Djamo : La Révolution Fintech en Afrique Francophone

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Djamo  La Révolution Fintech en Afrique Francophone   Innovationsfr
avril 3, 2025

Djamo : La Révolution Fintech en Afrique Francophone

Imaginez un continent où des millions de personnes n’ont jamais mis les pieds dans une banque, mais où leur smartphone devient leur portefeuille. En Afrique francophone, ce rêve prend forme grâce à une start-up qui bouscule les codes : Djamo. Avec une levée de fonds impressionnante de 17 millions de dollars annoncée le 3 avril 2025, cette néobanque soutenue par Y Combinator ne se contente pas de suivre les tendances, elle les redéfinit. En s’adressant à plus d’un million d’utilisateurs, principalement en Côte d’Ivoire et au Sénégal, Djamo s’impose comme un acteur clé de l’inclusion financière dans une région où les services bancaires traditionnels restent un luxe.

Une ambition qui redessine la finance africaine

L’histoire de Djamo commence en 2020, portée par deux visionnaires : Hassan Bourgi et Régis Bamba. Leur objectif ? Combler le fossé financier qui sépare des millions d’Africains des services bancaires modernes. Dans des pays comme la Côte d’Ivoire, où moins d’un quart des adultes possèdent un compte en banque, les fondateurs ont vu une opportunité unique. Plutôt que de concurrencer directement les géants du *mobile money*, ils ont choisi de proposer une alternative hybride, mêlant accessibilité et sophistication.

Un positionnement stratégique entre deux mondes

Le succès de Djamo repose sur une idée simple mais puissante : offrir plus que le *mobile money*, sans les lourdeurs des banques classiques. Là où les plateformes comme Wave se concentrent sur des transferts à bas coût, Djamo va plus loin avec des outils comme des cartes de paiement, des coffres d’épargne et même des options d’investissement. Cette approche séduit une clientèle jeune, souvent lassée des limites des portefeuilles mobiles, mais réticente à s’engager avec des institutions perçues comme coûteuses ou déconnectées.

Ces utilisateurs évoluent, mais ils ne veulent pas aller là où leurs parents sont allés, dans des institutions aux prix abusifs et inadaptées à la nouvelle génération.

– Hassan Bourgi, PDG de Djamo

En s’inspirant de modèles comme OPay au Nigeria, Djamo mise sur une expérience utilisateur fluide et des services qui répondent aux besoins d’une population en pleine transition financière. Cette stratégie a porté ses fruits : en deux ans, ses revenus ont été multipliés par cinq, et plus de 4,5 milliards de dollars ont transité par sa plateforme depuis son lancement.

Une levée de fonds record pour l’innovation

Avec cette nouvelle levée de 17 millions de dollars, Djamo signe un record pour une start-up ivoirienne. Mené par Janngo Capital, un fonds panafricain axé sur l’égalité des genres, ce tour de table inclut également des investisseurs prestigieux comme Partech, Oikocredit et Y Combinator. Si Hassan Bourgi reste discret sur la valorisation exacte, il confie qu’elle a doublé depuis la série A de 14 millions en 2022. Cet argent frais servira à enrichir l’offre, notamment pour les particuliers et les petites entreprises.

Pour les fondateurs, cette injection de capital est une validation de leur vision. Elle leur permettra d’accélérer leur expansion au Sénégal, un marché déjà dominé par des acteurs comme Wave, mais où Djamo se positionne comme un complément plus complet. L’objectif à long terme ? Devenir la banque de référence pour une génération en quête d’opportunités financières modernes.

Des produits pensés pour tous

Ce qui distingue Djamo, c’est sa capacité à s’adresser à des profils variés. Pour les particuliers, la start-up propose des services allant des paiements peer-to-peer aux comptes d’épargne à haut rendement. Grâce à une licence de courtage inédite dans la région, elle offre même des produits d’investissement, une rareté dans le paysage fintech africain. Pour les petites entreprises – environ 10 000 à ce jour – Djamo déploie des outils comme les paiements groupés ou les QR codes, facilitant la gestion des transactions.

Actuellement, seuls 5 à 10 % des utilisateurs reçoivent leur salaire via l’application. Mais l’équipe travaille à inverser cette tendance. « Notre prochain défi est de passer de 10 % à 50 % », explique Bourgi. Une ambition qui passe par des partenariats avec les employeurs et une simplification des processus.

