
Les Grèves chez Volkswagen: Le Syndicat IG Metall Fait Monter la Pression
Le conflit social couvait depuis des mois, il est désormais sur le point d'éclater au grand jour. En Allemagne, le puissant syndicat de la métallurgie IG Metall hausse le ton face au constructeur automobile Volkswagen. Objectif : faire plier la direction sur les salaires et le vaste plan de restructuration annoncé début septembre. Les deux parties vont se retrouver une nouvelle fois autour de la table des négociations le 9 décembre prochain, dans un climat particulièrement tendu.
IG Metall sort l'arme de la grève
Pour mettre la pression sur Volkswagen avant cette échéance cruciale, IG Metall a décidé de passer à la vitesse supérieure en brandissant la menace de grèves d'avertissement dès le 1er décembre. Ces débrayages, qui durent généralement quelques heures, sont relativement rares chez le constructeur de Wolfsburg, plus habitué à trouver des compromis avec les représentants du personnel.
Mais cette fois, le syndicat veut frapper fort et espère mobiliser davantage que les quelque 10 000 salariés déjà descendus dans la rue depuis l'annonce du plan de restructuration. Il faut dire que l'enjeu est de taille : pour redresser ses comptes et réaliser 4 milliards d'euros d'économies, Volkswagen envisagerait des mesures radicales :
- Fermeture d'au moins trois usines sur les dix du groupe en Allemagne
- Suppression de 30 000 emplois (sur 300 000 actuellement)
- Réduction des salaires de 10%
Des fermetures de sites "inévitables" selon la direction
Dans un entretien accordé au journal Welt am Sonntag, le patron de la marque VW Thomas Schäfer a jugé ces fermetures "inévitables", malgré l'impact économique et social majeur dans les régions concernées. Le groupe étudie actuellement quels sites pourraient être sacrifiés, les noms d'Emden, Osnabrück et Dresde revenant avec insistance.
Nous avons étudié toutes les pistes : amélioration des process, baisse des coûts logistiques et de matériel… Mais il manquerait encore quatre milliards d'euros d'économies pour que l'entreprise soit suffisamment solide.
Thomas Schäfer, patron de la marque Volkswagen
La direction justifie cette cure d'austérité par les coûts élevés des matériaux et de l'énergie, la baisse des ventes en Europe et en Chine, ainsi qu'un marché atone pour les véhicules électriques. Des arguments balayés par IG Metall, qui dénonce des "aveux de faiblesse" et des "erreurs stratégiques" de la part des dirigeants.
Un plan alternatif proposé par les syndicats
Conscients de la nécessité de réduire les coûts, les représentants du personnel ont élaboré leur propre plan d'économies, chiffré à 1,5 milliard d'euros. Il prévoit notamment :
- Une réduction du temps de travail
- L'abandon du versement des primes en 2025 et 2026
En parallèle, IG Metall réclame des hausses de salaires conséquentes pour compenser l'inflation. Le syndicat aimerait que Volkswagen s'inspire d'un accord récemment conclu dans la métallurgie, prévoyant une augmentation de 5,1% en deux étapes. Une demande jugée irrecevable par la direction dans le contexte actuel.
Vers un "hiver chaud" chez Volkswagen ?
Pour l'heure, les positions semblent irréconciliables entre le constructeur et le syndicat. Si aucun accord n'est trouvé lors des négociations du 9 décembre, IG Metall promet un "hiver chaud", avec des grèves de 24 heures voire des arrêts de travail illimités sur les sites allemands de Volkswagen.
Le bras de fer ne fait que commencer et pourrait durer plusieurs semaines, dans un contexte social déjà tendu en Allemagne, entre flambée des prix de l'énergie et craintes de récession. Chez Volkswagen comme ailleurs, la question du pouvoir d'achat sera au cœur des discussions salariales. Avec à la clé, le risque de mouvements sociaux d'ampleur dans les prochains mois.