
L’avenir des Finances Publiques avec la France
Alors que le gouvernement vient d'être renversé suite au rejet de son budget 2024, la France se retrouve dans une situation inédite : naviguer à vue pour ses finances publiques en 2025, sans cap ni boussole. Cela soulève de nombreuses interrogations quant à l'avenir budgétaire et fiscal du pays. Quels sont les vrais enjeux ? Décryptage.
Un budget 2025 dans le brouillard
Suite à la chute du gouvernement Barnier début décembre 2024, la France se retrouve privée de loi de finances pour 2025. Le projet initial, qui prévoyait 300 milliards d'euros d'émissions nettes de rachat, est devenu caduc. Seule certitude à ce stade : ce montant devrait être maintenu, mais pourrait évoluer en cours d'année en fonction d'un éventuel nouveau budget voté.
Plus surprenant encore, aucun objectif d'émissions de CO2 n'est fixé pour le moment. De quoi s'interroger sur les priorités et la trajectoire souhaitées par l'exécutif en matière de transition écologique...
La (lourde) facture de la dette
Principal point noir des finances publiques françaises : l'ampleur de la dette. Avec un ratio proche de 120% du PIB et un besoin de financement de 300 milliards pour la seule année 2025, difficile de voir comment la France pourra réduire significativement son endettement dans les années à venir.
La crise a fait exploser la dette publique française, qui dépasse désormais largement les 120% du PIB. Un niveau préoccupant qui grève nos marges de manœuvre.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France
Si les taux restent bas pour l'instant, le risque d'un emballement n'est pas à exclure, ce qui renchérirait encore le coût de la dette. Un cercle vicieux qui menace la soutenabilité à long terme des finances publiques.
Réformer pour dégager des marges
Pour sortir de l'ornière, la France va devoir s'attaquer sérieusement à plusieurs chantiers de réforme, avec en ligne de mire la nécessité de faire des économies et de relancer la croissance. Parmi les pistes envisagées :
- Une vaste réforme fiscale, pour simplifier et rendre plus lisible notre système d'imposition.
- Un contrôle accru des dépenses publiques, via des revues régulières des politiques menées.
- Un nouveau pacte de responsabilité avec les collectivités locales, premiers investisseurs publics.
Il faudra aussi miser sur les secteurs d'avenir, comme la transition écologique, le numérique ou encore la santé, pour doper la croissance et l'emploi. Un défi immense, mais qui peut aussi être source d'opportunités pour peu qu'on s'en donne les moyens.
Investir dans la transition énergétique
Justement, l'absence d'objectifs d'émissions dans le budget 2025 inquiète certains observateurs. La France, qui s'est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050, doit massivement investir dans les énergies renouvelables et la rénovation thermique des bâtiments.
Le coût est évalué à plusieurs dizaines de milliards d'euros par an, un effort indispensable pour verdir notre mix énergétique et réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Mais cela ne sera pas possible sans une vision budgétaire de long terme et un vrai volontarisme politique sur le sujet.
Impliquer les citoyens dans les choix
Enfin, dernière piste à explorer pour refonder nos finances publiques : mieux associer les Français aux décisions stratégiques. Via des consultations, des budgets participatifs ou la création d'une assemblée citoyenne du budget par exemple.
L'idée ? Redonner du sens à l'impôt et responsabiliser chacun sur les grands choix collectifs. Car on ne pourra pas faire l'économie d'un débat sur le niveau acceptable de dépenses et de prélèvements, au regard de la qualité des services publics attendus et de nos priorités de long terme, écologiques et sociales notamment.
Vous l'aurez compris, la France a du pain sur la planche pour remettre de l'ordre dans ses finances publiques et tracer une trajectoire soutenable à horizon 2030-2050. Cela passera forcément par des arbitrages difficiles, mais ô combien nécessaires pour préserver notre modèle et léguer un pays en bonne santé économique aux générations futures. Le plus tôt sera le mieux !