
Google Abandonne le Soutien aux Fondateurs Sous-Représentés
Et si une simple modification de mots sur un site web révélait un changement majeur dans les priorités d’un géant de la tech ? En mars 2025, Google a discrètement retiré le terme "sous-représentés" de la page de son programme Google for Startups Founders Fund, un fonds créé en 2020 pour soutenir les entrepreneurs issus de minorités. Cette évolution, bien plus qu’un ajustement linguistique, soulève des questions sur l’avenir de la diversité dans l’écosystème des startups technologiques.
Un Tournant pour Google et les Startups
Depuis son lancement, le Google for Startups Founders Fund avait une mission claire : offrir des subventions, du mentorat et des outils technologiques à des fondateurs souvent laissés pour compte dans l’univers entrepreneurial. Femmes, personnes d’origine africaine ou latino-américaine : ces profils ont bénéficié de plus de **50 millions de dollars** en cinq ans, selon les chiffres officiels. Mais aujourd’hui, un vent de changement souffle sur cette initiative.
Des Programmes Relégués au Passé
Un rapide coup d’œil sur le site montre que tous les programmes spécifiques – comme le Women’s Founders Fund ou le Black Founders Fund – sont désormais décrits au **passé**. Cette bascule, repérée grâce aux archives web après décembre 2024, coïncide avec une autre annonce : aucun programme de subvention n’est actuellement disponible. Que s’est-il passé ? Les spéculations vont bon train, mais un indice pointe vers une réorientation stratégique.
Google semble vouloir miser sur l’**intelligence artificielle** plutôt que sur la diversité ciblée. Un porte-parole a laissé entendre que les fonds pour 2025 se concentreraient sur les startups axées sur l’IA, sans préciser si les minorités y conserveraient une place privilégiée. Ce pivot intrigue autant qu’il inquiète.
Un Changement de Langage Révélateur
Le glissement ne se limite pas aux programmes eux-mêmes : le vocabulaire évolue aussi. En décembre, le site vantait un soutien aux "fondateurs sous-représentés". Aujourd’hui, cette expression a disparu, remplacée par des termes plus neutres comme "innovateurs". Une page archivée datant du 21 janvier 2025 parlait encore d’aide aux "communautés sous-représentées". Désormais, il s’agit simplement de "soutenir les fondateurs pour développer leurs entreprises".
Nous n’avons pas encore ouvert les candidatures pour 2025. En attendant, nous soutenons nos anciens bénéficiaires et investirons dans des startups axées sur l’IA.
– Porte-parole de Google
Ce choix lexical n’est pas anodin. Il reflète une tendance plus large dans la Silicon Valley, où les initiatives de **diversité, équité et inclusion (DEI)** subissent des pressions croissantes, tant politiques que juridiques.
La Diversité sous Pression
Aux États-Unis, les programmes ciblant des groupes spécifiques sont dans le viseur. Prenons l’exemple du *Fearless Fund*, qui a dû fermer son programme pour les femmes noires en septembre 2024 après un procès. PayPal, de son côté, fait face à une plainte pour ses engagements envers les fondateurs noirs et latinos. Google, en ajustant son discours, semble vouloir éviter ces écueils.
Ce n’est pas un cas isolé. D’autres géants comme Meta et Amazon ont aussi atténué leur langage DEI ces derniers mois, sous l’influence d’un climat politique américain marqué par un retour en force des critiques contre ces initiatives. Google a même supprimé les objectifs de diversité de son dernier rapport annuel, une première en plusieurs années.
Vers un Futur Domné par l’IA ?
Si la diversité recule, l’IA, elle, prend le devant de la scène. Google annonce vouloir investir dans des startups qui exploitent cette technologie, avec des formations sur ses produits AI et des accélérateurs pour des secteurs comme l’énergie. Mais quid des fondateurs issus de minorités ? Seront-ils inclus dans cette nouvelle vague, ou laissés sur le carreau ?
Pour l’instant, le flou persiste. Les anciens bénéficiaires restent soutenus via une communauté d’alumni, mais aucun nouveau fonds n’est prévu pour les profils historiquement défavorisés. Une chose est sûre : le paysage des subventions évolue, et pas forcément dans le sens de l’inclusion.
Les Répercussions pour les Startups
Ce virage pourrait redessiner l’écosystème entrepreneurial. Les fondateurs minoritaires, déjà confrontés à des barrières financières, risquent de perdre un appui précieux. En 2020, le Founders Fund offrait non seulement de l’argent, mais aussi des crédits Google Cloud et du mentorat – des ressources cruciales pour décoller.
Voici ce que les anciens programmes apportaient :
- Subventions sans prise de participation.
- Accès à des experts pour affiner leur stratégie.
- Outils technologiques pour accélérer leur croissance.
Sans ces leviers, la route sera plus ardue pour certains. Pourtant, Google n’est pas seul en cause : le contexte global pousse les entreprises à revoir leurs priorités.
Un Équilibre Délicat à Trouver
Entre pressions légales et ambitions technologiques, les entreprises tech marchent sur un fil. Certaines, selon des rapports récents, affichent publiquement un recul sur le DEI tout en maintenant des efforts en coulisses. Google suit-il cette voie ? Difficile à dire sans plus de transparence.
Ce qui est certain, c’est que le retrait du mot "sous-représentés" n’est pas qu’une anecdote. Il symbolise un tournant, peut-être temporaire, peut-être définitif, dans la manière dont la tech aborde l’inclusion. Les startups, elles, devront s’adapter – avec ou sans Google.
Et Après ?
L’histoire ne s’arrête pas là. Les regards se tournent vers 2025, où Google promet des annonces sur ses investissements dans l’IA. Les fondateurs sous-représentés trouveront-ils leur place dans ce nouvel élan ? Ou devront-ils chercher ailleurs le soutien dont ils ont besoin ?
En attendant, une question demeure : la technologie peut-elle vraiment innover si elle laisse une partie de ses talents sur la touche ? La réponse, elle, reste en suspens.