Venice Startup Vise À Remplacer CyberArk Rapidement

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août 23, 2026

Venice Startup Vise À Remplacer CyberArk Rapidement

Imaginez un instant que chaque chatbot, chaque agent automatisé et chaque script qui navigue sur le web possède sa propre identité numérique, ses propres droits d’accès et ses propres secrets. Aujourd’hui, cette réalité n’est plus de la science-fiction. Elle crée un casse-tête monumental pour les équipes de sécurité : comment gérer des permissions qui explosent en volume tout en restant strictes ? C’est précisément sur ce terrain miné qu’une jeune entreprise israélo-américaine de trente-cinq personnes vient de sortir de l’ombre avec une ambition démesurée.

Une Ambition Qui Fait Trembler Les Incumbents

Rotem Lurie, trente et un ans, ancienne product manager chez Microsoft et première recrue produit d’une startup rachetée plusieurs centaines de millions de dollars, affirme pouvoir remplacer des poids lourds comme CyberArk et Okta en moins de dix-huit mois. Sa société, Venice, fondée il y a un peu plus de deux ans, vient de lever vingt-cinq millions de dollars en série A. Le tour a été mené par IVP, avec la participation d’Index Ventures, déjà présent au capital depuis le seed.

Ce qui rend le pari intéressant, c’est que Venice ne se contente pas de coller un vernis cloud sur des problèmes anciens. L’équipe a choisi de bâtir une plateforme capable de fonctionner à la fois dans les environnements purement cloud et dans les infrastructures on-premises encore très présentes chez les grands groupes. Ce choix technique, bien plus complexe à développer, lui ouvre les portes des entreprises hybrides que beaucoup de concurrents pure-play cloud peinent à convaincre.

Le Parcours Hors Norme De La Fondatrice

Fille de deux programmeurs israéliens – sa mère figurait parmi les premières femmes ingénieurs logiciels du pays – Rotem Lurie a servi quatre ans et demi comme lieutenante dans l’unité 8200, l’élite du renseignement israélien. Elle a ensuite rejoint Microsoft pour travailler sur ce qui deviendrait Defender for Identity. Plus tard, elle a intégré Axis Security comme première product manager. Lorsque Hewlett Packard Enterprise a racheté Axis pour un demi-milliard de dollars, elle a quitté le navire juste avant la clôture pour rejoindre le fonds YL Ventures, spécialisé en cybersécurité.

Ce passage en venture capital a été révélateur. « Chaque jour, je rencontrais une équipe de trois jeunes de vingt-trois ans, raconte-t-elle. La plupart construisaient leur technologie pour être rachetés. Toute la stratégie autour du problème résolu et de la pénétration de marché était complètement différente. » Elle a compris qu’il fallait viser plus large et plus profond si l’on voulait véritablement détrôner les leaders historiques.

Le problème de la plupart des pitches cybersécurité, c’est que tout le monde s’attaque à quelque chose de trop petit pour jamais devenir matériel. Quand on regarde les sorties massives – CrowdStrike, Palo Alto Networks – elles faisaient des choses audacieuses dès le départ. Rotem est pareille.

– Cack Wilhelm, partenaire chez IVP

Consolidations Des Outils Et Réduction Des Délais

Dans la plupart des grandes entreprises, les équipes d’identité et d’accès jonglent avec une dizaine d’outils différents. Venice propose de tout rassembler dans un système unique capable de gérer les accès privilégiés sur les serveurs physiques, les applications SaaS et les infrastructures cloud, pour les humains comme pour les entités non humaines. « Relier tout cela était ce qui importait le plus aux clients », insiste Lurie.

Le modèle économique reste un abonnement SaaS, mais la promesse n’est pas celle du prix bas. Venice affirme réduire le coût total de possession en éliminant une grande partie des frais de services professionnels et des projets d’implémentation interminables. Grâce à une automatisation poussée par l’intelligence artificielle, le déploiement passerait de six mois à deux ans… à une semaine et demie seulement.

La fondatrice affirme que la plateforme remplace déjà complètement des solutions legacy chez des clients Fortune 500 et Fortune 1000. Parmi eux, un géant manufacturier coté en bourse et âgé de cent soixante-dix ans, ainsi qu’un conglomérat musical mondial. Les noms restent confidentiels, mais le message est clair : les premiers résultats opérationnels sont là.

