
Soignon : Innovation et Ambition pour 2025
Et si une simple bûche de fromage de chèvre pouvait raconter une histoire d’ambition, d’innovation et de respect de l’environnement ? C’est le pari que fait Soignon, marque emblématique du groupe Agrial, en dévoilant ses projets pour 2025. Entre lancements de produits audacieux et un investissement industriel d’envergure à venir, cette coopérative française ne se contente pas de suivre les tendances : elle veut les façonner.
Une stratégie tournée vers l’avenir
Le 2 avril dernier, les dirigeants de Soignon ont levé le voile sur leurs ambitions lors d’une rencontre avec la presse. L’objectif ? Renforcer leur position sur le marché dynamique du fromage de chèvre tout en préparant le terrain pour une transformation industrielle majeure. Une démarche qui mêle pragmatisme et vision à long terme.
L’innovation au cœur des assiettes
Pour Soignon, l’innovation n’est pas un vain mot. La marque, qui représente environ un tiers de la collecte de lait de chèvre en France, mise sur une vague de nouveautés pour séduire les consommateurs. Cette année, pas moins de six lancements sont prévus, dont trois dans la catégorie des fromages et trois autres au rayon des yaourts.
Parmi les stars attendues, un **Skyr au lait de chèvre** fait déjà parler de lui. Exit les yaourts hyperprotéinés à la mode, jugés trop artificiels par Sophie Dautet, directrice marketing d’Agrial. Soignon préfère jouer la carte de la **naturalité**, une valeur qui résonne auprès des consommateurs d’aujourd’hui.
« On veut proposer des produits qui allient plaisir et authenticité, sans céder aux tendances éphémères. »
– Sophie Dautet, directrice marketing d’Agrial
Les bûches de chèvre, produit phare de la marque, ne sont pas en reste. Après avoir résisté à la pression des marques de distributeurs (MDD) pendant l’inflation, elles retrouvent des couleurs sur les étals. Une résilience qui témoigne de la fidélité des clients à cette signature rouge reconnaissable entre toutes.
Un succès qui atteint ses limites
Avec 16 500 tonnes écoulées en grande distribution et 9 000 tonnes en restauration hors domicile, Soignon a presque doublé de taille en vingt ans. Un exploit pour une marque qui refuse de céder aux sirènes des MDD. « On le fait sous contrainte », confie Dominique Huth, directeur général de la branche fromage d’Agrial, soulignant une stratégie centrée sur l’identité propre de Soignon.
Mais ce succès a un revers : les usines historiques, situées à Saint-Martin-de-Saint-Maixent et La Chapelle Thireuil dans les Deux-Sèvres, tournent à plein régime. Vieillissantes, elles peinent à suivre la cadence. Une situation qui pousse l’entreprise à envisager un virage industriel décisif.
Un investissement pour demain
Si les détails restent flous, Dominique Huth laisse entrevoir un projet d’envergure dans les deux prochaines années. « Nous sommes condamnés à investir », affirme-t-il avec conviction. Cet investissement ne vise pas seulement à augmenter la capacité de production, mais aussi à moderniser les infrastructures pour réduire l’empreinte carbone.
Car chez Soignon, l’avenir rime avec **durabilité**. Les sites les plus modernes, explique le dirigeant, sont aussi les plus performants en matière d’émissions de CO2. Un enjeu crucial alors qu’Agrial, maison-mère de la marque, est responsable de 1 % des émissions annuelles de la France.
« Les usines modernes sont les plus exemplaires en termes de CO2. Cet investissement est une nécessité écologique autant qu’économique. »
– Dominique Huth, directeur général de la branche fromage d’Agrial
Une ambition écologique assumée
La transition écologique n’est pas une option pour Soignon, mais une priorité. En modernisant ses usines, l’entreprise veut poser les bases d’une production plus verte. Un défi de taille pour une coopérative qui transforme des milliers de litres de lait de chèvre chaque année tout en restant ancrée dans le terroir français.
Cette démarche s’inscrit dans une tendance plus large : celle d’un **made in France** qui ne se contente plus de valoriser le local, mais qui intègre des critères environnementaux. Soignon pourrait ainsi devenir un modèle pour d’autres acteurs de l’agroalimentaire.
Les clés du succès de Soignon
Qu’est-ce qui fait la force de cette marque coopérative ? Voici quelques éléments qui ressortent :
- Une expertise unique dans la transformation du lait de chèvre.
- Un refus de diluer son identité avec des MDD.
- Une capacité à innover tout en restant fidèle à ses racines.
Ces atouts, combinés à une stratégie bien pensée, permettent à Soignon de viser haut. Mais la route est encore longue, et les défis ne manquent pas.
Les défis à relever
Si l’avenir semble prometteur, plusieurs obstacles se dressent sur le chemin de Soignon. La concurrence reste rude, notamment face aux MDD qui regagnent du terrain en période de crise. Par ailleurs, le coût d’un investissement industriel majeur pourrait peser sur les finances du groupe.
Enfin, la question écologique impose une vigilance constante. Réduire les émissions tout en augmentant la production est un équilibre délicat à trouver. Mais pour une marque qui a su doubler de taille en deux décennies, ces défis pourraient bien être une nouvelle opportunité.
Un modèle pour l’agroalimentaire ?
En combinant innovation produit et engagement écologique, Soignon trace une voie qui pourrait inspirer d’autres entreprises du secteur. À l’heure où les consommateurs exigent plus de transparence et de responsabilité, cette stratégie pourrait faire la différence.
Reste à voir si cet investissement tant attendu tiendra ses promesses. Une chose est sûre : en 2025, Soignon compte bien continuer à faire parler de lui, une bûche de chèvre à la fois.