
Microsoft visé par une enquête de l’Autorité de concurrence française
Les géants de la tech américains ne sont plus à l'abri du regard inquisiteur des régulateurs, et c'est au tour de Microsoft de faire les frais d'une enquête approfondie. L'Autorité de la concurrence française vient en effet d'ouvrir une investigation visant le mastodonte de Redmond, soupçonné de pratiques anticoncurrentielles sur son moteur de recherche Bing.
Microsoft dans le viseur des autorités françaises
Selon les premières informations disponibles, l'enquête se concentrerait sur la façon dont Microsoft intègre la technologie de Bing auprès de plus petits moteurs de recherche concurrents. Le géant américain, qui domine le marché des systèmes d'exploitation avec Windows, est en effet un acteur majeur dans la fourniture de résultats de recherche à des acteurs plus modestes.
Or l'Autorité de la concurrence craint que Microsoft ne profite de sa position pour dégrader la qualité des résultats fournis à ses rivaux, afin de favoriser son propre moteur Bing. Une pratique qui pourrait relever de l'abus de position dominante et fausser le jeu de la concurrence. Le régulateur a donc décidé de se pencher sérieusement sur la question.
Une enquête approfondie qui pourrait coûter cher
Microsoft a réagi en déclarant "coopérer totalement avec l'enquête de l'Autorité". Mais le groupe devra se montrer convaincant pour éviter une lourde sanction. Si les soupçons étaient confirmés, l'enquête pourrait en effet déboucher sur des accusations formelles et une amende salée, à la hauteur des moyens colossaux de la firme.
Reste que même si Bing n'est pas le moteur de recherche numéro 1, loin derrière Google, Microsoft reste un acteur incontournable sur le marché de la fourniture de résultats. Ses concurrents, souvent de petite taille, sont très dépendants de sa technologie pour alimenter leurs propres services. Un rapport de force déséquilibré qui attire logiquement l'attention des gardes-fous de la concurrence.
Les géants de la tech de plus en plus surveillés
Ce coup de projecteur sur les pratiques de Microsoft illustre la pression croissante des autorités sur les géants du numérique. Abus de position dominante, captation indue des données, violation de la vie privée... Les mastodontes américains sont dans le collimateur des régulateurs du monde entier.
Les GAFAM se retrouvent bien souvent sur le banc des accusés, sommés de mieux respecter les règles du jeu dans un secteur ultra-dominé par une poignée d'acteurs surpuissants.
Microsoft, qui a déjà eu maille à partir avec Bruxelles sur de nombreux dossiers, se retrouve donc une nouvelle fois sous le feu des projecteurs. Preuve que malgré leurs efforts pour redorer leur blason, les firmes de la Silicon Valley sont condamnées à avancer sous haute surveillance. Une tendance lourde qui devrait encore s'accentuer dans les années à venir, alors que leur pouvoir d'influence suscite une défiance grandissante.
D'autant que les enjeux dépassent largement le simple droit de la concurrence. Derrière les questions de positions dominantes et de pratiques commerciales, ce sont des sujets éminemment politiques qui se jouent : souveraineté numérique, partage de la valeur, contrôle des données et des contenus... Autant de défis cruciaux pour l'avenir, sur lesquels les États entendent bien reprendre la main face à la toute-puissance des GAFAM. L'enquête visant Microsoft n'est qu'une étape supplémentaire dans cette vaste offensive tout juste commencée.