
L’exploration minière en France : un renouveau stratégique
Et si les métaux du futur dormaient sous nos pieds ? C'est le pari que fait le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) en relançant un ambitieux programme d'exploration du potentiel minier français. Une décision stratégique à l'heure où la course aux métaux critiques s'accélère, sous l'impulsion de la transition énergétique. Plongée dans les enjeux de cette reconquête souterraine.
La France, une terre de métaux insoupçonnés ?
Lithium, cobalt, nickel, terres rares... Autant de matières premières devenues indispensables pour électrifier nos économies. Mais alors que la demande explose, la production reste concentrée dans une poignée de pays, Chine en tête. Un risque majeur pour la souveraineté industrielle européenne selon le dernier rapport Varin. D'où l'idée de repartir en quête de gisements "made in France", longtemps délaissés.
Il devrait y avoir pas mal de lithium dans notre sous-sol.
Christophe Poinssot, directeur général du BRGM
Un inventaire minier à actualiser
Le dernier inventaire minier du BRGM remonte aux années 1975-1995. Problème, il ne couvrait que 20% du territoire et les techniques d'exploration ont beaucoup évolué depuis. Le nouveau programme, doté de 53 millions d'euros sur 5 ans, vise donc à ausculter bien plus en profondeur le potentiel hexagonal :
- Collecte des données historiques et géologiques
- Campagnes géophysiques aéroportées (magnétisme, électromagnétisme...)
- Échantillonnage systématique des sédiments de rivières
De quoi générer une cartographie 3D du sous-sol français jusqu'à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Avec à la clé, l'espoir de détecter des gisements de lithium, tantale, germanium et autres métaux high-tech.
5 zones clés à explorer
L'exploration se concentrera sur 5 régions jugées les plus prometteuses :
- Ouest du Massif Central
- Zone Morvan-Brévenne
- Vosges
- Occitanie-Cévennes-Cerdagne
- Guyane
Manque à l'appel : la Bretagne et son Massif armoricain, pourtant pourvus d'un bon potentiel géologique. Mais dans une région où le sujet minier reste très sensible, le BRGM préfère avancer prudemment.
Des gisements aux mines, un long chemin
Attention, découvrir un gisement prometteur ne signifie pas pour autant qu'une mine sortira de terre rapidement. Tout projet doit d'abord décrocher un permis exclusif de recherches, puis évaluer précisément la rentabilité de l'exploitation (études, forages...). Le tout en obtenant l'acceptabilité sociale du territoire, souvent le plus grand défi. Comptez facilement 10 à 15 ans entre les premières explorations et l'ouverture d'une mine !
Vers un renouveau minier responsable ?
Au-delà des métaux, le programme du BRGM vise aussi à identifier les meilleurs sites de stockage géologique du CO2. Car décarboner l'industrie passera aussi par là. Autant d'informations précieuses pour accompagner une relance minière plus durable et acceptée. Alors, prêts à voir refleurir les corons version XXIe siècle ?