 250 millions de dollars de revenus annuels (chiffre 2020, largement dépassé depuis). Jouets, vêtements, émissions TV, applications éducatives… toute la famille s’est organisée autour de la marque.
Cette diversification précoce montre que même les plus jeunes créateurs comprennent l’importance de ne pas tout miser sur une seule plateforme.
Beauté, cuisine, gaming : les secteurs les plus porteurs
- Beauté → Michelle Phan (Ipsy + EM Cosmetics), Huda Kattan (Huda Beauty), Jeffree Star
- Cuisine → Rosanna Pansino (livres + ustensiles), Babish (Babish Cookware), Rhett & Link (MishMash Cereal)
- Gaming/Food → Jacksepticeye (Top of the Mornin’ Coffee), Philip DeFranco (Wake & Make Coffee)
Ces secteurs marchent particulièrement bien car ils capitalisent sur la passion authentique du créateur. Quand un spectateur regarde des tutoriels makeup depuis dix ans, il a naturellement confiance pour acheter le rouge à lèvres ou la palette de la même personne.
Pourquoi cette stratégie fonctionne-t-elle si bien en 2026 ?
Plusieurs facteurs expliquent ce virage massif :
- Contrôle total sur sa marque et ses marges
- Résistance aux changements d’algorithme et de politique publicitaire
- Construction d’un actif durable (contrairement aux vues qui s’évaporent)
- Possibilité d’embaucher des équipes, de scaler et de créer des emplois
- Valorisation potentielle énorme en cas de revente ou d’entrée en bourse
En clair : YouTube devient le levier d’acquisition client le moins cher du monde pour ces entrepreneurs. Une vidéo virale peut propulser une marque à plusieurs millions de dollars en quelques jours.
Les limites et les risques de cette nouvelle économie
Tout n’est pas rose. Lancer une marque physique demande des compétences très différentes : supply chain, logistique, réglementation alimentaire, SAV… Beaucoup se cassent les dents sur ces aspects.
Certains produits finissent par être perçus comme du “cash-grab” et abîment l’image du créateur. D’autres font face à des controverses (qualité, conditions de travail, greenwashing). La transparence reste donc cruciale.
Vers un avenir où le créateur est un CEO
En 2026, le profil type du YouTuber qui réussit durablement n’est plus seulement un bon caméraman ou un bon monteur. C’est un visionnaire entrepreneurial capable de transformer une audience en communauté fidèle, puis cette communauté en clients récurrents.
Leçon principale : dans un monde numérique instable, les actifs les plus solides sont ceux que l’on contrôle soi-même. Les créateurs qui l’ont compris le plus tôt sont en train de bâtir des fortunes qui dépasseront largement ce que YouTube pourra jamais leur offrir.
Et vous, pensez-vous que la prochaine licorne sortira d’une chaîne YouTube plutôt que d’une startup traditionnelle ?