Kepler Lance son Réseau Optique Révolutionnaire
Imaginez un monde où les données capturées dans l'espace ne descendent plus sur Terre avec des heures de retard, mais sont traitées instantanément, là-haut, à des centaines de kilomètres d'altitude. Où les satellites discutent entre eux à la vitesse de la lumière grâce à des faisceaux laser invisibles. C'est précisément cette révolution que s'apprête à initier une startup canadienne audacieuse : Kepler Communications.
Ce dimanche 11 janvier 2026, si les conditions météorologiques le permettent, un Falcon 9 de SpaceX décollera de la base de Vandenberg en Californie avec à son bord dix satellites de 300 kg chacun, tous conçus et assemblés à Toronto. Ce lancement, baptisé « Twilight Mission », n'est pas un simple vol orbital de plus. Il pourrait marquer un tournant historique dans l'industrie spatiale.
Kepler : la pionnière canadienne du réseau optique spatial
Fondée en 2015, Kepler Communications s'est donné une mission ambitieuse dès le départ : créer un véritable « Internet de l'espace ». Alors que la plupart des constellations se contentent de liaisons radio traditionnelles (RF), souvent limitées par la couverture, la latence et la bande passante, Kepler a parié très tôt sur une technologie bien plus performante : les communications optiques par laser.
Aujourd’hui, après plusieurs missions Pathfinder qui ont validé la technologie en conditions réelles (y compris des liaisons espace-air et espace-sol), l’entreprise passe à la vitesse supérieure avec le déploiement de sa première tranche opérationnelle. Si tout se déroule comme prévu, Kepler deviendra la première société au monde à placer en orbite basse un système complet basé sur un réseau de relais optiques.
Comment fonctionne ce réseau laser révolutionnaire ?
Chaque satellite de cette première vague est équipé d’au minimum quatre terminaux optiques. Ces dispositifs permettent d’établir des liaisons laser à très haut débit et à très faible latence entre les satellites eux-mêmes, mais aussi avec des avions, des drones ou des stations au sol.
Contrairement aux systèmes radio classiques, qui subissent des interruptions lorsque les satellites passent hors de portée des stations terrestres, le réseau de Kepler fonctionne comme un maillage IP dynamique. Les données voyagent de satellite en satellite à la vitesse de la lumière jusqu’à trouver le chemin le plus court vers leur destination finale.
« Le relais optique redéfinit la manière dont les systèmes spatiaux communiquent, opèrent et créent de la valeur. Il supprime la latence élevée et les goulots d’étranglement des liaisons RF traditionnelles, permettant à nos clients de transférer des données en continu, de façon sécurisée et à la vitesse de la lumière. »
– Mina Mitry, CEO et cofondateur de Kepler Communications
Et ce n’est pas tout. Ces satellites ne se contentent pas de relayer des informations : ils intègrent également des capacités de calcul embarqué (edge computing spatial). Des processeurs GPU et CPU distribués permettent de traiter et d’analyser les données directement en orbite, sans attendre une liaison descendante vers la Terre. Une véritable révolution pour les secteurs qui génèrent des volumes massifs de données brutes.
Un lancement stratégique pour devancer les géants
Si ce lancement réussit, Kepler aura réalisé une première mondiale : déployer un système opérationnel de relais optique en orbite basse avant des acteurs comme Starlink (SpaceX) ou les projets Kuiper d’Amazon, pourtant bien plus massivement financés.
John Ruffolo, investisseur et fervent soutien de l’entreprise, ne cachait pas son enthousiasme : ce serait une victoire symbolique forte pour l’écosystème spatial canadien, capable de rivaliser avec les mastodontes américains.
Le parcours de Kepler impressionne déjà. Depuis sa création, la société a levé plus de 200 millions de dollars, dont un tour de série C de 122,7 millions CAD en 2023. Elle exploite aujourd’hui l’une des plus importantes flottes de satellites commerciaux au Canada.
Des applications concrètes déjà en vue
Parmi les premiers clients enthousiastes, on retrouve Axiom Space, qui a acquis dès avril 2025 des capacités de calcul orbital pour proposer du cloud computing depuis l’espace. De quoi ouvrir la voie à des services innovants pour le public comme pour le privé.
Les domaines d’application sont immenses :
- Observation de la Terre en temps réel (livraison instantanée d’images et d’analyses)
- Communications sécurisées pour la défense et les opérations critiques
- Support continu pour les missions habitées (liaisons haut débit avec équipages)
- Edge computing pour l’IA et l’analyse de données massives en orbite
Des personnalités emblématiques suivent le projet de près. L’astronaute canadien Chris Hadfield a rejoint l’équipe en tant que conseiller en octobre 2025 et sera présent lors du lancement, aux côtés de John Ruffolo et de l’ancien PDG de Rogers, Joe Natale.
Et après ce lancement ?
Ce premier lot de dix satellites n’est que le début. Kepler prévoit déjà des lancements supplémentaires pour densifier sa constellation, augmenter la capacité globale et intégrer des technologies encore plus avancées, notamment des liaisons optiques à 100 gigabits par seconde dans les prochaines tranches.
Tout est pensé pour assurer la rétrocompatibilité et l’interopérabilité avec les standards de la Space Development Agency (SDA) américaine, mais aussi avec d’autres normes émergentes comme ESTOL. L’objectif ultime ? Devenir l’infrastructure de communication de référence pour l’ensemble de l’économie spatiale, des orbites basses jusqu’aux missions lunaires et au-delà.
Si vous êtes passionné par l’espace, les technologies de rupture ou les startups qui osent défier les géants, retenez bien le nom de Kepler Communications. Ce week-end de janvier 2026 pourrait bien entrer dans les annales comme le jour où une entreprise canadienne a ouvert une nouvelle ère dans les communications orbitales.
Le futur de l’espace se connecte à la vitesse de la lumière… et il porte un nom bien de chez nous.