AI et Marché Serré Redessinent le Proptech Canadien

Accueil - Technologies et Avenirs - Intelligence Artificielle - AI et Marché Serré Redessinent le Proptech Canadien
AI et Marché Serré Redessinent le Proptech Canadien   Innovationsfr
janvier 23, 2026

AI et Marché Serré Redessinent le Proptech Canadien

Imaginez un secteur qui représente à lui seul le plus gros contributeur au PIB canadien : l’immobilier, avec la construction en prime. Aujourd’hui, ce géant traditionnel se trouve bousculé par une vague technologique sans précédent. Au cœur de cette transformation ? L’intelligence artificielle et un environnement de financement devenu particulièrement exigeant.

En 2025, le paysage proptech canadien a franchi une étape décisive. Moins de nouvelles pousses, des valorisations plus réalistes, une adoption massive de l’IA par les acteurs traditionnels… Le secteur arrive à maturité, et ce n’est pas sans douleur.

Un écosystème qui gagne en maturité

Le rapport annuel de Proptech Collective, référence incontournable du secteur au Canada, dresse un portrait clair : sur environ 590 startups proptech actives en 2025, seulement un quart a vu le jour ces cinq dernières années. C’est sept points de moins qu’en 2024. Le message est limpide : l’époque où n’importe quelle idée trouvait preneur est révolue.

Stephanie Wood, qui a piloté cette étude et occupe également un poste de vice-présidente chez Alate Partners, un fonds VC torontois spécialisé, résume parfaitement la situation :

« Les investisseurs sont plus sélectifs et veulent voir plus de traction dès le départ. »

– Stephanie Wood, Proptech Collective & Alate Partners

Cette sélectivité accrue s’explique en grande partie par le resserrement général des conditions de financement. Les valorisations canadiennes, déjà historiquement plus modestes que celles observées aux États-Unis, ont continué de se contracter.

Un marché du capital-risque nettement plus tendu

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, les startups proptech canadiennes ont levé 450 millions $ CAD sur 30 tours annoncés. À titre de comparaison, en 2021 – année record – ce sont 50 opérations qui avaient permis de capter bien davantage. Même 2024, avec ses 800 millions $ sur 27 tours, avait été artificiellement gonflé par un méga-tour réalisé par Hostaway (société aux racines canadiennes mais basée en Finlande).

Les tours de croissance (supérieurs à 10 M$) se comptent sur les doigts d’une main : seulement dix en 2025. Parmi les plus marquants :

  • Dcbel (Montréal) – 55 M$ pour l’énergie domestique intelligente
  • Carbon Upcycling (Calgary) – 24,5 M$ pour réduire l’empreinte carbone du ciment
  • Augmenta (Toronto) – 14,4 M$ pour son logiciel de conception de bâtiments piloté par IA

Les tours précoces (pre-seed et seed) représentent toujours 64 % des opérations, mais leur volume stagne. Beaucoup de fondateurs préfèrent désormais bootstraper ou atteindre la rentabilité plutôt que de diluer à des conditions moins attractives.

L’intelligence artificielle : le moteur principal de 2025

Dans ce contexte difficile, un facteur explose : l’intelligence artificielle. Stephanie Wood n’hésite pas à parler du « plus gros vent arrière » jamais observé dans le proptech et le contech (construction technology).

Les investisseurs concentrent leurs capitaux sur les solutions qui intègrent l’IA de manière concrète et mesurable. Les promesses vagues ne passent plus ; on veut des métriques d’engagement, des pilotes payants, des gains de productivité chiffrés.

Un exemple emblématique ? Mave, la jeune pousse torontoise qui développe une plateforme d’assistant IA dédiée aux courtiers et agents immobiliers. Raz Zohar, son fondateur, explique :

« L’IA oblige les agences à repenser complètement leur support client. Notre technologie automatise déjà une partie importante du travail administratif, permettant aux agents de se concentrer sur leur cœur de métier : vendre des maisons. »

– Raz Zohar, fondateur et CEO de Mave

Fin 2025, Mave a bouclé un tour de seed de 5 M$ CAD mené par Staircase Ventures, portant le total levé à 7 M$. La startup revendique déjà 8 500 agents immobiliers actifs et des dizaines de grandes agences ontariennes clientes, avec 70 % d’entre elles utilisant la plateforme chaque semaine.

