
L’Ex-CEO de Blue Origin Boostera General Fusion
Et si l’énergie du futur était déjà entre nos mains ? Imaginez un monde où les centrales nucléaires ne produisent ni déchets radioactifs ni émissions de carbone, mais une énergie propre, quasi illimitée. C’est le pari audacieux de General Fusion, une entreprise canadienne qui vient de recruter Bob Smith, ancien PDG de Blue Origin, pour accélérer sa quête d’une révolution énergétique. Ce mariage entre expertise spatiale et innovation terrestre pourrait bien changer la donne.
Une alliance stratégique pour l’énergie de demain
Basée à Richmond, en Colombie-Britannique, General Fusion ne fait pas les choses à moitié. En s’associant à Bob Smith, un vétéran de l’industrie aérospatiale, l’entreprise mise sur une vision ambitieuse : commercialiser des réacteurs à fusion d’ici le milieu des années 2030. Smith, qui a dirigé Blue Origin sous l’égide de Jeff Bezos, apporte avec lui un bagage impressionnant, forgé dans des entreprises comme Honeywell ou Sandia Labs.
Son rôle ? Conseiller stratégique. Il guidera General Fusion dans le développement de sa technologie et dans sa croissance sur un marché mondial en quête de solutions durables. Une mission qui résonne avec ses convictions profondes sur l’avenir énergétique.
« La fusion sera la dernière source d’énergie dont l’humanité aura besoin. »
– Bob Smith, ancien PDG de Blue Origin
La fusion nucléaire : une promesse révolutionnaire
Contrairement à la fission nucléaire, qui alimente nos centrales actuelles, la **fusion nucléaire** imite le processus qui fait briller le soleil. Elle combine des atomes légers pour libérer une énergie colossale, sans les inconvénients des déchets à long terme. General Fusion se distingue par son approche unique : la *fusion par cible magnétisée*.
Cette méthode repose sur une compression mécanique rapide pour générer des impulsions de plasma. L’objectif ? Réduire les coûts et rendre les réacteurs plus compacts, capables de s’installer près des grandes villes. Une idée qui pourrait transformer notre rapport à l’énergie.
Un parcours semé d’embûches et d’espoir
General Fusion a franchi une étape clé en mars dernier avec le démarrage de sa machine Lawson 26 (LM26), un démonstrateur technologique. Mais le chemin reste long. L’entreprise doit encore atteindre le seuil dit de « breakeven scientifique », où l’énergie produite égalerait celle nécessaire pour chauffer le plasma. Un défi technique colossal.
Pourtant, l’optimisme est de mise. Avec 440 millions de dollars canadiens levés, dont 69 millions via le Fonds stratégique pour l’innovation du Canada, General Fusion bénéficie d’un soutien solide. Le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, voit en elle un « innovateur puissant » qui perpétue la tradition canadienne en science nucléaire.
Bob Smith : de l’espace à la Terre
Pourquoi un ancien patron de l’aérospatiale s’intéresse-t-il à la fusion ? Pour Smith, c’est une suite logique. Après avoir suivi de près les avancées dans ce domaine tout au long de sa carrière, il voit dans cette technologie une réponse aux défis climatiques. Réduire les émissions de carbone et limiter les pires effets du réchauffement : voilà ce qui le motive.
Son passage chez Blue Origin, bien que marqué par des succès comme le premier vol habité en 2021, a aussi connu des critiques. L’entreprise a pris du retard face à SpaceX, notamment avec le lancement tardif de sa fusée New Glenn en janvier 2025. Ce bagage, mêlé de réussites et de leçons, fait de lui un atout précieux pour General Fusion.
Une technologie qui défie les conventions
L’approche de General Fusion tranche avec les méthodes classiques. Là où d’autres projets misent sur des lasers ou des aimants supraconducteurs pour maintenir le plasma en continu, l’entreprise canadienne opte pour des pulses courts. Une stratégie qui, si elle fonctionne, pourrait démocratiser la fusion en la rendant plus accessible et économique.
Imaginez : des réacteurs installés à proximité des métropoles, alimentant des millions de foyers sans polluer. Un rêve qui pourrait devenir réalité d’ici une décennie, si les milestones techniques sont atteints.
Les enjeux climatiques au cœur du projet
Le timing de cette annonce n’est pas anodin. Alors que les rapports sur le climat s’accumulent, la pression monte pour trouver des alternatives aux énergies fossiles. La fusion nucléaire, avec son potentiel d’énergie propre et inépuisable, apparaît comme une solution idéale. Mais elle doit encore prouver sa viabilité à grande échelle.
Pour General Fusion, l’arrivée de Bob Smith est un signal fort : l’entreprise passe à la vitesse supérieure. Avec son expertise, elle espère non seulement relever les défis techniques, mais aussi attirer de nouveaux investisseurs et partenaires.
Un modèle économique à inventer
Si la technologie est prometteuse, son intégration dans des centrales opérationnelles reste floue. Comment transformer ces impulsions de fusion en électricité stable ? Quels seront les coûts réels pour les consommateurs ? General Fusion n’a pas encore toutes les réponses, mais travaille d’arrache-pied pour les trouver.
Une chose est sûre : l’entreprise ne manque pas d’ambition. En visant une commercialisation d’ici 2035, elle se positionne comme un pionnier dans un secteur encore balbutiant, mais au potentiel immense.
Le Canada, terre d’innovation énergétique
General Fusion n’est pas seule dans cette aventure. Le Canada, avec son histoire riche en recherche nucléaire, offre un terreau fertile pour ce type de projet. De l’exploitation de l’uranium à la conception de réacteurs CANDU, le pays a toujours été à l’avant-garde. Aujourd’hui, il mise sur la fusion pour rester dans la course mondiale.
Le soutien gouvernemental, via des fonds publics, témoigne de cette volonté. Pour Jonathan Wilkinson, investir dans General Fusion, c’est investir dans l’avenir énergétique du Canada et de la planète.
Les prochaines étapes décisives
Le démonstrateur LM26 n’est qu’un début. General Fusion doit maintenant démontrer que sa technologie peut atteindre des températures suffisantes pour une fusion viable. Ensuite, il faudra concevoir un prototype de centrale capable de produire de l’électricité en continu.
- Atteindre le seuil de breakeven scientifique.
- Développer un réacteur commercial compact.
- Intégrer la technologie dans le réseau électrique.
Chaque étape sera scrutée par les experts et les investisseurs. Une réussite pourrait propulser General Fusion au rang de leader mondial de la fusion nucléaire.
Un avenir énergétique à portée de main ?
Et si Bob Smith avait raison ? Si la fusion devenait effectivement la « dernière source d’énergie » dont nous aurions besoin ? Pour l’instant, General Fusion avance pas à pas, portée par une vision qui mêle science, ambition et urgence climatique.
Dans un monde en quête de solutions durables, cette entreprise canadienne pourrait bien écrire une nouvelle page de l’histoire énergétique. Reste à savoir si elle tiendra ses promesses d’ici 2035. Une chose est certaine : avec Bob Smith à ses côtés, elle a toutes les cartes en main pour y parvenir.