
San Francisco : Le Retour des Géants de la Tech ?
Et si San Francisco redevenait le cœur battant de l’innovation mondiale ? Alors que la ville a vu nombre de ses entreprises technologiques s’éloigner ces dernières années, un vent de renouveau souffle sous l’impulsion de son nouveau maire, Daniel Lurie. Lors d’un récent événement organisé par TechCrunch, il a lancé un appel vibrant aux PDG et entrepreneurs : “Comment vous convaincre de revenir ?” Une question qui résonne comme une promesse, portée par des réformes ambitieuses et une vision pragmatique. Plongez avec nous dans cette renaissance urbaine où technologie, urbanisme et audace se rencontrent.
Un maire décidé à changer la donne
Daniel Lurie n’est pas un maire ordinaire. À peine installé dans ses fonctions, il arpente les rues les plus difficiles de San Francisco, bien décidé à affronter les défis qui ont terni l’image de la ville : drogue, insécurité, crise du logement. “Je décroche mon téléphone et j’appelle directement les PDG”, a-t-il confié lors de l’événement StrictlyVC. Une approche directe, presque inédite, qui montre sa volonté de renouer avec les leaders technologiques.
Lutter contre les fléaux urbains
Pour séduire à nouveau les entreprises, Lurie sait qu’il doit d’abord s’attaquer aux problèmes visibles. La crise des drogues dures, comme le fentanyl, a poussé de nombreux dirigeants à quitter la ville. Sa réponse ? Mettre fin à une politique controversée qui distribuait des pipes et des pailles aux toxicomanes. Une décision saluée par des figures comme Ryan Peterson, PDG de Flexport, qui a lancé un “Merci de nettoyer la ville” en croisant le maire sur scène.
“Nous avons besoin de politiques de bon sens pour ramener la confiance.”
– Daniel Lurie, maire de San Francisco
Mais au-delà des mots, ce sont les actes qui comptent. En 100 jours, Lurie a multiplié les visites sur le terrain, écoutant habitants et entrepreneurs pour bâtir une stratégie concrète. Cette proximité pourrait bien être la clé pour restaurer l’attractivité de la ville.
Faciliter la création et l’installation
Construire à San Francisco est un parcours du combattant. Entre permis interminables et réglementations strictes, les entrepreneurs jettent souvent l’éponge. Lurie veut changer cela. Avec **Permit SF**, une initiative récente, la ville promet de simplifier les démarches administratives pour ouvrir un commerce ou lancer une start-up. Restaurants, bars, bureaux : tout doit devenir plus accessible.
Et ce n’est pas tout. Une proposition de rezonage audacieuse pourrait transformer le paysage urbain. En autorisant des immeubles plus hauts dans des quartiers historiquement réservés aux maisons individuelles, San Francisco pourrait enfin répondre à la pénurie de logements. Si elle est adoptée, cette mesure serait une première depuis 1970.
- Réduction des délais pour obtenir un permis.
- Augmentation de l’offre de logements grâce à des bâtiments plus hauts.
- Soutien aux entrepreneurs pour rester ou revenir dans la ville.
San Francisco, futur hub de l’intelligence artificielle ?
Si Silicon Valley a longtemps été le berceau de l’innovation, San Francisco semble aujourd’hui prendre le relais, notamment dans le domaine de l’**intelligence artificielle**. Lurie mise gros sur ce secteur en pleine explosion. Il a déjà convaincu Databricks, une pointure de l’IA, de maintenir sa conférence annuelle dans la ville jusqu’en 2030, alors que Las Vegas était sur les rangs.
Autre coup de maître : l’inauguration d’un nouveau bureau d’OpenAI, avec le maire en personne à la cérémonie. Mais Lurie ne veut pas seulement des bureaux. Il appelle des figures comme Sam Altman, PDG d’OpenAI, à investir dans la culture et les arts locaux. Une manière de lier technologie et identité urbaine.
“Je veux que San Francisco redevienne un lieu où il faut être.”
– Daniel Lurie, lors de StrictlyVC
Des incitations fiscales pour séduire
Pour attirer les entreprises, Lurie joue aussi la carte des avantages économiques. “Nous devons être compétitifs sur les taxes”, a-t-il déclaré. Des réductions fiscales sont dans les tuyaux, ciblant notamment les géants de la tech et les start-ups prometteuses. Une stratégie risquée mais potentiellement payante dans une ville où les coûts d’exploitation sont parmi les plus élevés des États-Unis.
Cette approche s’accompagne d’un dialogue renforcé avec le secteur privé. Le **Partnership for San Francisco**, un consortium réunissant des personnalités comme Laurene Powell Jobs ou Jony Ive, vise à fluidifier les échanges entre la mairie et les entreprises. Une passerelle inédite pour co-construire l’avenir.
Robotaxis : l’avenir roule à San Francisco
Les véhicules autonomes sont un autre pilier de la vision de Lurie. Waymo, leader des robotaxis, a récemment obtenu un permis pour cartographier l’aéroport de San Francisco (SFO). Une avancée négociée de haute lutte avec les syndicats, qui ont imposé des limites pour protéger les chauffeurs traditionnels.
“Les voitures autonomes, c’est l’avenir”, assure le maire. Il discute déjà avec d’autres acteurs pour amplifier leur présence. Et pourquoi pas adapter les infrastructures urbaines à cette révolution ? San Francisco pourrait devenir un laboratoire grandeur nature de la mobilité intelligente.
Un équilibre à trouver avec les habitants
Mais cette ambition ne fait pas l’unanimité. Certains résidents craignent que la tech ne phagocyte la ville, repoussant les communautés historiques. Le cas Waymo à SFO a ravivé ces tensions, les syndicats veillant à ce que l’innovation ne rime pas avec précarité. Lurie, lui, se veut rassurant : il promet un développement inclusif.
Entre modernité et tradition, le maire marche sur un fil. Saura-t-il convaincre à la fois les entrepreneurs et les citoyens ? L’avenir de San Francisco en dépend.
Une ville en pleine mutation
Avec ses réformes, Lurie ne se contente pas de réparer le passé. Il dessine un futur où San Francisco redeviendrait incontournable. Plus de logements, des rues plus sûres, une fiscalité attractive et une place centrale dans l’IA et la mobilité : le pari est ambitieux. Et si la ville parvenait à redevenir cet aimant pour les visionnaires du monde entier ?
Pour l’instant, les premiers signaux sont encourageants. Les entreprises répondent à l’appel, les projets se concrétisent. Mais le chemin est encore long, et le succès dépendra de la capacité de Lurie à transformer ses promesses en réalités tangibles.