Resolve AI Atteint 1 Milliard de Valorisation
Imaginez un monde où les pannes informatiques majeures qui paralysent des sites entiers pendant des heures deviennent des souvenirs d’un autre âge. Où une équipe d’ingénieurs n’a plus besoin de veiller toute la nuit pour diagnostiquer une erreur cryptique dans les logs. Ce futur semble se dessiner plus rapidement que prévu grâce à une jeune pousse qui fait beaucoup parler d’elle dans la Silicon Valley : Resolve AI.
En à peine deux ans d’existence, cette startup fondée par d’anciens cadres de Splunk vient de franchir un cap symbolique très convoité : la barre du milliard de dollars de valorisation. Une ascension fulgurante qui interroge autant qu’elle fascine dans l’écosystème tech actuel.
Resolve AI : quand l’IA remplace l’ingénieur SRE de garde
Resolve AI ne développe pas un simple outil de monitoring supplémentaire. La société propose carrément un ingénieur de fiabilité des sites (SRE) entièrement autonome. Cette IA est capable d’identifier, diagnostiquer et résoudre en temps réel les incidents de production sans intervention humaine. Un concept qui peut paraître futuriste, mais qui répond à une douleur bien réelle des entreprises technologiques en 2026.
Avec la complexité croissante des architectures cloud-native, microservices, serverless et l’adoption massive de Kubernetes, les incidents deviennent plus fréquents, plus subtils et surtout plus coûteux. Les entreprises dépensent des fortunes pour recruter et conserver des SRE expérimentés, ces profils rares et très demandés. Resolve AI promet de bouleverser cet équilibre en automatisant ce qui était jusqu’ici un travail hautement qualifié et souvent épuisant.
Les fondateurs : une complicité de 20 ans au service de l’observabilité
Derrière cette ambition, deux noms bien connus dans le monde de l’observabilité : Spiros Xanthos et Mayank Agarwal. Les deux hommes se sont rencontrés il y a plus de vingt ans sur les bancs de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign. Leur première collaboration entrepreneuriale a donné naissance à Omnition, une startup rachetée par Splunk en 2019.
Après plusieurs années passées à diriger des équipes stratégiques chez Splunk, ils ont décidé de repartir de zéro avec une vision claire : utiliser les avancées récentes en intelligence artificielle pour résoudre ce qu’ils considèrent comme le principal goulet d’étranglement de la tech moderne : la maintenance et la résilience des systèmes en production.
« Nous avons passé des années à construire des outils pour aider les humains à comprendre leurs systèmes. Aujourd’hui, nous voulons que ces systèmes se comprennent et se réparent eux-mêmes. »
– Spiros Xanthos, co-fondateur de Resolve AI
Cette citation résume parfaitement l’ambition : passer d’outils d’observabilité passive à une véritable autonomie corrective.
Un tour de table hors norme en Series A
En décembre 2025, Resolve AI a bouclé une levée de fonds Series A menée par Lightspeed Venture Partners. La valorisation headline annoncée atteint le milliard de dollars, même si la valorisation blended réelle est légèrement inférieure en raison d’une structure multi-tranches très en vogue pour les startups IA les plus prometteuses.
Certains investisseurs ont pris une partie de leur ticket à 1 milliard, tandis qu’une portion plus importante du tour a été réalisée à une valorisation moindre. Cette mécanique permet aux fondateurs de minimiser la dilution tout en offrant aux nouveaux entrants un point d’entrée attractif. Une preuve supplémentaire de la frénésie actuelle autour des solutions d’IA appliquées à l’infrastructure.
À noter que ce tour intervient seulement 14 mois après un seed de 35 millions de dollars déjà impressionnant, bouclé auprès de Greylock et de business angels de très haut vol comme Fei-Fei Li et Jeff Dean.
Seulement 4 millions de dollars d’ARR… et déjà licorne
L’un des éléments les plus surprenants dans cette histoire reste le chiffre d’affaires récurrent annuel (ARR) de la société : environ 4 millions de dollars. Un montant modeste comparé à la valorisation affichée, même dans le contexte inflationniste actuel des valorisations IA.
Cette décorrélation entre revenus actuels et valorisation s’explique par plusieurs facteurs :
- La très forte croissance observée ces derniers trimestres
- La récurrence élevée et la faible churn des premiers clients (grands comptes tech)
- Le positionnement unique sur un marché où la douleur est immense
- L’effet « land and expand » très marqué dans l’infrastructure
- La conviction des investisseurs que Resolve deviendra un standard de facto
Pour de nombreux fonds spécialisés IA, la métrique ARR n’est plus le principal critère en 2025-2026. Ce qui compte, c’est la vitesse d’adoption, la rétention et surtout la profondeur technique du produit face à la concurrence.
Un marché en pleine effervescence : la course aux SRE autonomes
Resolve AI n’est pas seule sur ce créneau. La concurrence s’intensifie rapidement. On peut notamment citer Traversal, une autre startup qui développe un SRE IA et qui a levé 48 millions en Series A auprès de Kleiner Perkins et Sequoia.
Ces levées massives en si peu de temps montrent que le marché perçoit un changement de paradigme imminent : l’automatisation complète du SRE n’est plus une question de « si » mais de « quand » et « par qui ».
Les entreprises qui réussiront à proposer la solution la plus fiable, la plus sécurisée et la plus intégrable aux stacks existants (Datadog, New Relic, Splunk, Grafana, etc.) rafleront très probablement la mise.
Les implications pour les entreprises et les ingénieurs
Si Resolve AI et ses concurrents parviennent à tenir leurs promesses, les conséquences seront profondes :
- Réduction drastique du temps de résolution des incidents (MTTR)
- Baisse significative des coûts d’exploitation liés à la production
- Moins de burnout chez les équipes on-call
- Libération de bande passante pour les équipes produit
- Nouvelle vague de productivité dans le développement logiciel
Cependant, cette automatisation massive soulève aussi des questions légitimes : quid du rôle humain dans la boucle ? Les SRE deviendront-ils des superviseurs d’IA ? Ou disparaîtront-ils purement et simplement ? Le débat est lancé et il ne fait que commencer.
Vers un futur où les systèmes se réparent seuls ?
Resolve AI incarne parfaitement la vague actuelle : des solutions verticales ultra-spécialisées qui appliquent les derniers modèles d’IA générative et d’agents autonomes à des problèmes d’infrastructure très concrets et très coûteux.
Avec un tel niveau de valorisation si tôt dans son histoire, la pression est énorme sur les épaules de Spiros Xanthos et Mayank Agarwal. Ils doivent maintenant transformer cette promesse technique en une entreprise rentable et durable, tout en gardant une longueur d’avance sur une concurrence qui s’organise rapidement.
Une chose est sûre : l’année 2026 sera décisive pour savoir si l’IA peut réellement devenir le SRE de référence des plus grandes entreprises technologiques mondiales. Et Resolve AI s’est clairement positionnée comme l’un des favoris de cette course passionnante.
À suivre de très près.