Concentration du Capital en VC Canadien 2025

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Concentration du Capital en VC Canadien 2025   Innovationsfr
février 22, 2026

Concentration du Capital en VC Canadien 2025

Et si l’avenir des startups canadiennes se jouait désormais sur seulement quelques dizaines de tables ? En 2025, le paysage du capital-risque au Canada a pris un tournant spectaculaire : alors que le montant total investi reste relativement stable, il se concentre dans les mains d’un nombre ridiculement faible d’entreprises. Vingt-six opérations seulement ont aspiré les deux tiers des milliards déployés. Derrière ce chiffre froid se cache une réalité bien plus préoccupante pour l’écosystème dans son ensemble.

Un marché qui mise tout sur quelques licornes en puissance

Le rapport annuel de l’Association canadienne du capital de risque (CVCA) ne laisse planer aucun doute : 2025 a marqué l’apogée de la concentration du capital. Sur les 8 milliards de dollars investis dans 571 opérations, 5,3 milliards – soit 66 % – ont été captés par seulement 26 « méga-rondes » dépassant chacune les 50 millions $. Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il n’a jamais été aussi prononcé.

Les investisseurs institutionnels et internationaux semblent désormais appliquer une stratégie très sélective : mieux vaut mettre gros sur un petit nombre de dossiers jugés ultra-prometteurs plutôt que de saupoudrer sur des centaines de projets plus risqués. Conséquence logique : la taille moyenne d’une opération a grimpé de 6 % pour atteindre environ 14 millions de dollars.

« La concentration n’est pas forcément négative, mais elle pose la question de la largeur de l’écosystème. »

– David Kornacki, directeur données & produit, CVCA

Cette citation résume parfaitement le dilemme actuel. Oui, quelques succès retentissants peuvent maintenir le montant global investi à un niveau honorable. Mais sans un flux constant de jeunes pousses qui passent les étapes successives, le vivier risque de s’assécher à moyen terme.

Les méga-rondes sauvent les apparences… mais masquent un tarissement précoce

La seconde moitié de 2025 a connu un regain d’activité impressionnant. Vingt des vingt-six méga-opérations ont été bouclées après l’été. Le quatrième trimestre a même établi un record historique de dette venture avec 1,4 milliard $ déployés sur l’année, dont plus de 679 millions rien qu’en Q4.

Mais derrière ces gros titres se cache une autre histoire. Les tours de pré-amorçage et d’amorçage ont continué de s’étioler : moins de dossiers, tickets moyens en baisse. Les Series A et B n’ont capté qu’environ deux tiers des montants de 2024. Seules les étapes tardives (Series C et au-delà) ont vu leur enveloppe progresser de 25 %.

Autrement dit : les investisseurs continuent de parier gros… mais presque exclusivement sur des entreprises déjà très avancées. Les jeunes pousses peinent à lever les 1 à 5 millions nécessaires pour décoller.

Sorties en chute libre et recours massif aux secondaires

L’année 2025 n’a enregistré que 29 sorties, toutes par fusion-acquisition. Aucun IPO. C’est 27 % de moins qu’en 2024. Face à un marché boursier fermé aux introductions, de plus en plus d’entreprises ont organisé d’importantes rondes secondaires pour offrir une liquidité partielle à leurs actionnaires historiques.

Jane Software a ainsi levé 500 millions $ en secondaire, StackAdapt 337 millions $. Au total, ces opérations hors cycle primaire ont injecté 1,3 milliard $ supplémentaires. Si on cumule primaire et secondaire, le marché venture canadien atteint finalement 9,3 milliards $ en 2025.

Régions : l’Ontario domine, les provinces émergentes surprennent

  • Ontario : 4,6 milliards $ sur 247 opérations – leader incontesté
  • Colombie-Britannique : 1,4 milliard $ sur 70 opérations
  • Québec : 1 milliard $ sur 122 opérations
  • Alberta : 465 millions $ malgré 73 opérations (plus que la C.-B. en volume)
  • Manitoba & Nouvelle-Écosse : records historiques respectifs de 127 M$ et 162 M$
  • Terre-Neuve : ticket moyen le plus élevé du pays grâce à la levée de 101 M$ de CoLab Software

Ces chiffres montrent que même si Toronto reste la plaque tournante, des écosystèmes régionaux commencent à émerger et à attirer des tickets significatifs.

Waabi, symbole d’une année à deux vitesses

Impossible de parler de 2025 sans évoquer Waabi. La startup torontoise d’IA appliquée au camion autonome a bouclé une Series C record de 1 milliard $ en fin d’année. Cette opération a littéralement tiré vers le haut la moyenne du Q4 (23 M$ par deal en moyenne) et symbolise parfaitement la stratégie actuelle des investisseurs : miser massivement sur les rares entreprises perçues comme des futures licornes mondiales.

Mais pour chaque Waabi, combien de startups prometteuses n’ont pas réussi à boucler leur tour de table de 2 ou 3 millions $ ? La question reste ouverte.

Vers un écosystème plus mature… ou plus fragile ?

David Kornacki, interrogé par nos confrères, refuse le catastrophisme. Selon lui, l’écosystème reste « actif, résilient et positionné pour une croissance plus stable en 2026 ». La reprise tardive de 2025 et la présence continue d’investisseurs internationaux sur les gros dossiers sont des signaux encourageants.

Mais la santé à long terme d’un écosystème ne se mesure pas uniquement au volume annuel investi. Elle dépend surtout de la capacité à faire progresser un grand nombre d’entreprises du pré-amorçage jusqu’à la série C. Or sur ce point, les voyants sont plutôt au rouge.

Les fonds canadiens eux-mêmes ont connu leur pire année de levée depuis 2016. Moins de capitaux frais entrent dans le système. Les LP (limited partners) deviennent plus exigeants. Dans ce contexte, la sélectivité extrême observée en 2025 pourrait devenir la norme plutôt que l’exception.

Que retenir pour 2026 et au-delà ?

Plusieurs scénarios se dessinent :

  • Scénario optimiste : quelques succès retentissants (exits > 1 milliard $) redonnent confiance aux LP et relancent le cycle de levée de fonds → plus de capitaux disponibles pour toutes les étapes
  • Scénario réaliste : poursuite de la concentration sur une poignée de « winners » et érosion progressive du nombre de startups actives
  • Scénario pessimiste : absence prolongée d’IPO et d’exits significatifs → fuite des meilleurs talents et des investisseurs vers les États-Unis

Une chose est sûre : 2025 a marqué un tournant. Le marché canadien du venture n’est plus celui du « spray & pray » des années 2020-2022. Il est entré dans une phase de maturité forcée, où seuls les dossiers les plus solides (ou les plus visibles) trouvent grâce aux yeux des investisseurs.

Pour les fondateurs, le message est clair : il va falloir être exceptionnel dès le départ, démontrer une traction massive ou appartenir à un secteur hyper-porteur (IA, deeptech, autonomy…) pour espérer lever des montants significatifs. Pour les investisseurs locaux, le défi est tout aussi grand : continuer à alimenter le pipeline early-stage sans quoi la rareté de deals de qualité deviendra structurelle dans quelques années.

L’écosystème canadien n’est pas mort. Mais il est en pleine mue. Et comme toute mue, celle-ci est à la fois douloureuse… et potentiellement libératrice.

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