
Stellantis rappelle massivement ses Citroën C3 et DS 3
Les airbags défectueux continuent de hanter l'industrie automobile. Le groupe Stellantis vient d'annoncer une campagne de rappel massive concernant 236 900 Citroën C3 et DS 3 en France. En cause : des airbags défaillants fournis par l'équipementier japonais Takata, susceptibles d'exploser en projetant des fragments métalliques dans l'habitacle.
Un "stop drive" pour les véhicules concernés
Face à l'ampleur du risque, Stellantis a pris une mesure radicale en demandant aux propriétaires des modèles incriminés d'immobiliser immédiatement leur véhicule tant que l'airbag n'a pas été remplacé. Une consigne baptisée "stop drive" qui témoigne de la gravité de la situation.
Mobilisation générale dans les usines françaises
Pour gérer cet immense rappel, pas moins de neuf sites industriels de Stellantis en France sont mobilisés :
- Rennes (Ille-et-Vilaine)
- Poissy (Yvelines)
- Sochaux (Doubs)
- Mulhouse (Haut-Rhin)
- Metz-Tremery (Moselle)
- Charleville-Mezières (Ardennes)
- Hordain (Nord)
- Valenciennes (Nord)
- Douvrin (Pas-de-Calais)
Chaque site compte une dizaine de personnes dédiées, capables de remplacer environ 50 airbags par jour. Une opération relativement simple qui ne prend qu'une trentaine de minutes.
Une vaste campagne en deux temps
Ce nouveau rappel concerne des C3 et DS 3 vendues entre 2009 et 2013 dans la moitié nord de la France. Il fait suite à une première campagne lancée en mai 2024 pour les véhicules du sud de l'Europe et du Maghreb. Stellantis se veut rassurant, estimant que la quasi-totalité des 228 000 voitures concernées ont déjà été traitées.
Nous appliquons le principe de précaution. Nous avons décidé de bloquer aux garages tous nos véhicules.
Un porte-parole de Stellantis
Les modèles plus récents vendus entre 2014 et 2019 dans le nord du pays et d'autres régions européennes devront également passer au garage, mais sans immobilisation préalable. Au total, ce sont donc des centaines de milliers de Citroën C3 et DS 3 qui vont devoir subir une intervention dans les prochains mois.
Les dangers du nitrate d'ammonium
Cette crise trouve son origine dans l'utilisation par Takata de nitrate d'ammonium pour gonfler ses coussins d'airbag. Cet agent chimique peu coûteux, présent dans certains engrais et explosifs, devient très instable lorsqu'il est exposé longtemps à la chaleur et à l'humidité.
En se dégradant, il peut provoquer un déploiement brutal de l'airbag, transformant son boîtier métallique en une multitude de fragments tranchants projetés vers les occupants. Un défaut qui aurait causé au moins 11 décès en France, dont 10 en Outre-Mer où le climat tropical accélère la détérioration.
Un enjeu de sécurité majeur pour Stellantis
Avec ce nouveau rappel géant, Stellantis espère clore définitivement ce dossier des airbags défectueux qui empoisonne le groupe depuis des années. En agissant avec célérité et transparence, le constructeur cherche à rassurer ses clients et à préserver son image, déjà écornée par plusieurs affaires.
Mais au-delà de la communication de crise, c'est bien la sécurité des automobilistes qui est en jeu. En immobilisant sans délai les véhicules à risque et en mobilisant massivement ses capacités industrielles pour les réparer au plus vite, Stellantis assume pleinement ses responsabilités et montre sa détermination à éradiquer ces airbags potentiellement mortels.