Sony RX1R III : Compact 61MP Plein Format
Imaginez pouvoir glisser dans votre poche un appareil photo capable de rivaliser avec des boîtiers professionnels encombrants, tout en offrant une qualité d’image digne des meilleurs reflex ou hybrides du marché. C’est précisément ce rêve que Sony a tenté de concrétiser il y a presque dix ans avec la RX1R II. Aujourd’hui, en 2025, la marque japonaise relance la machine avec une troisième itération qui fait parler d’elle dans tous les cercles de photographes exigeants.
La renaissance d’un mythe compact
La Sony RX1R III n’est pas simplement une mise à jour timide. Elle représente une véritable réaffirmation de l’idée qu’un appareil photo fixe peut encore séduire en 2026, à une époque où les hybrides interchangeables dominent outrageusement le marché. Avec son allure discrète et son poids plume de seulement 498 grammes batterie comprise, elle rappelle immédiatement pourquoi certains photographes refusent de se séparer de leur petit bijou plein format.
Mais qu’est-ce qui justifie un prix affiché à 5100 dollars ? La réponse se trouve principalement dans les entrailles de l’appareil.
Un capteur qui change la donne
Le cœur de la bête est un capteur Exmor R rétro-éclairé de 61 mégapixels. Exit les 42,4 Mpx de la génération précédente : Sony passe à la vitesse supérieure. Cette résolution exceptionnelle permet de recadrer très fortement sans sacrifier les détails, une liberté précieuse quand on est condamné à un unique objectif fixe.
Grâce à cette densité de pixels, le mode Step Crop Shooting propose trois équivalences focales simulées :
- 35 mm natif (61 Mpx)
- 50 mm (environ 30 Mpx)
- 70 mm (environ 15 Mpx)
Ces recadrages restent très largement utilisables en impression grand format ou pour des publications professionnelles exigeantes.
L’objectif Zeiss qui fait toujours rêver
L’optique reste la fameuse Zeiss Sonnar T* 35 mm ouvrant à f/2. Toujours la même formule optique qui a fait le succès des deux précédentes générations, mais optimisée pour le nouveau capteur haute résolution. Le piqué est exceptionnel dès la pleine ouverture et la gestion des aberrations chromatiques reste exemplaire.
Le mode macro permet désormais de s’approcher jusqu’à 20 cm du sujet, ce qui élargit considérablement les possibilités créatives pour un appareil de cette catégorie.
« La RX1R III est l’appareil que j’attendais pour remplacer mon Leica Q2 sans perdre en discrétion ni en qualité d’image. »
– Photographe de rue anonyme sur un forum spécialisé
L’intelligence artificielle au service de l’image
Sony a intégré une puce d’IA dédiée qui gère plusieurs fonctions clés :
- Détection et suivi en temps réel des sujets (humains, animaux, oiseaux, véhicules…)
- 693 points de mise au point à détection de phase
- Optimisation automatique du traitement d’image
- Application des Creative Looks en RAW + JPEG
Ces fameuses Creative Looks (12 profils prédéfinis) peuvent désormais s’appliquer aussi bien aux photos qu’aux vidéos, offrant une signature visuelle immédiate sans passer par la post-production.
Ergonomie et compromis assumés
Pour conserver un encombrement minimal, Sony a fait des choix radicaux. L’écran arrière est fixe (plus lumineux, plus contrasté, tactile), l’ancien écran articulé a disparu. Le viseur OLED est de très haute résolution, mais non escamotable. Le boîtier en magnésium respire la solidité malgré son poids contenu.
La batterie a été largement revue à la hausse : environ 300 déclenchements par charge complète, ce qui reste honorable pour un compact aussi performant.
Le verdict face à la concurrence
À 5100 $, la RX1R III se positionne dans une niche très précise entre plusieurs références du marché haut de gamme :
- Leica Q3 (environ 6650 $) : plus cher, mais objectif 28 mm plus lumineux et réputation intouchable
- Fujifilm GFX100RF : capteur moyen format 102 Mpx, mais bien plus encombrant
- Sony a7CR + objectif pancake : solution interchangeable beaucoup moins chère (environ 3800 $ avec un 40 mm f/2.5)
Le choix dépend donc essentiellement de votre philosophie photographique. Si la discrétion, la simplicité et la qualité d’image absolue priment sur tout, la RX1R III est difficile à battre. Si vous avez besoin de changer de focale ou de faire évoluer votre matériel au fil des années, l’option hybride interchangeable reste plus rationnelle.
Pour qui est faite cette caméra ?
La RX1R III s’adresse avant tout à trois profils de photographes :
- Les street photographers qui veulent rester invisibles tout en produisant des fichiers irréprochables
- Les voyageurs minimalistes qui refusent de s’encombrer d’un sac rempli d’objectifs
- Les collectionneurs et amateurs de matériel iconique qui apprécient les objets rares et aboutis
Elle ne remplacera pas un hybride polyvalent pour un photographe de mariage ou un portraitiste professionnel. En revanche, elle deviendra très vite l’appareil que l’on sort quand on veut faire des images justes, sans se poser mille questions techniques.
Conclusion : un luxe assumé
La Sony RX1R III ne révolutionne pas le marché. Elle le rappelle simplement à l’ordre : dans un monde saturé d’appareils interchangeables, il existe encore une place pour la pureté d’un concept radical. Un capteur monstrueux, un objectif légendaire, un boîtier minuscule et une touche d’intelligence artificielle bien dosée. Le tout à un prix qui fait mal au portefeuille, mais qui s’explique par la rareté du produit.
Si vous avez déjà possédé une RX1 ou RX1R, vous savez que ce type d’appareil crée une relation particulière avec son propriétaire. Il ne s’agit plus seulement d’un outil : c’est un compagnon fidèle, discret et terriblement efficace. La troisième génération semble prête à écrire un nouveau chapitre de cette belle histoire.
Reste à savoir si vous êtes prêt à investir une telle somme pour un appareil à objectif fixe en 2026… La réponse, vous la trouverez probablement en tenant la RX1R III entre vos mains pour la première fois.