
Le financement par dette pour les startups reste stable, peu importe le marché
« Les marchés changent, mais le financement par dette reste. » C'est le message qu'Amy Olah, responsable des originations pour le Canada et la côte ouest américaine chez CIBC Innovation Banking, souhaite faire passer aux entrepreneurs en quête de capitaux pour faire croître leur startup technologique.
Mme Olah a une longue expérience des hauts et des bas qu'ont traversés les startups au fil des dernières décennies. De la crise financière de 2008 à la pandémie de COVID-19 en passant par l'effondrement de banques régionales américaines en 2023, elle a vu les fondateurs s'adapter à des environnements radicalement différents.
Pourtant, à travers ces soubresauts, une constante demeure selon elle : l'attrait du financement par dette, ou venture debt en anglais. Cette forme de prêt sur mesure pour les startups en phase d'amorçage, qui n'ont souvent pas encore atteint la rentabilité ni d'importantes garanties à offrir, permet d'obtenir du capital de croissance sans diluer l'équité.
Un partenaire stratégique en tout temps
« La structure fondamentale du financement par dette ne change pas, peu importe le contexte économique », souligne Amy Olah. Ce qui varie, c'est plutôt la perception qu'en ont les entrepreneurs et leur degré de confort à y recourir, selon elle.
En période de vaches grasses, quand les valorisations sont élevées et les investisseurs en capital de risque généreux, les fondateurs peuvent être tentés de choisir leur prêteur uniquement en fonction du taux d'intérêt ou du montant offert. Mme Olah les met toutefois en garde contre cette approche à courte vue :
Je rappelle souvent aux fondateurs de ne pas nécessairement opter pour l'offre la moins chère ou la plus élevée, mais de considérer avec qui ils veulent établir une relation à long terme.
Amy Olah, CIBC Innovation Banking
Elle recommande de choisir un prêteur qui connaît bien leur secteur, qui est ancré dans l'écosystème des startups et qui fait preuve de flexibilité. Bref, un véritable partenaire stratégique plutôt qu'un simple fournisseur de capital.
Prolonger son runway en temps de crise
Cette expertise prend toute son importance quand la conjoncture se gâte et que les sources de financement se tarissent. C'est dans ces moments que le venture debt s'avère précieux pour étirer la durée de vie d'une startup, ou son runway, sans trop sacrifier d'équité.
Cependant, les prêteurs deviennent alors plus prudents et sélectifs. Ils examinent de près la gestion de trésorerie, l'alignement avec les investisseurs en capital de risque et la capacité de naviguer un ralentissement économique.
Si vous êtes incertain de vos revenus futurs ou mal à l'aise avec les clauses proposées, le financement par dette n'est peut-être pas la bonne option pour vous en ce moment.
Amy Olah, CIBC Innovation Banking
Bien choisir son partenaire financier
Il faut dire que certains événements comme l'effondrement de la Silicon Valley Bank en mars 2023 ont ébranlé la confiance. Du jour au lendemain, des startups ayant des prêts en cours auprès de SVB se sont retrouvées en quête de nouveaux partenaires bancaires.
Amy Olah souligne que les prêteurs canadiens sont plus stables et moins vulnérables à ce genre de crise de liquidités, notamment grâce à leurs liens avec de grandes banques bien capitalisées comme CIBC. Les startups ont avantage à s'informer sur la façon dont leurs partenaires financiers potentiels ont traversé les périodes de stress avec leurs clients par le passé.
L'équipe d'Innovation Banking de CIBC compte 25 ans d'expérience auprès des entreprises technologiques et des sciences de la vie en démarrage et en croissance, en faisant l'un des plus importants prêteurs spécialisés au Canada.
Je n'ai encore jamais rencontré de fondateur dont la trajectoire a été une ligne droite vers le succès. Ce sont des parcours avec des hauts et des bas, et il est important d'avoir des partenaires en capital et en dette qui ont vécu ces montagnes russes.
Amy Olah, CIBC Innovation Banking
Une tendance appelée à se maintenir
Malgré les aléas du marché, Amy Olah est convaincue que le financement par dette va demeurer une option incontournable pour les startups, en bonne comme en mauvaise conjoncture économique. Elle constate d'ailleurs son adoption croissante par les entrepreneurs canadiens, sous l'influence de leurs homologues américains.
« Le venture debt n'est pas près de disparaître. Il ne fait que gagner en popularité », affirme-t-elle. Selon elle, l'écart qui subsiste entre le Canada et les États-Unis à cet égard n'est pas une question de disponibilité du capital, mais de familiarité des fondateurs avec ce mode de financement. Plus ils y auront recours, plus ils seront à l'aise de l'intégrer à leur stratégie de croissance.
Chose certaine, ils peuvent compter sur l'accompagnement d'institutions comme CIBC Innovation Banking pour les guider à travers les cycles économiques, qu'ils soient porteurs ou plus tumultueux. Car au final, le partenaire compte autant que le produit financier.