Suspension de la Licence de Goodfood par l’ACIA

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Suspension de la Licence de Goodfood par lACIA   Innovationsfr
janvier 2, 2026

Suspension de la Licence de Goodfood par l’ACIA

Imaginez commander votre kit repas préféré, ces boîtes remplies d'ingrédients frais et de recettes simples, et soudain, plus rien. C'est un peu le choc que vivent certains clients de Goodfood en ce début 2026. La startup québécoise, qui a surfé sur la vague pandémique pour devenir un leader des livraisons alimentaires au Canada, traverse une tempête parfaite. Et la dernière nouvelle en date ? Une suspension de licence par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Mais qu'est-ce qui se passe vraiment derrière les fourneaux de cette entreprise ?

Goodfood : Des Sommets Pandémiques aux Abysses Actuels

Goodfood Market Corp, basée à Montréal, s'est imposée comme la référence canadienne en matière de kits repas. Pendant le confinement, les commandes explosaient : tout le monde voulait cuisiner maison sans faire les courses. Les ventes atteignaient des records, avec un chiffre d'affaires trimestriel frôlant les 80 millions de dollars en 2021. L'action en bourse grimpait jusqu'à 13 dollars. Une vraie success story de la foodtech.

Mais la roue tourne. Post-pandémie, les habitudes changent. Les gens retournent au restaurant, optent pour des options plus économiques face à l'inflation. Résultat : un déclin progressif. Au quatrième trimestre 2025, les ventes nettes tombent à 25 millions de dollars, avec une perte nette de 4 millions. L'action ? Elle végète autour de 0,32 dollar. Une chute libre qui inquiète les investisseurs et les observateurs du secteur des startups.

Et pourtant, l'entreprise affirme maintenir des livraisons, grâce à son site de Calgary qui reste opérationnel. Mais cette suspension à Montréal frappe au cœur de ses opérations principales.

La Suspension de Licence : Procédurale ou Plus Grave ?

Le 30 décembre 2025, l'ACIA suspend la licence de sécurité alimentaire pour l'établissement montréalais de Goodfood. Cette licence, essentielle sous la Loi sur la salubrité des aliments au Canada, autorise les activités comme l'importation, la fabrication ou l'emballage de produits alimentaires.

La raison invoquée ? Un manquement à la partie 4 de la loi, concernant l'importation d'aliments conformes à la Loi sur les aliments et drogues. Cela peut aller d'un défaut de paiement de frais à un risque pour la santé publique. Mais l'ACIA précise qu'aucun rappel de produit n'est en cours, et Goodfood insiste : il n'y a aucun problème de sécurité alimentaire.

La suspension concerne principalement des aspects procéduraux de la licence, comme la revue des plaintes.

– Communiqué de Goodfood à BetaKit

L'entreprise se dit déçue mais confiante : elle a demandé une révision du dossier et s'attend à une levée rapide de la suspension. Dans les 90 jours, si aucune mesure corrective n'est prise, la licence pourrait être annulée définitivement. Pour l'instant, les commandes continuent, avec quelques exceptions.

Cette affaire arrive dans un contexte où l'ACIA renforce ses contrôles sur les entreprises alimentaires, suite à des scandales récents. Mais pour Goodfood, cela s'ajoute à une pile de défis déjà haute.

Un Turnover Exécutif Inquiétant

Comme si les problèmes réglementaires ne suffisaient pas, Goodfood perd ses leaders clés. En août 2025, Jonathan Ferrari, cofondateur et PDG, démissionne abruptement. Puis, en décembre, Neil Cuggy, l'autre cofondateur, président et directeur des opérations, annonce son départ effectif au 16 janvier 2026.

Les deux piliers de l'entreprise s'en vont, laissant un vide. Le conseil d'administration nomme Selim Bassoul comme président exécutif pour guider la stratégie. Est-ce un signe de restructuration profonde, ou simplement une transition normale ? Dans une startup en difficulté, ces départs successifs alimentent les spéculations sur l'avenir.

Les employés et les clients se posent des questions. La stabilité au sommet est cruciale pour naviguer dans un marché concurrentiel, face à des géants comme HelloFresh ou des alternatives locales.

Les Défis Financiers et Légaux d'une Startup en Mutation

Financièrement, Goodfood lutte pour retrouver son lustre d'antan. Malgré des marges brutes améliorées et un EBITDA ajusté positif sur plusieurs trimestres, le volume de clients actifs diminue. L'entreprise mise sur des recettes rapides (15 minutes) et des add-ons pour relancer l'intérêt.

À cela s'ajoute une potentielle action collective au Québec. Des clients accusent Goodfood de ne pas afficher clairement les frais de livraison sur son site. Le recours, déposé en octobre 2025, vise tous les résidents québécois ayant payé ces frais depuis 2022. Rien n'est encore jugé, mais cela ternit l'image d'une entreprise déjà fragilisée.

  • Chute des ventes post-pandémie
  • Départs des cofondateurs
  • Suspension de licence ACIA
  • Action collective en cours
  • Concurrence accrue dans la foodtech

Ces éléments forment un cocktail explosif pour une startup qui doit innover constamment.

Le Secteur des Kits Repas : Un Marché en Évolution

Goodfood n'est pas seule. Le marché des meal kits a explosé pendant la COVID, mais stagne désormais. Les consommateurs, pressés par l'inflation, privilégient les courses traditionnelles ou les plats prêts-à-manger. Les startups foodtech doivent se réinventer : plus de personnalisation, des options éco-responsables, des prix compétitifs.

Au Canada, la concurrence est rude. Des joueurs internationaux dominent, tandis que des locaux tentent de se différencier par la proximité et les produits canadiens. Goodfood, avec ses installations à Montréal et Calgary, joue sur ce terrain. Mais la suspension actuelle pourrait freiner ses ambitions d'expansion.

Certains analystes voient dans ces turbulences une opportunité. Une restructuration pourrait rendre l'entreprise plus agile, prête pour une reprise quand le marché rebondira.

Quelles Perspectives pour Goodfood ?

L'entreprise affirme que la suspension sera levée rapidement. Son site de Calgary assure la continuité. Sur les réseaux sociaux, les promotions continuent, comme si de rien n'était. Mais les investisseurs restent prudents : l'action reste basse, et les résultats du prochain trimestre seront scrutés.

Dans le monde des startups, les crises peuvent être des catalyseurs. Goodfood a déjà prouvé sa résilience en survivant à la bulle post-pandémie. Avec une nouvelle direction et des corrections rapides, elle pourrait rebondir. Ou, au contraire, cette accumulation de mauvaises nouvelles pourrait accélérer un déclin.

Une chose est sûre : l'histoire de Goodfood illustre les défis des scale-ups tech dans un secteur aussi volatile que l'alimentation. Rester innovant, compliant, et proche des clients : voilà le triptyque pour survivre.

En attendant la suite, les amateurs de kits repas croisent les doigts. Car au-delà d'une entreprise, c'est tout un modèle pratique et gourmand qui est en jeu.

(Note : Cet article est basé sur des informations publiques au 2 janvier 2026. La situation peut évoluer rapidement.)

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