Science&Humans lève 10M$ en santé hormonale
Imaginez pouvoir enfin parler librement de fatigue persistante, de prise de poids inexpliquée, de brouillard mental ou de baisse de libido sans sentir ce poids du tabou. Pendant des décennies, ces symptômes ont été minimisés, mal compris, voire ignorés par le système de santé traditionnel. Aujourd’hui, un vent de changement souffle sur le Canada : la santé hormonale sort de l’ombre et devient une priorité de bien-être pour des dizaines de milliers de personnes.
Et au cœur de cette petite révolution silencieuse se trouve une startup torontoise qui vient de réaliser un tour de table particulièrement remarqué. Science&Humans annonce une levée de fonds de 10 millions de dollars canadiens. De quoi attirer l’attention dans un secteur où les financements se font encore rares au pays.
Quand la santé hormonale devient un marché prioritaire
Pendant longtemps, les questions liées aux hormones ont été reléguées au second plan. Les hommes hésitaient à parler de testostérone basse, les femmes traversaient la ménopause avec le sentiment d’être laissées à elles-mêmes. Les délais d’attente pour voir un endocrinologue spécialisé pouvaient atteindre plusieurs mois, voire plus d’un an dans certaines régions.
Face à ce vide, plusieurs acteurs ont décidé d’apporter une réponse moderne : la télémédecine couplée à une prise en charge personnalisée et rigoureuse. Science&Humans fait partie de cette nouvelle vague qui ne se contente plus de prescrire, mais qui cherche à comprendre, accompagner et obtenir des résultats mesurables sur la qualité de vie.
Un parcours 100 % canadien et autofinancé pendant sept ans
Ce qui frappe d’emblée quand on regarde le parcours de Science&Humans, c’est sa longévité avant même de chercher des investisseurs externes. Lancée il y a sept ans, la société a grandi en mode bootstrap, c’est-à-dire sans lever de fonds conséquent, tout en atteignant la rentabilité.
Aujourd’hui, elle revendique un chiffre d’affaires à sept chiffres, près de 60 000 patients accompagnés, plus de 500 000 analyses sanguines traitées, environ 300 000 ordonnances et presque un million de consultations virtuelles. Des chiffres impressionnants pour une entreprise qui n’avait jamais fait appel au capital-risque auparavant.
« Quand nous avons commencé, ce n’était même pas une catégorie à part entière. »
– Aftab Pashaw, PDG de Science&Humans
Cette phrase résume parfaitement l’évolution du secteur. Ce qui relevait autrefois du domaine confidentiel ou marginal est en train de devenir un sujet de société majeur, porté par la recherche scientifique récente et par une prise de conscience collective sur l’importance des hormones dans le vieillissement en bonne santé.
Une approche centrée sur le soin plutôt que sur la pharmacie
Contrairement à certains acteurs qui ont été critiqués pour une prescription trop rapide, Science&Humans met en avant un processus structuré et médicalement encadré :
- Formulaire d’intake détaillé
- Analyses sanguines obligatoires
- Consultation vidéo avec une infirmière praticienne ou un médecin
- Suivi trimestriel systématique
- Approche globale : mode de vie + traitement si nécessaire
Le message est clair : on ne se contente pas de délivrer une ordonnance en trois clics. L’objectif est d’obtenir une amélioration durable des symptômes, pas seulement de masquer un problème.
Plus de 80 % des patients rapportent une amélioration significative dans les trois à six mois. C’est ce genre de données qui commence à convaincre les assureurs et les grandes entreprises.
Le virage B2B : la clé de la croissance future
Si la startup a démarré en direct-to-consumer, elle mise désormais très fortement sur le modèle B2B. Partenariat avec GreenShield Canada, programmes pour les employés de grandes entreprises… L’idée est simple : rendre la prise en charge hormonale accessible directement via les régimes d’assurance collective ou les avantages sociaux.
Pour les employeurs, proposer ce type de service devient un argument de rétention des talents, surtout dans un marché du travail compétitif. Pour les assureurs, c’est une façon de réduire les coûts à long terme liés aux maladies chroniques et au burnout.
« Avec un modèle verticalement intégré qui peut scaler via les employeurs et les assureurs, l’entreprise est très bien positionnée pour délivrer des soins de haute qualité à grande échelle. »
– Meryeme Lahmami, Principal chez Pender Ventures
Cette stratégie explique en grande partie pourquoi des investisseurs comme Pender Ventures, Well Health Technologies, Michele Romanow et plusieurs acteurs américains du monde de la longévité ont décidé de participer à ce tour de table.
Un écosystème canadien en pleine effervescence
Science&Humans n’est pas seule sur ce créneau. Phoenix, Felix Health, Eli Health… plusieurs acteurs canadiens ont levé des montants significatifs ces derniers mois. Le marché de la santé hormonale numérique attire de plus en plus de capitaux, signe que les investisseurs perçoivent un potentiel de croissance très important dans les prochaines années.
Ce qui différencie Science&Humans, selon ses fondateurs, c’est l’accent mis sur la qualité clinique, la profondeur du suivi et la volonté de construire un véritable « système d’exploitation hormonal » intégrant laboratoires, pharmacie et intelligence artificielle pour personnaliser encore davantage les parcours de soin.
Vers une médecine préventive et personnalisée
La tendance de fond est claire : on ne soigne plus seulement les maladies déclarées, on cherche à optimiser la santé avant que les problèmes ne s’installent durablement. Les hormones jouent un rôle central dans ce paradigme. Une testostérone optimisée chez un homme de 45 ans, une transition ménopausique mieux accompagnée chez une femme de 50 ans : ce sont des leviers puissants pour améliorer la qualité de vie pendant encore deux à trois décennies.
Science&Humans veut se positionner comme le partenaire de référence au Canada pour ce type d’accompagnement. Avec cette nouvelle manne financière, la société prévoit d’accélérer le développement de ses outils technologiques, d’étoffer son équipe clinique et surtout d’étendre son maillage B2B à travers le pays.
Un signal fort pour tout l’écosystème healthtech canadien
Cette levée de 10 millions dollars (dont 7 M$ en capital et 3 M$ en dette venture) montre que les investisseurs institutionnels canadiens osent désormais parier sur des healthtech matures et déjà rentables. C’est aussi la preuve que la santé hormonale n’est plus perçue comme un sujet de niche, mais comme une catégorie à part entière avec un très fort potentiel de croissance.
Pour les patients, c’est surtout l’espoir d’un accès plus rapide, plus humain et plus efficace à des soins qui impactent directement leur quotidien. Fatigue chronique, troubles du sommeil, perte de cheveux, baisse de désir… ces sujets ne sont plus tabous. Ils deviennent des priorités de santé publique et personnelle.
Dans les mois et années à venir, il faudra suivre de près l’évolution de Science&Humans. La startup pourrait bien devenir la référence incontournable en matière de santé hormonale au Canada, et peut-être même au-delà. Une chose est sûre : le sujet des hormones est en train de changer de statut. Il passe de l’ombre à la lumière, et les investisseurs l’ont bien compris.
Et vous, avez-vous déjà envisagé de faire le point sur votre équilibre hormonal ? Dans un monde où le bien-être devient la nouvelle performance, cette question pourrait bien devenir l’une des plus importantes de la prochaine décennie.