
L’Espionnage chez Rippling : Un Scandale Digne d’un Film
Imaginez un instant : un employé lambda, travaillant dans une startup florissante, se retrouve au cœur d’une intrigue digne d’un thriller hollywoodien. C’est exactement ce qui s’est passé chez Rippling, une plateforme de gestion des ressources humaines, où un salarié a confessé avoir joué les espions pour Deel, son rival acharné. Cette affaire, révélée en avril 2025, mêle trahison, paiements en cryptomonnaie et une chasse à l’homme dans les bureaux de Dublin. Plongeons dans ce récit captivant qui secoue le monde des startups.
Un Scandale qui Redéfinit la Concurrence
Dans l’univers impitoyable des technologies RH, Rippling et Deel se livrent une guerre sans merci pour dominer le marché. Mais cette fois, la rivalité a pris une tournure inattendue. Le 1er avril 2025, un affidavit signé par Keith O’Brien, employé de Rippling, a été rendu public, exposant une opération d’espionnage orchestrée par les plus hauts dirigeants de Deel. Ce document, aussi haletant qu’un roman d’espionnage, dévoile comment une simple embauche a dégénéré en une affaire de **secrets commerciaux** volés et de coups bas.
Les Origines d’une Trahison
Tout commence en juillet 2023, lorsque Keith O’Brien rejoint Rippling à Dublin, dans le département de la paie globale. Quelques mois plus tard, en 2024, il tente sa chance chez Deel, sans succès. Mais ce refus marque le début d’une relation trouble. Via LinkedIn, il entre en contact avec Alex Bouaziz, PDG de Deel, et son père Philippe, directeur financier. Ces derniers, flairant une opportunité, lui proposent un marché aussi audacieux qu’illégal : rester chez Rippling et leur transmettre des informations sensibles.
La proposition est alléchante : 5 000 € par mois, avec un premier versement de 6 000 $ en cryptomonnaie. O’Brien accepte et se transforme en taupe, fouillant les outils internes de Rippling – Slack, Google Drive – pour livrer des données précieuses : listes de prospects, roadmaps produits, noms d’employés stars. Pendant quatre mois, il joue un double jeu, pensant effacer ses traces. Mais la technologie a ses limites, et lui, ses failles.
Un Piège Tendu avec Soin
Rippling, soupçonnant une fuite, décide de tendre un piège ingénieux. Une lettre menaçante est envoyée à Deel, mentionnant des informations compromettantes discutées dans un canal Slack fictif nommé “d-defectors”. O’Brien, suivant les ordres de Deel, y effectue une recherche. Ce simple clic le trahit. Le 14 mars 2025, un avocat le confronte dans les bureaux de Rippling avec une ordonnance judiciaire. Paniqué, il cache son téléphone, le réinitialise dans les toilettes et tente de faire croire qu’il l’a jeté dans les canalisations.
J’ai effacé mon téléphone aux toilettes et prétendu l’avoir flushé.
– Keith O’Brien, dans son affidavit
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. O’Brien va plus loin : il détruit son ancien téléphone à la hache chez sa belle-mère, suivant les conseils de contacts qu’il pense être des avocats de Deel. Cette scène, presque comique dans son absurdité, illustre la panique d’un homme pris au piège de ses propres choix.
Les Répercussions d’un Scandale
La réaction de Deel ne se fait pas attendre. Après avoir échangé avec O’Brien, ses dirigeants lui suggèrent de fuir à Dubaï – un choix stratégique en raison des lois d’extradition – et de prétendre être un lanceur d’alerte victime de Rippling. O’Brien suit d’abord le plan, accusant Rippling de faciliter des paiements russes illégaux. Mais, rongé par l’anxiété, il finit par engager son propre avocat et choisit de coopérer avec les autorités.
De son côté, Rippling ne mâche pas ses mots. La société porte plainte contre Deel, invoquant des violations graves, allant de la loi RICO – souvent associée au crime organisé – au vol de secrets commerciaux. L’avocat de Rippling, Alex Spiro, déclare :
Les preuves sont accablantes. Les dirigeants de Deel seront tenus responsables.
– Alex Spiro, conseil juridique de Rippling
Une Rivalité aux Allures de Farce
Ce n’est pas la première fois que Rippling et Deel s’affrontent de manière spectaculaire. En 2024, Rippling avait lancé une campagne marketing provocatrice, *Snake Game*, visant directement son rival. Mais cette fois, l’escalade atteint un nouveau sommet. Eynat Guez, PDG de Papaya Global, une autre concurrente, salue l’initiative de Rippling :
“Merci à Parker Conrad d’avoir mis fin à ces pratiques”, a-t-elle tweeté, suggérant que ce type d’espionnage pourrait être plus répandu qu’on ne le pense. Cette affaire soulève une question cruciale : jusqu’où les startups sont-elles prêtes à aller pour surpasser leurs concurrents ?
Les Leçons à Tirer
Ce scandale met en lumière plusieurs réalités du monde des startups technologiques :
- La concurrence peut rapidement virer à l’obsession, poussant certains à franchir des lignes éthiques.
- Les outils numériques, bien que puissants, laissent des traces difficiles à effacer.
- La loyauté des employés est mise à rude épreuve dans un secteur où les opportunités abondent.
Pour Rippling, cette affaire est une victoire symbolique, mais elle pourrait aussi ternir son image. Quant à Deel, le silence de ses dirigeants face aux accusations laisse planer le doute. Une chose est sûre : cette histoire n’a pas fini de faire parler d’elle.
Un Avenir Incertain
Alors que l’enquête suit son cours, les regards se tournent vers les tribunaux. Rippling affirme détenir des preuves irréfutables, tandis que Deel promet des contre-attaques. Entre les deux, Keith O’Brien, l’homme au centre de cette tempête, incarne le prix humain d’une rivalité exacerbée. Ce scandale, aussi rocambolesque soit-il, rappelle que derrière les innovations technologiques se cachent parfois des luttes bien plus sombres.
Et vous, que pensez-vous de cette affaire ? La compétition entre startups doit-elle avoir des limites, ou est-ce simplement le jeu impitoyable de l’innovation ? Une chose est certaine : dans le monde des technologies RH, le prochain rebondissement n’est jamais loin.