Le Royaume-Uni face aux défis des réseaux sociaux incitant à la violence

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Le Royaume Uni face aux défis des réseaux sociaux incitant à la violence   Innovationsfr
août 8, 2024

Le Royaume-Uni face aux défis des réseaux sociaux incitant à la violence

L'ampleur des violences urbaines qui ont embrasé le Royaume-Uni ces derniers jours interroge sur le rôle joué par les réseaux sociaux dans la propagation de fausses informations et l'organisation des émeutes. Face à cette situation alarmante, le régulateur britannique d'internet Ofcom a diffusé un message à l'attention des plateformes, les invitant à agir pour limiter les risques d'incitation à la violence. Mais son pouvoir reste pour l'instant borné.

Des émeutes nourries par la désinformation en ligne

Le meurtre tragique de trois adolescentes le 30 juillet à Southport a déclenché une vague de violences civiles dans plusieurs villes d'Angleterre et d'Irlande du Nord. Pillages, incendies criminels, attaques racistes... Les autorités pointent du doigt de groupes d'extrême-droite et des "voyous" qui auraient profité du drame pour semer le chaos.

Mais les réseaux sociaux ont joué un rôle clé dans l'embrasement en propageant massivement de fausses informations sur l'identité du suspect arrêté, un mineur de 16 ans. Dans le vide créé par les restrictions empêchant les médias de le nommer, des activistes d'extrême-droite ont fait circuler sur des plateformes comme X (ex-Twitter) la rumeur infondée que l'assaillant était un demandeur d'asile musulman.

Ces mêmes réseaux ont aussi été utilisés pour organiser les troubles, via des applications comme Telegram. Une influence toxique et inflammatoire que même le propriétaire de X, Elon Musk, a attisé en interagissant avec des influenceurs d'extrême-droite et en répandant des théories complotistes.

L'appel à la responsabilité du régulateur Ofcom

Face à ces dérives, Ofcom, le régulateur d'internet au Royaume-Uni, a publié une lettre ouverte aux plateformes pour leur rappeler leur devoir de vigilance contre les contenus susceptibles d'inciter à la violence et à la haine. Un message signé par Gill Whitehead, la directrice de la sécurité en ligne chez Ofcom.

Certains des sites et applications en ligne les plus utilisés devront à terme aller encore plus loin, en appliquant de manière cohérente leurs conditions d'utilisation, qui interdisent souvent des choses comme les discours de haine, l'incitation à la violence et la désinformation préjudiciable.

Gill Whitehead, Ofcom

Gill Whitehead précise qu'une fois les codes de pratiques et les directives définitives publiées, les plateformes auront trois mois pour évaluer les risques de contenus illégaux et prendre des mesures appropriées pour les stopper et les supprimer rapidement.

En théorie, Ofcom dispose d'un pouvoir de sanction pouvant aller jusqu'à 10% du chiffre d'affaires annuel mondial des contrevenants. Des amendes qui pourraient se chiffrer en milliards pour les géants de la tech. Problème : ce régime n'entrera en vigueur qu'en 2025, le temps de consultations sur sa mise en œuvre.

Un cadre encore trop faible face à l'urgence ?

Certains estiment qu'Ofcom devrait pouvoir agir plus vite et plus fortement face à l'urgence. L'ancien ministre Damian Collins a ainsi exhorté le régulateur à prévenir fermement les géants de la tech qu'ils seront contrôlés sur leur gestion de ces évènements.

Les communications sur les plateformes de médias sociaux qui incitent à la violence, créent une véritable peur d'être victime d'actes violents, qui incitent à la haine raciale, ce sont déjà des infractions réglementaires en vertu de la loi.

Damian Collins, ancien ministre britannique

Mais à ce stade, la lettre d'Ofcom n'a pas de portée contraignante. Le régulateur ne peut que suggérer mollement aux plateformes qu'elles "peuvent agir maintenant". Un vœu pieux face à des acteurs comme Elon Musk, plus prompt à jeter de l'huile sur le feu qu'à modérer sa plateforme.

L'affaire souligne les limites actuelles de la régulation britannique face aux dérives des réseaux sociaux. Si des outils existent sur le papier, leur mise en œuvre reste trop lente et aléatoire pour endiguer des phénomènes viraux aux conséquences dramatiques comme les émeutes de Southport. Le chemin vers une modération efficace et responsable s'annonce encore long et semé d'embûches.

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