EVIO : Le Programme qui Positionne le Canada dans les Véhicules Électriques

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février 3, 2026

EVIO : Le Programme qui Positionne le Canada dans les Véhicules Électriques

Imaginez un pays riche en ressources naturelles, doté d’universités parmi les meilleures au monde, mais qui peine encore à s’imposer comme acteur majeur dans l’industrie la plus stratégique du XXIe siècle : les véhicules électriques. Pendant que les géants américains, chinois et européens accélèrent, le Canada cherche sa voie. Et si la réponse passait par une connexion intelligente entre le monde académique et les entreprises ?

EVIO : quand l’université et l’industrie réinventent la mobilité électrique

Lancé officiellement en décembre 2025, le programme Electric Vehicle Innovation Ontario (EVIO) ambitionne de changer la donne. Doté de 2,5 millions de dollars de financement fédéral via FedDev Ontario, il vise à positionner l’Ontario – et par extension le Canada – comme un pôle incontournable dans la chaîne de valeur des véhicules électriques.

Mais EVIO n’est pas un simple fonds de subvention. Il s’agit d’un véritable pont humain et technologique entre les chercheurs de haut niveau et les entreprises qui développent concrètement les solutions de demain. L’idée ? Placer des étudiants diplômés directement au cœur des projets R&D des sociétés spécialisées en mobilité électrique.

Un matching précis pour des résultats concrets

Le cœur du dispositif repose sur une équation simple mais puissante : trouver le bon étudiant, le bon superviseur universitaire et le bon projet industriel, puis les faire travailler ensemble pendant plusieurs mois, voire années. Ce partenariat devient alors une composante centrale du diplôme du chercheur.

Les entreprises participantes financent la moitié des coûts, signe qu’elles croient réellement au potentiel du projet. De cette manière, EVIO filtre naturellement les acteurs les plus motivés et les plus sérieux.

« Si je dirige une entreprise et que je dois chercher la perle rare parmi 97 universités, c’est presque mission impossible. EVIO accélère ce matching, accélère le développement technologique et augmente nos chances de succès. »

– Arvind Gupta, directeur scientifique du programme et professeur à l’Université de Toronto

En misant sur cette proximité prolongée, le programme espère créer un cercle vertueux : plus d’innovations réalisées localement, plus d’expertise accumulée sur place, et donc plus d’attrait pour les futures itérations technologiques.

Une chaîne de valeur trop vaste pour tout couvrir

La filière des véhicules électriques couvre un spectre immense : extraction et raffinage des minéraux critiques, chimie des batteries, fabrication des cellules, assemblage des packs, logiciels embarqués, recharge intelligente, recyclage, voire même performance en conditions extrêmes comme le froid canadien.

Le Canada dispose d’atouts majeurs – notamment ses réserves de lithium, nickel, cobalt et graphite – mais il est illusoire de vouloir dominer l’ensemble de cette chaîne. C’est pourquoi EVIO adopte une approche pragmatique :

  • Identifier les maillons où l’appétit d’innovation est le plus fort
  • Concentrer les efforts sur ces segments stratégiques
  • Créer un écosystème d’excellence qui deviendra difficile à délocaliser

Arvind Gupta le résume avec une formule choc : « On ne peut pas tout faire, alors faisons très bien ce que nous choisissons de faire. »

Retenir les cerveaux : l’enjeu numéro un

Chaque année, des centaines de brillants diplômés canadiens partent vers la Californie, le Massachusetts ou l’Europe. Le phénomène est connu : la fameuse « fuite des cerveaux ». EVIO veut inverser la tendance en créant de la stickiness – cette force d’attraction qui rend difficile le départ d’une équipe déjà constituée.

Quand un doctorant ou un post-doctorant passe deux ou trois ans à résoudre un problème industriel majeur aux côtés d’une entreprise ontarienne, plusieurs mécanismes se mettent en place :

  • La société développe un attachement émotionnel et stratégique à cette personne
  • Le chercheur acquiert une connaissance très fine et propriétaire du produit
  • Déménager toute l’équipe devient extrêmement coûteux et risqué

« Dans l’extraction minière, il faut trouver le gisement. Dans l’innovation, il faut trouver le gisement de talents. Quand vous avez une masse critique de cerveaux qui développent des choses extraordinaires ici, pourquoi iraient-ils ailleurs ? »

– Arvind Gupta

Un consortium universitaire impressionnant

Porté par le département d’informatique de l’Université de Toronto, EVIO réunit sept autres établissements de choix du sud de l’Ontario :

  • Université de Windsor
  • Western University
  • Université de Waterloo
  • York University
  • Toronto Metropolitan University
  • Queen’s University
  • Université d’Ottawa

Cette coalition permet de couvrir une grande variété de compétences : informatique, génie électrique, chimie des matériaux, intelligence artificielle embarquée, mécanique avancée, etc. Le programme s’adresse donc aussi bien aux projets très logiciels qu’aux défis très hardware.

Les chantiers prioritaires d’EVIO

À ce jour, 37 chercheurs diplômés sont prévus pour être intégrés dans 20 entreprises au cours des trois prochaines années. Parmi les thématiques les plus prometteuses :

  • Amélioration de la chimie des batteries pour augmenter densité énergétique et durée de vie
  • Optimisation des infrastructures de recharge rapide et fiable
  • Logiciels de gestion intelligente de l’énergie et de la flotte
  • Performance des véhicules par grand froid (un enjeu crucial au Canada)
  • Techniques avancées de fabrication et d’assemblage
  • Solutions de recyclage et d’économie circulaire des batteries

Chaque projet retenu doit démontrer un potentiel de différenciation sur le marché mondial. L’objectif n’est pas de copier ce qui existe déjà ailleurs, mais de créer des avantages compétitifs propres à l’écosystème canadien.

Un pari sur le long terme

EVIO reste jeune. Les premières cohortes sont en cours de constitution, les entreprises finalisent leurs propositions de projets, et les étudiants trient parmi les opportunités. Pourtant, le pari est clair : miser sur l’humain pour ancrer durablement l’innovation.

Si le programme parvient à ses fins, l’Ontario pourrait devenir l’un des rares endroits au monde où l’on trouve à la fois :

  • Une concentration exceptionnelle de chercheurs en mobilité électrique
  • Des entreprises capables d’industrialiser rapidement les découvertes
  • Un écosystème qui se nourrit lui-même et attire de nouveaux talents

Dans un secteur où la course est mondiale et où les fenêtres d’opportunité se referment vite, cette stratégie de talent anchoring pourrait s’avérer décisive.

Et maintenant ?

Le succès d’EVIO dépendra de plusieurs facteurs : la qualité des appariements, l’engagement réel des entreprises, la capacité des universités à libérer leurs meilleurs éléments pour des projets industriels, et bien sûr les résultats concrets obtenus dans les 36 prochains mois.

Mais une chose est sûre : le Canada ne peut plus se contenter d’exporter ses minerais bruts et ses cerveaux. Il doit transformer ses atouts en leadership technologique. EVIO est peut-être l’un des leviers les plus intelligents pour y parvenir.

La révolution électrique est en marche. Reste à savoir si le Canada saura y prendre une place de choix… ou se contenter d’être le fournisseur de ressources des autres.

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