
Les atouts d’un réseau sans fil sécurisé pour les parcs éoliens offshore
Imaginez des éoliennes en mer, à des dizaines de kilomètres des côtes, connectées entre elles et au continent par un réseau sans fil ultra-sécurisé. C'est le pari audacieux du projet RAN industriel, porté par l'institut de recherche b<>com. Une innovation qui pourrait optimiser la connectivité et la cybersécurité des parcs éoliens offshore, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour l'Internet des objets industriel.
Les défis de la connectivité offshore
Aujourd'hui, les parcs éoliens en mer communiquent avec la terre via des câbles sous-marins. Une solution fiable, mais qui présente plusieurs limites :
- Risques de cybersécurité liés à la centralisation des données
- Vulnérabilité aux ruptures de câbles
- Absence de redondance pour assurer la continuité de service
Face à ces enjeux, les réseaux sans fil classiques ne sont pas adaptés, en raison des longues distances (30 à 70 km des côtes). C'est là qu'intervient le projet novateur de b<>com.
RAN industriel : la promesse d'un réseau souverain
Le RAN (Radio Access Network) industriel imaginé par b<>com se veut une solution sans fil sécurisée et souveraine. Son principe : utiliser des technologies comme la 5G ou la 6G pour échanger des informations chiffrées et traiter les données localement.
Concrètement, chaque parc serait équipé d'un concentrateur capable de collecter les données des capteurs (fixes ou mobiles comme des drones sous-marins), ainsi que les communications voix et data du personnel de maintenance. Le tout de façon sûre et résiliente.
Notre objectif est d'apporter une véritable rupture technologique, en ouvrant la voie aux réseaux industriels privatifs de nouvelle génération.
Jean-Marc Lericolais, responsable Innovation à b<>com
Un projet pilote dès 2024
Pour valider son concept, b<>com prévoit un premier pilote sur le parc éolien de Saint-Brieuc, opéré par Ailes Marines. Ce site de 62 éoliennes, situé à 16 km des côtes bretonnes, servira de terrain d'expérimentation.
Les équipes techniques travaillent en partenariat avec les experts en offshore de l'Université Gustave Eiffel. L'objectif est de qualifier en laboratoire les performances du RAN industriel, avant de le tester en conditions réelles dès 2024.
Vers une généralisation aux infrastructures isolées
Au-delà de l'éolien, ce réseau innovant a vocation à s'étendre à d'autres secteurs ayant des sites distants et autonomes. On pense notamment aux parcs photovoltaïques, aux datacenters en zones reculées, ou encore aux installations pétrolières et gazières offshore.
Autant de cas d'usage où la connectivité sans fil sécurisée apporterait un gain opérationnel et une meilleure cybersécurité. Pour les industriels, c'est aussi l'opportunité d'accélérer leur transformation digitale en s'appuyant sur des solutions souveraines.
L'IoT industriel entre dans une nouvelle ère
Avec le RAN industriel, l'Internet des objets franchit un cap dans les environnements les plus exigeants. Surveillance prédictive des équipements, maintenance à distance, jumeaux numériques... Les possibilités offertes par ce réseau nouvelle génération sont immenses !
Reste à convaincre les exploitants d'infrastructures critiques, souvent frileux à l'idée de basculer vers des technologies innovantes mais encore peu éprouvées. Le succès des pilotes comme celui de Saint-Brieuc sera donc déterminant pour bâtir la confiance.
Une chose est sûre : avec ce projet ambitieux, b<>com ouvre un nouveau chapitre de l'IoT industriel. Et prouve que les réseaux sans fil ont de beaux jours devant eux, y compris dans les environnements les plus hostiles !