Neuf Startups Canadiennes brillent dans le Global Cleantech 100 2026
Et si le véritable moteur de la transition énergétique mondiale battait actuellement au rythme canadien ? Alors que les tensions géopolitiques autour des matières premières critiques s'intensifient, neuf entreprises issues du pays de la feuille d'érable viennent d'être distinguées parmi les 100 acteurs cleantech les plus prometteurs de la planète pour l'année 2026. Un chiffre stable par rapport à l'année précédente, mais qui cache une évolution significative des profils et des technologies mises en avant.
Le Canada confirme sa place stratégique dans la course mondiale à la cleantech
Chaque année, le Global Cleantech 100 publié par Cleantech Group fait figure de baromètre incontournable pour identifier les sociétés privées les plus susceptibles de transformer profondément les marchés de l'énergie, des matériaux et de l'environnement dans les 5 à 10 prochaines années. Sélectionnées par un collège d'experts internationaux, ces 100 entreprises représentent le fer de lance de l'innovation verte à l'échelle mondiale.
En 2026, le Canada parvient à maintenir exactement neuf représentants, ce qui constitue une performance remarquable dans un contexte où près de la moitié de la liste entière a été renouvelée. Cette stabilité traduit à la fois la solidité de l'écosystème canadien et son alignement particulièrement pertinent avec les grandes tendances actuelles du secteur.
Une année charnière marquée par les minéraux stratégiques
Le rapport 2026 met en exergue un basculement majeur : la question de la chaîne d'approvisionnement en minéraux critiques est devenue l'enjeu central de la transition énergétique. Batteries, moteurs électriques, éoliennes, panneaux solaires... aucun secteur stratégique n'échappe aujourd'hui à cette dépendance.
Le Canada, avec ses immenses ressources minières et son positionnement géopolitique stable, se retrouve idéalement placé. Trois des neuf lauréats canadiens 2026 adressent précisément cette filière critique :
- Cyclic Materials (Toronto) - pionnier dans la récupération d'éléments terres rares à partir de moteurs de véhicules électriques usagés
- Mangrove Lithium (Vancouver) - développe un procédé révolutionnaire qui promet de réduire drastiquement l'empreinte carbone et les coûts de production du lithium batterie
- Moment Energy (Coquitlam, Colombie-Britannique) - transforme les batteries de véhicules électriques de seconde vie en systèmes de stockage stationnaire performants
Ces trois approches illustrent parfaitement les différentes stratégies possibles : récupération urbaine, refonte des procédés primaires et économie circulaire.
Les nouveaux entrants et les retours remarqués
Si plusieurs noms familiers demeurent (Cyclic Materials, Mangrove Lithium, Pani Energy), l'édition 2026 accueille aussi plusieurs nouveaux visages particulièrement prometteurs :
- Planetary - travaille sur des solutions innovantes de capture et d'utilisation du carbone
- Augmenta - apporte des technologies d'optimisation agricole à très faible empreinte environnementale
- CO280 Solutions - développe des approches industrielles avancées de capture du CO₂
- Eavor - leader mondial de la géothermie profonde de nouvelle génération
À noter également les retours de Moment Energy et de Carbon Upcycling (Calgary), absents en 2025 mais de retour avec force cette année.
« Le paysage cleantech mondial a connu un véritable changement de paradigme en 2025. La nouvelle composition du Global Cleantech 100 reflète très clairement les sujets, thèmes et entreprises qui dominent la nouvelle donne mondiale. La présence canadienne parle d'elle-même. »
– Richard Youngman, CEO de Cleantech Group
Qui a quitté la liste et que nous dit cette rotation ?
Parmi les sorties notables, on retrouve des noms qui avaient marqué les années précédentes : e-Zinc, Ionomr Innovations, pH7 Technologies, Summit Nanotech, Svante et Enersion. Cette rotation rapide est caractéristique d'un secteur en accélération brutale où les technologies mûrissent ou sont parfois dépassées à une vitesse inédite.
Elle témoigne aussi de la difficulté pour rester au sommet : une innovation disruptive peut être détrônée en moins de 24 mois par une approche encore plus efficace ou moins coûteuse. C'est précisément ce rythme effréné qui rend le palmarès annuel si précieux pour comprendre les directions stratégiques du secteur.
Pourquoi la performance canadienne est-elle particulièrement remarquable ?
Maintenir neuf représentants dans un classement mondial où la concurrence est devenue féroce (États-Unis, Chine, Europe du Nord, Israël, Australie...) est déjà une performance. Mais la qualité et surtout l'alignement thématique des entreprises canadiennes sélectionnées sont encore plus impressionnants.
Le Canada apparaît aujourd'hui comme l'un des rares pays capables de proposer simultanément :
- des solutions upstream (nouveaux procédés miniers plus propres)
- des approches midstream (raffinage et transformation)
- et des solutions downstream (valorisation des matériaux en fin de vie)
Cette couverture quasi-complète de la chaîne de valeur des minéraux critiques constitue un atout stratégique majeur dans le contexte actuel de relocalisation et de sécurisation des approvisionnements.
Vers 2030 : quel rôle pour l'écosystème cleantech canadien ?
Si l'on regarde la trajectoire sur les cinq dernières années, le positionnement canadien s'est considérablement renforcé dans trois domaines stratégiques :
- La géothermie de nouvelle génération avec notamment le développement très avancé d'Eavor
- Les procédés propres d'extraction et de raffinage des minéraux batterie
- L'économie circulaire des batteries et des matériaux stratégiques
Ces trois axes sont précisément ceux sur lesquels les grandes puissances économiques misent le plus pour sécuriser leur transition énergétique. Le Canada semble avoir trouvé sa voie : celle d'un fournisseur de technologies propres et sécurisées plutôt que seulement de matières premières brutes.
Dans un monde qui cherche à la fois à décarboner rapidement et à réduire sa dépendance à certains acteurs géopolitiques dominants, cette position pourrait s'avérer extrêmement avantageuse dans les années à venir.
Les neuf entreprises distinguées en 2026 ne sont peut-être que la partie visible d'un écosystème beaucoup plus large qui continue de se structurer à grande vitesse, notamment grâce à des programmes gouvernementaux ciblés et à une communauté d'investisseurs de plus en plus spécialisés.
Reste à savoir si le Canada saura transformer cet avantage technologique en leadership industriel et économique durable. La réponse à cette question constituera sans doute l'un des grands enjeux cleantech de la fin de cette décennie.
Une chose est sûre : en 2026, lorsque l'on parle des technologies qui pourraient réellement changer la donne dans la lutte contre le changement climatique et la sécurisation des chaînes d'approvisionnement critiques, il est devenu impossible d'ignorer le rôle croissant que jouent les innovateurs canadiens.