Blue Action Canada Lance Son Accélérateur Oceantech 2026
Et si le prochain grand bouleversement technologique ne venait pas de la Silicon Valley, mais des côtes sauvages et des fjords canadiens ? Alors que le monde prend enfin conscience de l’immense potentiel (et de l’urgence) des océans, un programme d’accompagnement discret mais très ambitieux est en train de se positionner comme l’un des plus prometteurs pour les entrepreneurs qui veulent réinventer notre relation avec la mer.
Blue Action Canada : l’accélérateur qui veut faire du Canada le leader de l’économie bleue
Depuis quelques années, le terme économie bleue est sur toutes les lèvres dans les cercles de l’innovation durable. Derrière cette expression se cache une réalité économique colossale : les océans représentent déjà des billions de dollars d’activités et pourraient en générer beaucoup plus si l’on développe des technologies intelligentes, respectueuses et réellement utiles.
C’est précisément dans cet immense champ des possibles que s’inscrit Blue Action Canada, le programme d’accélération lancé en 2025 et qui vient d’ouvrir les candidatures pour sa deuxième cohorte en ce début d’année 2026.
Un programme né d’une triple alliance stratégique
Ce qui rend ce programme particulièrement intéressant, c’est son ADN hybride et international. Blue Action Canada est le fruit d’une collaboration entre trois entités aux expertises très complémentaires :
- le Centre for Ocean Applied Sustainable Technologies (COAST) basé à Victoria en Colombie-Britannique,
- le célèbre venture studio londonien Founders Factory,
- et Blue Action, l’accélérateur ocean-tech original créé aux Bahamas.
Cette triple origine permet au programme de combiner la connaissance fine du terrain canadien, l’expertise en création et scaling de startups européennes, et la vision internationale d’un hub océanique caribéen.
« Le Canada possède tous les ingrédients pour prendre la tête de la prochaine vague de l’économie bleue mondiale : une recherche de classe mondiale, une expertise maritime profonde et un littoral exceptionnel. »
– Rupert Hayward, président et président de Blue Action
Quelles startups sont recherchées en 2026 ?
Contrairement à la première cohorte qui était principalement orientée Colombie-Britannique, l’édition 2026 s’ouvre à l’ensemble du Canada et annonce vouloir sélectionner jusqu’à huit startups early-stage particulièrement ambitieuses.
Les quatre grands axes prioritaires pour cette deuxième promotion sont :
- Innovation maritime et portuaire
- Infrastructures côtières et adaptation au changement climatique
- Nature, biodiversité et restauration des écosystèmes marins
- Technologies de défense ou à double usage (civil/militaire)
Ces thématiques montrent une volonté claire d’aborder les enjeux océaniques sous tous leurs angles : économique, environnemental, climatique et géopolitique.
Un programme en trois phases très concrètes
Le parcours proposé par Blue Action Canada se distingue par sa structure résolument orientée résultats et mise en relation.
Voici les grandes étapes prévues :
- Accompagnement intensif en remote sur le développement produit, l’opérationnel, la découverte client, la stratégie de commercialisation et la préparation à la levée de fonds
- Accès privilégié à un réseau international regroupant investisseurs, gouvernements, ports et grands industriels présents dans 10 pays
- Point d’orgue : un programme résidentiel intensif en mai 2026 à l’occasion du Web Summit Vancouver
Ce dernier point est stratégique : être visible et pitcher dans le cadre du Web Summit canadien représente une opportunité de visibilité exceptionnelle pour des startups encore jeunes.
Des résultats déjà impressionnants pour la première cohorte
La première promotion, même si elle était géographiquement plus restreinte, a déjà produit des résultats très significatifs en moins d’un an :
- Plus de 2 millions $ levés auprès d’investisseurs internationaux (dilutifs et non-dilutifs)
- Plus de 1,7 million $ de précommandes signées sur des marchés étrangers
- Plusieurs pilotes industriels conclus avec des acteurs majeurs
Ces chiffres, pour des entreprises très jeunes, montrent que le programme arrive effectivement à créer des passerelles concrètes entre startups et grands donneurs d’ordre.
Un contexte canadien particulièrement favorable
Le lancement de cette deuxième cohorte intervient dans un moment très opportun pour le secteur au Canada. Plusieurs éléments se combinent :
- Le soutien fort du Ocean Supercluster (l’un des plus importants superclusters canadiens)
- Des financements publics conséquents via PacifiCan et le ministère de l’Énergie et des Solutions Climatiques de Colombie-Britannique
- Une prise de conscience croissante des enjeux climatiques côtiers et de souveraineté maritime
- L’arrivée prochaine de très gros événements tech à Vancouver
Tous ces signaux montrent que le Canada cherche activement à se positionner comme l’un des leaders mondiaux de la nouvelle économie océanique.
Qui peut candidater et jusqu’à quand ?
Le programme s’adresse principalement à des startups canadiennes (fondateurs basés au Canada ou société incorporée au Canada) qui sont au stade précoce (pré-amorçage ou amorçage) et qui développent des technologies ou services directement liés aux océans.
La date limite de candidature est fixée au 15 février 2026. Le programme démarrera très rapidement après la sélection et se terminera par la fameuse semaine résidentielle en mai 2026.
Pour les entrepreneurs qui hésitent encore : le programme ne se contente pas de coacher. Il ouvre réellement des portes qui, pour beaucoup de startups marines, restent très difficiles d’accès.
Et après ? Vers une filière oceantech canadienne mature
Si Blue Action Canada parvient à maintenir cette trajectoire, et surtout à attirer les meilleurs projets canadiens dans les prochaines années, il pourrait devenir l’un des éléments déclencheurs d’une véritable filière oceantech structurée au Canada.
Entre les besoins énormes de décarbonation du transport maritime, la protection des côtes face à la montée des eaux, la restauration de la biodiversité marine, la surveillance des zones maritimes et les nouvelles formes d’aquaculture durable, les opportunités sont immenses.
Le Canada dispose d’atouts uniques : la deuxième plus longue côte au monde, une tradition maritime forte sur les deux océans, des pôles de recherche de haut niveau, et aujourd’hui un écosystème d’accompagnement qui commence à se structurer sérieusement.
Reste à savoir si les entrepreneurs canadiens seront suffisamment nombreux et audacieux pour saisir cette fenêtre historique.
Les candidatures sont ouvertes. Le compte à rebours est lancé.
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