
Kensington et One9 Fusionnent pour la Tech de Défense
Saviez-vous que le secteur de la technologie de défense connaît une croissance fulgurante, même en période de ralentissement économique ? Alors que les tensions internationales s’intensifient, une alliance inattendue vient de voir le jour au Canada. Kensington Capital Partners, un gestionnaire d’actifs basé à Toronto, a récemment mis la main sur One9, une firme ottavienne spécialisée dans le capital-risque dédié à la défense. Cette acquisition, annoncée le 2 avril 2025, marque un tournant pour l’écosystème des start-ups canadiennes, avec pour ambition de bâtir une plateforme d’investissement unique en son genre.
Une Alliance Stratégique pour l’Avenir
Le mariage entre Kensington et One9 ne sort pas de nulle part. Depuis 2020, ces deux acteurs collaborent sur des projets d’investissement dans la **tech de défense**. Leur objectif ? Exploiter les opportunités offertes par un secteur en pleine mutation. Aujourd’hui, cette union officialisée vise à tirer parti des vents favorables qui soufflent sur l’industrie, notamment une hausse des investissements liée à l’instabilité géopolitique mondiale.
Pourquoi la Défense Attire-t-elle les Investisseurs ?
La **technologie de défense** ne se limite pas aux armes traditionnelles. Elle englobe des domaines comme l’intelligence artificielle, la robotique ou encore la cybersécurité, des secteurs qui séduisent de plus en plus les capitaux privés. Glenn Cowan, fondateur de One9 et ancien commandant des forces spéciales canadiennes, résume cette évolution avec une vision claire :
« La défense, c’est bien plus que des armes. C’est aussi du cryptage ultra-sécurisé et des solutions cloud qui profitent à tous. »
– Glenn Cowan, One9
À une époque où le marché technologique global montre des signes de faiblesse, les entreprises de défense affichent une résilience impressionnante. Kensington, par exemple, a vu son portefeuille dans ce domaine croître, avec des succès comme la vente de Tomahawk Robotics, une firme de drones, pour 120 millions de dollars USD en 2023.
Un Duo Complémentaire
Ce rapprochement entre Kensington et One9 repose sur une synergie évidente. D’un côté, Kensington apporte son envergure et sa réputation de géant du capital-risque au Canada. De l’autre, One9 offre une expertise pointue, forgée par Cowan lors de ses 18 années dans les forces armées, dont 13 au sein des opérations spéciales. Ensemble, ils veulent créer une base industrielle nouvelle, axée sur des technologies disruptives.
Leur collaboration passée a déjà porté ses fruits. Outre Tomahawk Robotics, ils ont investi dans Strider Technologies, une start-up américaine qui transforme des données publiques en intelligence stratégique grâce à l’**IA**. Cette dernière a levé 55 millions de dollars en 2024, preuve que leur stratégie fonctionne.
Un Contexte Politique Porteur
Le timing de cette acquisition n’est pas anodin. Avec une élection fédérale en vue au Canada et une guerre commerciale avec les États-Unis, la question de la défense revient sur le devant de la scène. Les partis politiques, qu’il s’agisse des Libéraux ou des Conservateurs, promettent d’augmenter les budgets militaires. Pour Cowan et Rick Nathan, directeur général de Kensington, ces engagements sont une aubaine.
Au sud de la frontière, l’arrivée de Donald Trump à la présidence renforce cette dynamique. Les start-ups américaines de défense cherchent à concurrencer les géants traditionnels, ouvrant des opportunités pour des investisseurs comme Kensington et One9.
Les Défis d’One9 avant l’Acquisition
L’histoire d’One9 n’a pas été un long fleuve tranquille. Lancée en 2020 par Cowan et Daniel Weinand, co-fondateur de Shopify, la firme visait à lever 50 millions de dollars CAD pour son fonds *Special Mission Fund*. Mais en pleine pandémie, et dans un marché canadien peu habitué à financer la défense, elle n’a réuni que 10 millions, dont 7 apportés par Kensington.
« Lever un premier fonds dans un secteur aussi niche, c’était un défi colossal », confie Cowan. Malgré cela, One9 a investi environ 23 millions de dollars dans six start-ups, dont Ventus Respiratory Technologies, seule entreprise canadienne de son portefeuille, spécialisée dans les équipements respiratoires pour militaires et premiers répondants.
Une Vision pour le Canada
Le Canada dispose d’atouts indéniables pour briller dans la **tech de défense** : des compétences en IA, en robotique et en cybersécurité. Pourtant, peu d’entreprises locales atteignent le stade de la série A, niveau auquel One9 concentre ses efforts. Nathan et Cowan veulent changer la donne en soutenant davantage de start-ups et de fonds spécialisés.
Leur plan ? Déployer des capitaux significatifs au Canada et à l’international. Ils misent sur une évolution des mentalités, espérant que les investisseurs institutionnels, souvent réticents à financer la défense, y verront une opportunité.
Des Applications au-delà du Militaire
Ce qui rend la **tech de défense** si fascinante, c’est son potentiel dual. Les innovations financées par Kensington et One9 ne servent pas qu’aux armées. Prenons l’exemple de Ventus : ses dispositifs respiratoires, certifiés CE, pourraient équiper les hôpitaux ou les pompiers. De même, les solutions d’IA de Strider ont des applications dans la sécurité des entreprises.
Cowan insiste sur cette double utilité :
« Nous investissons dans des technologies qui protègent nos soldats, mais qui améliorent aussi la vie civile. »
– Glenn Cowan, One9
Un Écosystème en Construction
Si le Canada ne compte pas encore de fonds VC exclusivement dédiés à la défense, des pépites existent. Kensington et One9 veulent jouer un rôle de catalyseur. Leur espace *Capability Labs* à Ottawa, un atelier de 6000 pieds carrés, sert déjà de hub pour connecter start-ups et utilisateurs finaux, comme les militaires.
Voici quelques axes de leur stratégie :
- Soutenir les start-ups canadiennes prometteuses.
- Investir dans des fonds VC étrangers spécialisés.
- Faciliter les démonstrations technologiques via Capability Labs.
Quel Avenir pour cette Alliance ?
L’acquisition de One9 par Kensington n’est qu’un début. Les deux firmes prévoient de multiplier les investissements, profitant d’un secteur en plein essor. Leur ambition est claire : faire du Canada un acteur incontournable de la **tech de défense**, tout en générant des retombées économiques et sociales positives.
Reste une question : cette alliance saura-t-elle convaincre les investisseurs frileux et rivaliser avec les géants américains ? L’avenir le dira, mais une chose est sûre : la défense n’a jamais été aussi innovante.