LinkedIn Poursuivi pour Partage Non Autorisé de Données Privées
Le réseau social professionnel LinkedIn se retrouve au cœur d'un nouveau scandale concernant la protection des données personnelles de ses utilisateurs. Après l'amende record de 320 millions d'euros infligée en octobre dernier par la CNIL irlandaise, c'est désormais la justice américaine qui est saisie d'une plainte collective à l'encontre de la filiale de Microsoft.
LinkedIn accusé d'avoir divulgué des messages privés à des tiers
Selon le recours déposé hier devant un tribunal fédéral de San José en Californie, LinkedIn aurait partagé les messages privés InMail de millions d'utilisateurs avec des entreprises tierces, sans leur consentement, dans le but d'entraîner des modèles d'intelligence artificielle. Une pratique considérée comme une violation des engagements de confidentialité pris par la plateforme, en particulier vis-à-vis de ses abonnés Premium.
Le client à l'origine de la plainte, d'Alessandro De La Torre, agit au nom de l'ensemble des utilisateurs concernés. Il pointe du doigt l'introduction discrète en 2024 d'une nouvelle option dans les paramètres de confidentialité, autorisant par défaut la collecte des données personnelles.
Une politique de confidentialité modifiée en catimini
La plainte reproche également à LinkedIn d'avoir modifié sa politique de confidentialité le 28 septembre pour permettre l'utilisation des données collectées dans le développement de l'IA, tout en précisant dans une FAQ que la désactivation de l'option ne pourrait pas annuler l'usage des informations déjà récupérées.
LinkedIn a violé ses engagements contractuels en divulguant les messages privés de ses clients Premium à des tiers pour former des modèles d'intelligence artificielle générative.
– Extrait de la plainte déposée contre LinkedIn
Des informations "extrêmement sensibles" en jeu
Toujours selon le recours en justice, les messages privés partagés contiendraient "des informations extrêmement sensibles et potentiellement bouleversantes sur l'emploi, la propriété intellectuelle, la rémunération et d'autres questions personnelles".
Les plaignants réclament des dommages-intérêts pour violation de contrat et non-respect de la loi californienne contre la concurrence déloyale. Une compensation de 1000 dollars par utilisateur est demandée en vertu de la loi sur les communications stockées.
LinkedIn nie en bloc les accusations
De son côté, LinkedIn réfute totalement les allégations portées à son encontre. Contacté par la presse américaine, un porte-parole de l'entreprise les a qualifiées de "fausses et dénuées de tout fondement".
Reste à voir si la justice donnera raison aux plaignants. Ce nouveau dossier risque en tout cas de ternir un peu plus l'image de LinkedIn en matière de respect de la vie privée, déjà écornée par les précédentes polémiques. Un nouvel épisode qui illustre les dérives possibles liées à l'utilisation des données personnelles dans le développement de l'intelligence artificielle.
- Des paramètres de confidentialité modifiés en douce
- Des millions d'utilisateurs concernés à leur insu
- Des données privées "extrêmement sensibles" en jeu
- LinkedIn nie en bloc les accusations portées