Un modèle hybride pour toucher les exclus

Plus de la moitié des clients de Djamo n’avaient jamais eu de compte bancaire avant. Pour atteindre cette population souvent méfiante envers la technologie, la start-up combine une application intuitive avec un réseau d’agents physiques. Ces derniers, inspirés du modèle du *mobile money*, jouent un rôle clé en accompagnant les utilisateurs dans leurs premières transactions. Résultat : 90 % de ceux qui adoptent Djamo comme compte principal viennent de ce segment des « non-bancarisés ».

Cette approche hybride n’est pas nouvelle, mais elle est exécutée avec une précision qui fait la différence. En parallèle, Djamo explore des sources de revenus supplémentaires, comme les prêts ou les comptes rémunérés, en attendant les licences nécessaires. Une diversification qui pourrait transformer la start-up en un acteur incontournable de la finance africaine.

Un impact social et économique

En Afrique francophone, où moins de 25 % des adultes ont accès à des services financiers formels, Djamo ne se contente pas de proposer une application. La start-up s’attaque à des inégalités structurelles, notamment en matière de genre. Avec un tiers de ses utilisateurs qui sont des femmes – un chiffre notable dans une région où elles sont deux fois plus susceptibles d’être exclues – Djamo contribue à réduire cet écart.

Dans une région où les femmes sont deux fois plus exclues, Djamo ne se contente pas de combler le fossé, il déverrouille des opportunités économiques à grande échelle.

– Fatoumata Bâ, fondatrice de Janngo Capital

Cette mission sociale, combinée à une croissance fulgurante, attire les regards. En traitant plus de 4,5 milliards de dollars de transactions depuis ses débuts, Djamo prouve que rentabilité et impact peuvent aller de pair.

Les défis d’une expansion ambitieuse

Entrer sur le marché sénégalais n’est pas une mince affaire. Avec des concurrents bien implantés comme Wave, Djamo doit se démarquer par la richesse de son offre. Mais cette stratégie de différenciation comporte des risques : diversifier les services peut diluer les efforts, et obtenir des licences pour des produits comme le crédit demande du temps. Pourtant, l’équipe, forte de 250 employés, semble prête à relever le défi.

Pour l’instant, 25 % des utilisateurs optent pour un abonnement premium, générant des revenus stables. Les frais sur les transactions par carte et les futures marges sur les dépôts pourraient encore doper cette croissance. Mais la vraie question reste : Djamo parviendra-t-il à transformer ses utilisateurs occasionnels en clients fidèles ?

Une vision pour l’avenir

À l’horizon 2030, Djamo ambitionne de s’étendre à d’autres pays francophones, comme le Cameroun ou le Mali. Chaque marché apportera son lot de défis, mais aussi d’opportunités. En misant sur une population jeune et connectée, la start-up pourrait bien redéfinir ce que signifie « être bancarisé » en Afrique. Pour y parvenir, elle devra continuer à innover tout en restant ancrée dans les réalités locales.

Voici quelques axes stratégiques envisagés :

  • Renforcer les partenariats avec les entreprises pour les salaires.
  • Développer des produits de crédit adaptés aux petits commerçants.
  • Étendre le réseau d’agents pour toucher les zones rurales.

Avec une équipe passionnée et des investisseurs solides, Djamo a toutes les cartes en main pour devenir un géant de la fintech africaine. Reste à voir si elle saura transformer cette promesse en réalité durable.

Pourquoi Djamo fascine-t-il autant ?

Ce qui rend Djamo captivant, c’est sa capacité à allier ambition et pragmatisme. En partant d’un constat – l’exclusion financière massive – elle a construit une solution qui parle à la fois aux jeunes urbains et aux commerçants traditionnels. Son succès repose sur trois piliers : une technologie accessible, une écoute des besoins locaux et une vision à long terme. À l’heure où l’Afrique devient un laboratoire d’innovation, Djamo incarne une nouvelle vague d’entrepreneurs prêts à changer la donne.

En conclusion, cette levée de fonds n’est pas qu’une victoire financière. C’est le signe que l’Afrique francophone, souvent éclipsée par des marchés anglophones comme le Nigeria, a son mot à dire dans la révolution fintech. Djamo n’est pas seulement une start-up : c’est un mouvement qui pourrait inspirer une génération entière.

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