
CVC Capital Partners souhaite acquérir les parts de Vivendi dans Telecom Italia
Selon des sources proches du dossier, le géant du capital-investissement CVC Capital Partners serait en discussions avec le gouvernement italien pour racheter la participation de 24% détenue par Vivendi dans l'opérateur historique Telecom Italia. Cette opération pourrait redistribuer les cartes sur le marché des télécoms transalpin.
CVC aux portes de Telecom Italia
Le fonds britannique CVC Capital Partners, l'un des leaders mondiaux du private equity, s'intéresserait de près à Telecom Italia. Selon des sources interrogées par Reuters, des représentants de CVC se seraient entretenus avec le gouvernement italien en vue d'un accord qui permettrait à CVC de devenir le principal actionnaire de l'opérateur avec une participation de 24%, en lieu et place de Vivendi.
Pour concrétiser ce projet, CVC doit obtenir le feu vert de Rome. En effet, la réglementation italienne impose une approbation gouvernementale pour tout investissement de plus de 3% dans un opérateur télécoms. À ce stade, les discussions se poursuivent mais rien ne garantit qu'elles aboutiront.
Vivendi, un actionnaire contesté
Le groupe français Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré, est devenu en 2015 le premier actionnaire de Telecom Italia. Mais sa stratégie et sa gouvernance sont régulièrement contestées par les autres actionnaires, au premier rang desquels le fonds activiste Elliott Management.
Début 2025, le titre Telecom Italia avait perdu plus de 50% de sa valeur en cinq ans, pénalisé par une dette colossale, des investissements insuffisants dans la fibre et la 5G et des résultats en berne. La crise du Covid-19 a accentué les difficultés.
Telecom Italia est un actif stratégique pour l'Italie. Sa santé est cruciale pour accélérer la digitalisation du pays.
Mario Rossi, analyste financier
L'Etat italien, un arbitre clé
Dans ce contexte, l'avenir de Telecom Italia est devenu un sujet éminemment politique en Italie. Le gouvernement, par le biais de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP), détient déjà 10% du capital. Certains appellent l'Etat à renationaliser l'opérateur pour protéger ce bien stratégique.
L'entrée au capital d'un investisseur de long terme comme CVC pourrait offrir une troisième voie. Mais Rome devra peser le pour et le contre :
- Investir dans les réseaux pour rattraper le retard technologique
- Préserver l'emploi et les centres de décision en Italie
- Sortir d'une crise de gouvernance qui paralyse l'opérateur
Le secteur Telecom est à un tournant en Italie, comme ailleurs en Europe. Consolidation, partenariats public-privé, projets de réseaux mutualisés... Les mouvements capitalistiques s'accélèrent. Telecom Italia, qui pèse 16 milliards d'euros de market cap, est en première ligne. Son avenir se jouera en partie à Rome.