Josh Ogden : L’essor du drone made in Canada

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Josh Ogden  Lessor du drone made in Canada   Innovationsfr
février 7, 2026

Josh Ogden : L’essor du drone made in Canada

Imaginez un instant : un drone survole une zone sinistrée, largue des vivres dans un village coupé du monde, puis déploie son parachute de sécurité pour atterrir en douceur malgré un vent violent. Cette scène, qui relève aujourd’hui du quotidien dans de nombreux pays, pourrait très bien devenir un symbole de l’autonomie technologique canadienne… à condition que nous arrêtions de la confier entièrement à des acteurs étrangers.

Josh Ogden, cofondateur et PDG d’AVSS (Aerial Vehicle Safety Solutions), ne mâche pas ses mots. Pour lui, le Canada risque de passer à côté d’une révolution industrielle majeure s’il continue à se contenter d’assembler des technologies conçues ailleurs.

Un constat amer sur l’industrie des drones au Canada

Depuis une dizaine d’années, l’entrepreneur observe une tendance préoccupante : les entreprises canadiennes de drones se transforment peu à peu en simples assembleurs de pièces importées. Moteurs chinois, batteries japonaises, fibres de carbone européennes, caméras américaines… le tout est ensuite monté ici, estampillé « made in Canada », mais sans réelle valeur ajoutée technologique locale.

« En réalité, nous avons moins de 20 vrais fabricants de drones au Canada, et la plupart ne conçoivent ni ne produisent leurs technologies cœur », déplore Josh Ogden. Ce glissement vers la sous-traitance inquiète d’autant plus que les drones deviennent des outils stratégiques, tant pour la sécurité civile que pour la défense.

« Si nous ne possédons pas la pile technologique complète – hardware, software, données – tout cela finit chez quelqu’un d’autre qui peut nous couper l’accès du jour au lendemain. »

– Josh Ogden, PDG d’AVSS

AVSS, l’exemple d’une entreprise qui refuse la facilité

Fondée en 2017 au Nouveau-Brunswick, AVSS a commencé par développer des systèmes de parachutes pour drones. L’objectif ? Permettre aux appareils de voler au-dessus des populations tout en respectant les réglementations aériennes les plus strictes. Pari réussi : AVSS est aujourd’hui la seule entreprise au monde à disposer d’un Means of Compliance (MOC) homologué par la FAA américaine pour ses parachutes.

Ce sésame a ouvert des portes internationales. Les produits de l’entreprise sont désormais exportés aux États-Unis, en Europe, au Moyen-Orient, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Mais surtout, tout est conçu et fabriqué au Canada, y compris la couture des parachutes réalisée en interne.

Avec une équipe d’une trentaine de personnes – majoritairement des ingénieurs et techniciens – AVSS consacre plus de 60 % de son budget annuel à la R&D. Une stratégie coûteuse à court terme, mais qui porte ses fruits : l’entreprise prouve qu’il est possible de rester compétitif tout en gardant le contrôle total de sa chaîne de valeur.

Les risques d’une dépendance technologique accrue

Dans un monde où les tensions géopolitiques ne cessent de croître, dépendre de composants ou de logiciels étrangers devient un véritable handicap stratégique. Josh Ogden le rappelle sans détour : un fabricant américain peut décider de prioriser son marché intérieur en cas de conflit, laissant ses clients étrangers sur le carreau.

« Un fournisseur étranger peut tout simplement éteindre votre technologie », prévient-il. Cette vulnérabilité est d’autant plus critique que les drones sont désormais utilisés dans des domaines sensibles : largage de matériel médical, surveillance des incendies, interventions en zones avalancheuses, voire applications militaires dual-use.

  • Largage de fournitures humanitaires dans des zones inaccessibles
  • Systèmes de déclenchement d’avalanches contrôlées
  • Inspection d’infrastructures critiques en conditions extrêmes
  • Applications de sécurité publique et de défense

Ces usages montrent à quel point la souveraineté technologique n’est plus un luxe, mais une nécessité.

Le manque criant de programmes d’acquisition à long terme

Aux États-Unis, les innovations de rupture bénéficient souvent de programmes de défense massifs, appelés « programs of record ». Ces contrats pluriannuels permettent aux entreprises de scaler, d’investir, d’exporter et de rester indépendantes.

Au Canada, les choses sont différentes. On finance volontiers la R&D via le crédit d’impôt SR&ED, on valide les prototypes, mais on rechigne à s’engager sur des commandes fermes et prévisibles. Résultat : beaucoup de startups finissent par vendre leur technologie ou par la licencier à l’étranger.

« Nous validons la technologie, mais nous manquons cruellement du véhicule d’acquisition qui dit : si vous livrez et que vous pouvez reproduire, vous aurez des contrats prévisibles pour scaler et exporter. »

– Josh Ogden

Sans ce soutien à l’échelle, la pression pour « prendre le raccourci » du licensing devient écrasante. Or, selon Ogden, licencier empêche d’apprendre vraiment. « Vous ne maîtrisez jamais pleinement une technologie que vous n’avez pas conçue, testée et fabriquée vous-même. »

Le Canada a tous les atouts… sauf la vision à long terme

Le pays dispose pourtant d’atouts uniques : des conditions climatiques extrêmes idéales pour tester la robustesse, un vivier d’ingénieurs talentueux, une réglementation aérienne relativement ouverte aux innovations, et des incitatifs fiscaux intéressants en phase de démarrage.

Mais pour passer du stade de la preuve de concept à celui de leader mondial, il faut une volonté politique forte. Il faut des acheteurs publics qui s’engagent sur la durée, des programmes qui valorisent le « made in Canada » non pas comme un label marketing, mais comme une garantie de souveraineté.

Josh Ogden ne demande pas la lune : juste que le Canada arrête de se sous-estimer et commence à se comporter comme un pays qui veut maîtriser son avenir technologique.

Un message d’espoir porté par l’exemple

AVSS n’est pas une licorne, mais une entreprise rentable qui exporte et embauche localement. Elle démontre concrètement qu’il est possible de rester compétitif sans sacrifier son indépendance.

« Si vous construisez quelque chose de qualité, que vous trouvez votre niche et que vous la possédez vraiment, vous pouvez exporter », résume Josh Ogden. Un message simple, mais puissant dans un écosystème où trop d’acteurs préfèrent la facilité à l’ambition.

Le Canada a les cerveaux, les conditions, les marchés. Reste à savoir s’il aura le courage de bâtir une véritable filière drone souveraine. Josh Ogden, lui, a déjà choisi son camp. Et il invite toute l’industrie à le suivre.

La question n’est plus de savoir si les drones vont transformer nos sociétés. Elle est de savoir qui contrôlera cette transformation. Et pour l’instant, la réponse ne dépend que de nous.

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