
Toast Révolutionne le 8 Mars : Repos pour les Femmes
Et si, pour une fois, les femmes n’avaient pas à tout porter sur leurs épaules ? À l’approche de la Journée internationale des femmes, le 8 mars 2025, une startup canadienne nommée Toast propose une idée qui secoue les conventions : inviter les femmes du secteur technologique à poser leurs outils, à souffler, et à laisser les hommes prendre le relais. Dans un monde où l’égalité reste un combat quotidien, cette initiative résonne comme un appel à repenser nos habitudes, et elle pourrait bien inspirer un changement durable.
Une Pause pour Changer les Règles du Jeu
Chaque année, le 8 mars est une occasion de célébrer les avancées des femmes tout en soulignant les obstacles persistants. Mais pour April Hicke, co-fondatrice de Toast, cette journée est aussi devenue un fardeau supplémentaire pour celles qu’elle est censée honorer. Entre panels, discours et organisation d’événements, les femmes en tech se retrouvent souvent à travailler doublement pour défendre leur propre cause, sans compensation ni répit.
Toast, une entreprise basée à Calgary et Toronto, veut inverser la tendance. Avec sa campagne **#SansElle**, elle encourage les femmes à se retirer des activités traditionnelles de la Journée internationale des femmes et à laisser les hommes prendre les rênes. Une idée simple, mais radicale : pourquoi toujours demander aux principales concernées de porter le poids du changement ?
Le Poids Invisible de l’Engagement
Imaginez une mère obligée de planifier sa propre fête des Mères. Absurde, non ? Pourtant, dans le milieu professionnel, et particulièrement dans la tech, les femmes sont fréquemment "volontold" – un mélange de volontaire et d’obligé – pour organiser des initiatives liées à l’égalité. April Hicke le résume avec une pointe d’exaspération : pourquoi est-ce toujours à elles de faire le travail ?
« On a besoin de quelqu’un qui lève la main pour nous dans une pièce où nous ne sommes pas. »
– April Hicke, co-fondatrice de Toast
L’an dernier, Hicke et sa partenaire Marissa McNeelands ont enchaîné les interventions lors du 8 mars. Résultat ? Une fatigue écrasante, une santé fragilisée et une prise de conscience : le retour sur investissement de ces efforts non rémunérés était dérisoire. Cette année, Toast change de cap et mise sur une approche qui délègue la responsabilité aux hommes.
Les Hommes, Nouveaux Champions de l’Égalité ?
Toast ne se contente pas de demander une pause. L’entreprise propose une solution concrète : le programme Champions. Ce projet forme des hommes à devenir des mentors actifs pour les femmes en tech, les aidant à progresser sans que celles-ci aient à endosser seules le rôle de porte-parole ou de coach. L’idée est claire : les alliés masculins doivent s’impliquer davantage.
Dans un secteur où les femmes sont sous-représentées – et souvent sous-payées –, ce soutien est crucial. Un rapport récent montre qu’en 2021, les hommes dans la tech au Canada gagnaient en moyenne 20 000 $ de plus que les femmes, un écart qui s’est creusé depuis 2016. Toast veut renverser cette dynamique en mobilisant ceux qui occupent déjà les espaces de pouvoir.
Une Startup qui Repense la Diversité
Lancée en 2023, Toast s’est rapidement imposée comme une référence pour les femmes en technologie. Avec une plateforme de développement professionnel accueillant plus de 1 500 membres, elle offre des outils innovants, comme un système de matching emploi basé sur l’**intelligence artificielle**, qui masque les informations personnelles pour réduire les biais. Aujourd’hui, plus de 20 000 femmes font partie de sa base de candidates.
Mais Toast ne s’arrête pas là. En pleine période de remise en question des initiatives de **diversité, équité et inclusion** (DEI), l’entreprise persiste et signe. Alors que certaines grandes compagnies canadiennes, comme Shopify, réduisent leurs efforts en la matière, Toast maintient le cap et attire toujours plus de participantes.
Pourquoi le Repos est une Révolte
Se reposer le 8 mars, c’est plus qu’une pause. C’est un acte de résistance face à une culture qui exige des femmes qu’elles prouvent sans cesse leur valeur. Pour Hicke, c’est aussi une façon de rappeler que l’innovation naît de la diversité – une diversité qui ne peut éclore si les mêmes voix sont constamment épuisées.
Le thème des Nations Unies pour 2025, "Pour TOUTES les femmes et filles : Droits. Égalité. Empowerment", trouve un écho particulier dans cette démarche. Toast ne demande pas seulement un jour off, mais une redistribution des responsabilités pour un avenir plus équitable.
Des Chiffres qui Parlent
Les inégalités dans la tech ne sont pas un secret. Voici quelques données éloquentes :
- En 2021, l’écart salarial entre hommes et femmes dans la tech au Canada atteignait 20 000 $.
- Les femmes racialisées gagnaient près de 15 000 $ de moins que la moyenne.
- Seules les femmes aux plus hauts niveaux exécutifs dépassent parfois les salaires masculins.
Ces chiffres, tirés d’un rapport de l’Université Toronto Metropolitan, soulignent l’urgence d’agir. Toast propose une réponse audacieuse : alléger le fardeau des femmes pour leur permettre de briller autrement.
Un Mouvement qui Dépasse les Frontières
Si Toast est ancrée au Canada, son message pourrait inspirer au-delà. Dans un monde où les initiatives DEI sont parfois critiquées, cette approche pragmatique – reposer pour mieux avancer – offre une alternative séduisante. Et si d’autres secteurs emboîtaient le pas ?
Pour l’instant, l’entreprise appelle les compagnies à offrir un jour de congé aux femmes le 8 mars. Une suggestion qui, loin d’être un luxe, pourrait devenir un levier pour repenser l’égalité au travail.
Et Après le 8 Mars ?
Toast ne veut pas s’arrêter à une journée symbolique. Avec son programme Champions et ses outils technologiques, elle bâtit un écosystème où les femmes peuvent prospérer sans s’épuiser. L’objectif ? Faire de l’égalité une réalité quotidienne, pas juste un slogan annuel.
En somme, cette initiative du 8 mars 2025 n’est qu’un début. En osant dire "non" à la surcharge et "oui" au soutien masculin, Toast redéfinit ce que signifie être une femme en tech – et ça, c’est une révolution qui mérite qu’on s’y attarde.