
Royaume-Uni : Vers une Baisse Graduelle des Taux Selon Bailey
Alors que l'inflation persiste au Royaume-Uni, le gouverneur de la Banque d'Angleterre Andrew Bailey réaffirme la trajectoire envisagée par l'institution monétaire : un retour progressif vers des taux d'intérêt plus bas. Une démarche prudente face à des défis économiques complexes.
Une désinflation "bien ancrée", mais un chemin encore long
Lors de l'événement "Global Boardroom" organisé par le Financial Times, Andrew Bailey s'est montré confiant quant au processus de désinflation en cours. Selon lui, ce mouvement est désormais "bien ancré" dans la dynamique économique britannique.
Toutefois, le gouverneur de la BoE reste lucide. Il admet qu'il reste encore du chemin à parcourir avant de stabiliser durablement l'inflation au niveau de l'objectif officiel de 2%. En effet, les derniers chiffres d'octobre ont révélé une hausse des prix plus forte qu'anticipée, repassant au-dessus de cette cible.
Le mot d'ordre : gradualisme
Face à ces défis, Andrew Bailey insiste sur l'approche graduelle que compte adopter la Banque d'Angleterre. Lorsque le Financial Times a rapporté que la BoE prévoyait quatre baisses de taux en 2025, la livre sterling a chuté face au dollar.
Le gouverneur a tenu à nuancer cette information, soulignant que c'était ce qu'anticipaient les marchés financiers lors des dernières projections économiques de l'institution. Il a mis l'accent sur le terme "graduel" pour qualifier la trajectoire probable.
L'impact incertain du protectionnisme
Andrew Bailey s'est également exprimé sur les conséquences potentielles de la politique protectionniste souhaitée par Donald Trump. Il juge difficile d'estimer précisément l'impact sur l'inflation britannique des probables hausses de tarifs douaniers envisagées.
"Cela fait bouger les prix. Mais bien sûr, cela dépend aussi de la manière dont les autres pays réagissent. Cela dépend également de la façon dont les taux de change réagissent. L'effet n'est donc pas du tout évident à prévoir."
Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d'Angleterre
Dans ce contexte d'incertitude, marqué par des tensions géopolitiques et une conjoncture mondiale fragile, la Banque d'Angleterre entend donc faire preuve de prudence et de pragmatisme. Son objectif : ramener l'inflation vers sa cible, sans pour autant fragiliser une économie britannique en convalescence.
Le chemin sera sans doute long et semé d'embûches. Mais en maintenant le cap d'une normalisation monétaire graduelle, Andrew Bailey et son équipe espèrent offrir au Royaume-Uni les meilleures chances de retrouver une croissance saine et durable dans les années à venir. Un pari audacieux, à l'heure où les défis économiques n'ont jamais semblé aussi complexes et interdépendants.