
Trump met fin à sa bataille judiciaire contre l’interdiction de Twitter
La saga judiciaire opposant l'ancien président américain Donald Trump au réseau social Twitter semble toucher à sa fin. Banni de la plateforme suite aux violents événements du Capitole le 6 janvier 2021, Trump avait engagé des poursuites contre l'entreprise. Malgré le rejet de sa plainte par un juge fédéral en 2022, ses avocats ont continué à faire appel de la décision.
Mais le vent a tourné après le rachat de Twitter (rebaptisé X) par Elon Musk, devenu depuis un allié clé de Trump. Le milliardaire a rapidement réintégré le compte de l'ex-président, suivi par Facebook et d'autres plateformes. Toutefois, Trump continue de poster principalement sur son propre réseau Truth Social, détenu par Trump Media & Technology Group.
Un accord à l'amiable entre Trump et Twitter
Un document judiciaire indique désormais que toutes les parties demandent à la cour de classer l'affaire. Peu de détails sont donnés sur l'accord entre Trump et X, si ce n'est que chaque camp prendra en charge ses propres frais.
En janvier dernier, Meta avait accepté de verser 25 millions de dollars pour régler une poursuite similaire concernant le bannissement de Trump d'Instagram et Facebook. Il semblerait donc que l'ancien président ait décidé de mettre un terme à ces batailles judiciaires contre les géants de la tech.
Le bannissement de Trump, symbole des tensions entre réseaux et politique
Le bannissement de Donald Trump des principales plateformes sociales après le 6 janvier 2021 avait marqué un tournant. Jamais un président en exercice n'avait été ainsi mis au ban du monde numérique. Cette décision radicale avait suscité de vifs débats sur le pouvoir des réseaux sociaux et les limites de la liberté d'expression.
Les réseaux ont un contrôle trop important sur le débat public. Ce n'est pas à des entreprises privées de décider qui peut s'exprimer ou non.
– Un porte-parole de Donald Trump après son bannissement
De leur côté, Twitter et Facebook avaient justifié cette mesure extrême par les risques de nouvelles incitations à la violence de la part de Trump. Ses messages remettant en cause les résultats de l'élection présidentielle et son soutien implicite à l'intrusion dans le Capitole avaient mis le feu aux poudres.
Elon Musk, le sauveur de Trump sur Twitter
Farouchement opposé à ce qu'il considère comme de la censure, Elon Musk a fait de la réintégration de Trump l'une de ses priorités après avoir racheté Twitter pour 44 milliards de dollars. Un revirement spectaculaire, même si en réalité le compte @realDonaldTrump était resté accessible en lecture seule depuis son bannissement.
Dans un sondage lancé par Musk lui-même sur Twitter, une courte majorité s'était prononcée pour le retour de l'ancien président sur la plateforme. Malgré cela, Trump s'est montré plutôt indifférent, préférant se concentrer sur Truth Social, son propre réseau lancé début 2022.
Je ne retournerai pas sur Twitter, je resterai sur TRUTH. J'espère qu'Elon achètera Twitter car il y apportera des améliorations, c'est un bon homme, mais je reste sur TRUTH.
– Donald Trump après la proposition de réintégration d'Elon Musk
Et maintenant ? Trump va-t-il revenir sur Twitter ?
Même s'il a décidé d'abandonner ses poursuites contre Twitter, rien n'indique pour l'instant que Donald Trump compte redevenir actif sur le réseau à l'oiseau bleu. Sa volonté de développer Truth Social, malgré un succès en demi-teinte, semble primer pour le moment.
Toutefois, avec sa candidature à l'élection présidentielle de 2024, un retour de Trump sur Twitter représenterait à coup sûr une caisse de résonance considérable pour sa campagne. Ses tweets avaient rythmé son précédent mandat, pour le meilleur et pour le pire. Réussira-t-il à résister à la tentation de cette tribune mondiale ?
Cette saga aura en tout cas mis en lumière le rôle central et controversé des réseaux sociaux dans le débat politique. Entre outil de communication directe et risque de désinformation, ils cristallisent les tensions autour de la liberté d'expression à l'ère numérique. L'affaire Trump-Twitter n'est sans doute qu'un avant-goût des défis démocratiques à venir.