Moins de créations, plus de consolidation

Logique dans un marché exigeant : le nombre de nouvelles startups proptech créées en 2025 s’est établi à 34, contre 36 en 2024 et près de 53 par an en 2019-2020. Pour Stephanie Wood, ce ralentissement n’est pas forcément négatif :

« Il y a toujours un nombre sain de créations. À l’époque faste, c’était un peu trop mousseux. »

– Stephanie Wood

À l’autre extrémité du cycle de vie, les sorties restent rares. Les IPO sont quasi-absentes et les acquisitions stratégiques dominent. Rentsync, éditeur de logiciels pour la gestion locative multifamiliale, illustre parfaitement cette tendance : en quelques semaines fin 2025 et début 2026, la société a réalisé pas moins de deux acquisitions (Spacelist puis Urbanation), portant son compteur à sept rachats au total.

Ces opérations permettent d’enrichir rapidement le catalogue produit, de renforcer l’avantage data et d’augmenter la « stickiness » auprès des clients, sans avoir à tout construire en interne.

Des vents porteurs possibles pour 2026

Malgré les contraintes actuelles, plusieurs signaux positifs émergent pour les prochaines années. Le gouvernement fédéral a lancé Build Canada Homes, une initiative dotée de 13 milliards $ visant à accélérer la construction de logements abordables et à soutenir les méthodes modernes de construction.

Stephanie Wood espère que cette agence saura s’appuyer sur les solutions technologiques canadiennes, notamment celles qui développent :

  • des outils d’optimisation de zonage (ex. : Landerz à Montréal)
  • des solutions de construction modulaire et préfabriquée (Promise Robotics, Cabn)
  • des logiciels de gestion de chantier (Bridgit, ConstructionClock)

Si ces startups réussissent à se positionner comme partenaires privilégiés des grands projets publics et privés, elles pourraient bénéficier d’un effet d’entraînement puissant.

Vers un proptech plus responsable et durable

Au-delà des aspects financiers et technologiques, le secteur doit aussi répondre à des enjeux sociétaux majeurs : crise du logement, accessibilité, empreinte carbone du bâti. L’IA, si elle est mal utilisée, peut aggraver certaines inégalités (biais dans l’octroi de crédit, hausse artificielle des loyers, etc.).

Mais employée intelligemment, elle permet aussi d’optimiser les flux, de réduire le gaspillage, d’accélérer les processus d’approbation et de rendre le marché immobilier plus transparent et efficace pour tous les acteurs.

Le Canada, avec son marché immobilier surdimensionné et ses talents technologiques, dispose d’atouts uniques pour devenir un leader mondial du proptech responsable. À condition que les startups continuent de prouver leur valeur, que les investisseurs gardent le cap sur le long terme et que les pouvoirs publics jouent pleinement leur rôle de catalyseur.

2026 s’annonce donc comme une année charnière : celle de la confirmation d’un écosystème proptech canadien plus mature, plus sélectif, plus technologique… et peut-être plus impactant que jamais.

Partager:

Ajouter Un Commentaire

Chercher

Étiquettes

abus technologie Accord OpenAI Apple accélérateur innovation santé accélérateur startup accélérateur startups Acquisition start-up actions fintech addiction réseaux sociaux adoption IA générative adoption intelligence artificielle all4pack emballages durables innovations packaging écoconception économie circulaire ambitions venture capitalists Andreessen Horowitz Twitter influence réseaux sociaux capital risque Anthropic levée fonds autonomie véhicules électriques avenir IA générative avenir intelligence artificielle Avenir semi-conducteurs barquettes inox consigne réduction déchets Berny transition écologique biotechnologie avancée Bot Manager campus cybersécurité Chine OMC Droits douane Voitures électriques Tensions commerciales Subventions distorsion concurrence commerce international commissaires vie privée confiance intelligence artificielle controverse Elon Musk crise financement startups croissance start-ups cybersécurité web3 données personnelles défis start-ups défis véhicules autonomes Energie verte expérience utilisateur Géotechnique Décarbonation industrie Empreinte carbone Transition énergétique Prototype innovant Imagino levée de fonds marketing digital données clients expansion internationale Industrie du futur Relocalisation industrielle Transition écologique Startups deeptech Souveraineté technologique innovation industrielle mobilité urbaine protection bots Radware Bot transformation numérique Écosystème startup Innovation technologique Résilience entrepreneuriale Défis startups Croissance startup Canada énergies renouvelables

Beauty and lifestyle influencer

Follow my journey on all Social Media channels

Alienum phaedrum torquatos nec eu, vis detraxit periculis ex, nihilmei. Mei an pericula euripidis, hinc partem ei est.
facebook
5M+
Facebook followers
Follow Me
youtube
4.6M+
Youtube Subscribers
Subscribe Me
tiktok
7M+
Tiktok Followers
Follow Me
instagram
3.4M+
Instagram Followers
Follow Me