Tesla Arrête Model S et X pour l’Autonomie

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Tesla Arrête Model S et X pour lAutonomie   Innovationsfr
février 5, 2026

Tesla Arrête Model S et X pour l’Autonomie

Imaginez un instant : vous montez dans une berline qui, il y a seulement treize ans, semblait venue d’un autre monde. Silencieuse, puissante, capable de distances inimaginables pour l’époque. Cette voiture a changé la perception du grand public sur l’électrique. Aujourd’hui, cette même icône reçoit un avis d’arrêt de production définitif. Tesla vient d’annoncer la fin prochaine des Model S et Model X. Un chapitre se ferme.

La fin d’une ère légendaire chez Tesla

Elon Musk l’a annoncé sans détour lors de la conférence sur les résultats trimestriels de janvier 2026 : les deux modèles phares historiques quitteront les chaînes de montage dès le prochain trimestre. Il ne s’agit pas d’une simple mise à jour ou d’un restylage. C’est bien un arrêt définitif de production qui se profile.

Pour les puristes et les premiers adopteurs, la nouvelle fait l’effet d’un électrochoc. La Model S, lancée en fanfare en 2012, n’était pas seulement une voiture : elle était la preuve vivante qu’un véhicule 100 % électrique pouvait surpasser les sportives thermiques les plus prestigieuses. Quant à la Model X et ses fameuses portes « ailes de faucon », elle incarnait l’audace technique poussée à l’extrême.

« C’est le moment d’offrir une retraite honorable aux programmes Model S et Model X, car nous entrons dans un futur construit autour de l’autonomie. »

– Elon Musk, janvier 2026

Cette phrase résume parfaitement la philosophie actuelle de Tesla. L’entreprise ne veut plus être seulement un constructeur automobile. Elle ambitionne de devenir le leader incontesté des systèmes autonomes et de la robotique humanoïde. Les berlines et SUV premium historiques deviennent, aux yeux de la direction, des reliques d’un passé révolu.

Retour sur un parcours exceptionnel

La Model S n’était pas le premier véhicule de Tesla – ce titre revient au Roadster – mais elle fut la première voiture pensée et conçue entièrement par la marque. Exit les compromis hérités de Lotus. Ici, tout partait d’une page blanche : pack batterie au sol, habitabilité record, performances sidérantes.

En 2012, le ticket d’entrée s’établissait à environ 57 000 dollars. Un prix élevé, mais justifié par des arguments imparables : plus de 400 km d’autonomie réelle, accélération foudroyante, silence absolu. Les 10 000 réservations enregistrées avant même les premières livraisons montraient déjà l’engouement.

  • 2013 : élue Car of the Year par MotorTrend
  • Introduction du mode Ludicrous : 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes
  • Plusieurs évolutions de batterie offrant jusqu’à 600+ km d’autonomie
  • Restylage majeur en 2021 avec un intérieur minimaliste et yoke

La Model X, arrivée trois ans plus tard, a tenté d’apporter la même révolution dans le segment SUV. Les portes antagonistes ont fasciné… et fait cauchemarder les équipes de production. Musk lui-même les a qualifiées de « Fabergé automobile » : magnifique sur le papier, extrêmement fragile à fabriquer.

Pourquoi arrêter maintenant ?

La réponse est simple et brutale : les ventes des Model S et Model X se sont effondrées face à la concurrence et face au succès massif des Model 3 et Model Y. Ces derniers, bien plus abordables, ont capturé l’essentiel du marché grand public.

Dans le même temps, la concurrence s’est réveillée. Rivian, Lucid, Porsche, Mercedes, BMW… tous proposent désormais des électriques premium performants, souvent mieux finis ou mieux équipés sur certains points. Tesla n’est plus seule sur le segment haut de gamme.

Mais la vraie raison se trouve ailleurs. Elon Musk l’a martelé : l’avenir de Tesla repose sur deux piliers majeurs :

  • La conduite 100 % autonome (FSD – Full Self-Driving)
  • Le robot humanoïde Optimus

La Model S et la Model X occupent encore de l’espace précieux dans l’usine de Fremont. Dès leur arrêt, cette surface sera réaffectée à la production en série d’Optimus. Le message est clair : Tesla veut passer d’un statut de simple constructeur à celui d’entreprise d’intelligence générale appliquée à la mobilité et à la robotique.

Un héritage qui ne s’effacera pas

Malgré cet arrêt, personne ne peut nier l’impact colossal des deux modèles sur l’industrie automobile mondiale. La Model S a forcé les constructeurs historiques à accélérer leurs programmes électriques. Elle a prouvé qu’une voiture zéro émission pouvait être désirable, performante et même luxueuse.

Des centaines de milliers de propriétaires continuent d’arpenter les routes avec leur exemplaire. Tesla s’engage d’ailleurs à les soutenir « aussi longtemps que les véhicules existeront ». Pièces, mises à jour logicielles, réseau Supercharger… rien ne devrait changer de ce côté-là.

« Si vous souhaitez acquérir une Model S ou une Model X, c’est maintenant ou jamais. »

– Elon Musk, lors de l’appel earnings Q4 2025

Ce petit conseil cache sans doute une ultime opportunité pour les collectionneurs et les fans. Les dernières unités produites deviendront probablement très recherchées dans les années à venir, à l’image des premières Porsche 911 ou des Ferrari F40.

Et après ? Vers quel futur Tesla nous emmène-t-elle ?

En se débarrassant de ses deux modèles les plus prestigieux, Tesla fait un pari risqué. Elle abandonne un segment où elle régnait en maître incontesté pour se concentrer sur des technologies encore immatures aux yeux du grand public : la conduite totalement autonome et les robots à usage domestique/industriel.

Le Cybertruck, censé incarner la nouvelle vague, n’a pas rencontré le succès escompté. Les volumes restent très faibles par rapport aux prévisions initiales. Cette contre-performance a peut-être retardé la décision concernant S et X, mais elle n’a fait que repousser l’inévitable.

Demain, Tesla espère que ses clients ne viendront plus pour acheter une voiture, mais pour acquérir un robotaxi ou un abonnement à un réseau de véhicules autonomes partagés. Optimus pourrait, lui, devenir le compagnon domestique ou l’ouvrier de demain.

Le virage est audacieux. Il est aussi risqué. Mais c’est exactement ce genre de pari qui a permis à Tesla de passer d’une start-up au bord de la faillite en 2008 à l’une des entreprises les plus valorisées de la planète.

Une page se tourne, une autre s’écrit

La Model S et la Model X ne seront bientôt plus construites. Elles laisseront derrière elles un héritage immense : celui d’avoir démocratisé l’idée qu’une voiture électrique pouvait être synonyme de performance, de luxe et d’innovation radicale.

Pour les passionnés d’automobile, c’est une perte. Pour les investisseurs et les visionnaires qui suivent Elon Musk depuis quinze ans, c’est peut-être le signe que la véritable révolution ne fait que commencer. Reste à savoir si le public suivra… ou si Tesla aura vu trop loin, trop vite.

Une chose est sûre : l’histoire de l’automobile électrique ne serait pas la même sans ces deux modèles. Ils ont ouvert la voie. Aujourd’hui, ils s’effacent pour laisser place à ce que leur créateur imagine comme le futur. Honorable discharge, disait Musk. Peut-être le plus bel hommage qu’on puisse rendre à deux légendes.

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