Pourquoi Les Agents IA Changent La Donne

L’émergence massive des agents intelligents constitue le vrai accélérateur. Si chaque collaborateur dispose demain de dizaines d’agents travaillant pour lui, les outils de gestion des accès privilégiés conçus pour un monde statique d’administrateurs IT deviennent rapidement obsolètes. Les attaques les plus courantes passent encore par des identifiants volés. La réponse, selon les investisseurs de Venice, réside dans des permissions juste-à-temps, strictement limitées à l’individu et au moment précis.

Le marché de la gestion des identités et des accès dépassait déjà les vingt-quatre milliards de dollars en 2025, en progression de treize pour cent. Dans un environnement aussi concurrentiel, Persona, Veza ou GitGuardian ont levé des sommes importantes récemment. Pourtant, peu d’entre eux adressent simultanément le cloud et le on-premises avec la même profondeur. C’est ce créneau que Venice tente d’occuper.

Une Équipe Mixte Dans Un Secteur Encore Très Masculin

Presque la moitié des collaborateurs de Venice sont des femmes, une proportion rare dans la cybersécurité. Lurie, qui a longtemps été « la seule femme dans la pièce », n’y voit pas une stratégie marketing. « On ne peut jamais s’imaginer faire quelque chose si l’on n’a jamais vu quelqu’un qui nous ressemble le faire. Cela attire d’autres femmes, qui se disent qu’elles peuvent en faire partie. »

Le co-fondateur Or Vaknin occupe le poste de CTO. Parmi les investisseurs individuels figurent Assaf Rappaport, co-fondateur et PDG de Wiz, et Raaz Herzberg, CMO de Wiz, ancienne collègue de stage de Lurie chez Microsoft. L’équipe de recherche et développement est basée en Israël, tandis que le go-to-market s’organise depuis l’Amérique du Nord.

Les Défis Qui Restent À Surmonter

Deux ans d’avance et quelques références Fortune 500 ne garantissent rien. Le secteur de la cybersécurité a souvent tendance à se consolider autour d’un ou deux acteurs dominants. Les concurrents disposent de poches profondes et de forces de vente déjà implantées. Venice devra prouver que sa plateforme tient la charge à l’échelle, qu’elle s’intègre sans friction et qu’elle continue d’innover plus vite que les incumbents qui, eux aussi, intègrent désormais l’IA dans leurs roadmaps.

La question centrale reste ouverte : le marché de la gestion des identités peut-il accueillir plusieurs gagnants, ou suivra-t-il le chemin d’autres catégories de sécurité où un ou deux acteurs finissent par concentrer l’essentiel de la valeur ? Pour l’instant, Rotem Lurie mise sur la profondeur technique, la rapidité de déploiement et une vision claire de l’ère des agents autonomes.

Ce Que Révélera Les Prochains Mois

Les prochains trimestres seront décisifs. Venice devra transformer ses premiers clients en références publiques, élargir son pipeline commercial et démontrer que la réduction des délais d’implémentation n’est pas un argument marketing mais une réalité mesurable. Si l’entreprise tient ses promesses, elle pourrait effectivement forcer les leaders historiques à revoir leurs feuilles de route plus vite que prévu.

Dans un univers où les non-humains multiplient les points d’accès et où chaque seconde de latence dans la gestion des permissions devient un risque, la capacité à unifier, automatiser et contextualiser les droits d’accès n’est plus un luxe. C’est une nécessité stratégique. Venice a choisi de jouer cette partition avec une équipe resserrée, un positionnement hybride et une fondatrice qui refuse de construire pour être rachetée.

Le pari est audacieux. Il reste à voir si la jeune pousse parviendra à convertir sa vision en parts de marché durables face à des géants qui, eux, n’ont aucune intention de céder facilement leur terrain. Une chose est certaine : la conversation autour de la gestion des identités vient de gagner un nouvel interlocuteur déterminé à faire bouger les lignes.

En observant de près la trajectoire de Venice, on comprend que le vrai enjeu dépasse le simple remplacement d’un outil par un autre. Il s’agit de repenser entièrement la façon dont les organisations accordent, révoquent et surveillent les droits d’accès dans un monde où la frontière entre humain et machine s’estompe chaque jour un peu plus. Ceux qui sauront anticiper cette bascule disposeront d’un avantage concurrentiel durable. Les autres risquent de se retrouver à gérer des dizaines d’outils fragmentés pendant encore de longues années.

Rotem Lurie et son équipe ont clairement choisi leur camp. Elles misent sur l’intégration profonde, l’automatisation intelligente et une culture d’équipe plus inclusive. Dans un secteur qui a longtemps privilégié la force brute et les cycles de vente interminables, cette approche pourrait bien faire école. Ou rester une exception. L’histoire se jouera dans les dix-huit mois à venir, exactement comme la fondatrice l’a annoncé.

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