
L’avenir incertain des navigateurs Web après les poursuites antitrust
Depuis une décennie, l'espace des navigateurs Web était dominé sans partage par Google Chrome, fort de sa position ultra-majoritaire. Mais le vent pourrait tourner de manière inattendue. Le ministère américain de la Justice (DOJ) veut en effet forcer Google à vendre Chrome, estimant que le géant de la recherche abuse de son monopole. Une décision lourde de conséquences pour l'avenir des navigateurs et du Web en général.
Chrome, un monopole incontestable mais menacé
Lancé en 2008, Google Chrome s'est progressivement imposé comme le navigateur dominant, utilisé aujourd'hui par près de 70% des internautes dans le monde. Mais cette position hégémonique a fini par attirer l'attention des régulateurs antitrust.
Les navigateurs ne sont pas une activité rentable en soi. Ce sont des produits d'appel pour d'autres services connectés car personne ne veut payer pour la fenêtre sur le Web.
Extrait du podcast BetaKit
Le DOJ estime que Google utilise sa mainmise sur les navigateurs, via Chrome, pour renforcer illégalement son monopole dans la recherche en ligne et la publicité. Vendre Chrome permettrait de casser ce monopole vertical. Mais cela changerait-il vraiment la donne ?
Des acheteurs potentiels peu nombreux
Peu d'entreprises tech disposent aujourd'hui des ressources nécessaires pour racheter et maintenir un navigateur de l'envergure de Chrome. Apple et Microsoft ont déjà leurs propres navigateurs. Meta ou Amazon pourraient être intéressés, mais sont eux-mêmes dans le viseur antitrust. Finalement, seuls quelques acteurs asiatiques comme Samsung ou Alibaba semblent en capacité de se positionner.
Quelle valeur sans les autres services Google ?
La force de Chrome repose beaucoup sur son intégration étroite avec les autres services de Google, en particulier son moteur de recherche et le système publicitaire. Isolé, Chrome pourrait perdre beaucoup de son attrait et de son avance technologique. Comme le souligne un extrait du podcast BetaKit :
Les navigateurs ne sont pas une activité rentable en soi. Ce sont des produits d'appel pour d'autres services connectés car personne ne veut payer pour la fenêtre sur le Web.
L'IA, futur grand chamboulement ?
Au-delà des questions de concurrence, l'essor de l'intelligence artificielle promet de rebattre les cartes. De nouveaux types d'interfaces conversationnelles ou prédictives pourraient supplanter les moteurs de recherche et navigateurs traditionnels. Google et les autres géants de la Silicon Valley en sont bien conscients et investissent massivement dans l'IA pour ne pas se faire doubler.
Des initiatives ambitieuses mais encore peu convaincantes
Quelques startups tentent de réinventer la navigation Web, à l'image du navigateur Arc récemment abandonné par The Browser Company. Malgré des concepts innovants, ces initiatives peinent pour l'instant à convaincre le grand public et à rivaliser avec les mastodontes en place. Rob Kenedi, entrepreneur canadien, se penche sur ces enjeux de disruption dans son nouveau podcast vidéo Decelerator.
Les évolutions récentes montrent que le marché des navigateurs est loin d'être figé :
- Pression antitrust croissante sur les géants de la tech.
- Percée de l'IA générative et des agents conversationnels.
- Appétit des utilisateurs pour des expériences plus fluides et intuitives.
Reste à savoir si cela suffira à faire émerger de nouveaux acteurs capables de bousculer la domination de Google et consorts. Les prochains mois s'annoncent déterminants, entre décisions de justice et innovations de rupture. Une chose est sûre : l'avenir du Web est plus ouvert que jamais.