
Turbulences politiques : la démission surprise de la Ministre Freeland
Le gouvernement canadien a frôlé la catastrophe en tentant de déposer son énoncé économique de l'automne dans un climat de chaos politique sans précédent. La démission surprise de la vice-première ministre et ministre des Finances Chrystia Freeland, quelques heures seulement avant qu'elle ne présente le dernier plan économique des libéraux, a plongé le gouvernement dans la tourmente.
L'énoncé économique, qui prévoyait de nombreuses mesures en faveur du secteur technologique canadien et des entreprises nationales, a finalement été déposé en fin d'après-midi par la leader du gouvernement à la Chambre, Karina Gould. Cependant, aucun discours n'a pu être prononcé et les députés n'ont pas été autorisés à poser des questions, malgré leurs vives protestations.
Un nouveau ministre des Finances nommé dans l'urgence
Pour combler le vide laissé par le départ de Freeland à ce poste clé du gouvernement, Dominic LeBlanc a été nommé nouveau ministre des Finances dans la foulée. Si cette nomination rapide permet de colmater une brèche, de nombreuses questions demeurent quant à la stabilité de l'équipe dirigeante. Des appels à la démission du Premier ministre Justin Trudeau ont fusé de toutes parts, y compris dans les rangs libéraux.
La lettre de démission de Freeland pointe les désaccords avec Trudeau
Dans sa lettre de démission, l'ex-ministre Freeland a révélé être « en désaccord avec le Premier ministre ces derniers temps concernant la meilleure voie à suivre pour le Canada », qui ferait face à « un défi de taille » avec l'arrivée d'une administration américaine menaçant d'imposer des tarifs douaniers de 25%. Freeland appelle à prendre cette menace « extrêmement au sérieux » et à « mettre de côté les artifices politiques coûteux » pour se préparer à une potentielle guerre commerciale.
Mesures phares pour la tech malgré la crise
Malgré les remous, l'énoncé économique déposé contient plusieurs programmes et mises à jour très attendus par l'écosystème tech canadien, dont :
- Le renouvellement de l'Initiative de catalyse du capital de risque (ICCR) à hauteur d'un milliard de dollars.
- La réforme du crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE).
- De nouveaux programmes pour encourager l'investissement privé dans les entreprises à forte croissance et les centres de données d'intelligence artificielle.
Le gouvernement prévoit également de lever le plafond qui limitait jusqu'ici la participation des fonds de pension à 30% du capital des entreprises canadiennes, facilitant ainsi les prises de contrôle.
Inquiétudes sur l'avenir des startups canadiennes
Si ces annonces sont positives sur le papier, des voix s'élèvent pour s'inquiéter des répercussions de l'instabilité politique sur l'investissement au Canada. Le président du Conseil des innovateurs canadiens Ben Bergen a déclaré :
La semaine dernière, nous étions encouragés par l'annonce de la ministre Freeland améliorant les critères du crédit d'impôt RS&DE et augmentant le financement de l'écosystème de capital-risque canadien. Aujourd'hui, Chrystia Freeland n'est plus là et l'avenir du gouvernement libéral est incertain.
– Ben Bergen, Conseil des innovateurs canadiens
« Les innovateurs canadiens ne peuvent pas se développer à l'échelle mondiale sur un terrain instable - nous avons besoin d'un leadership fort, pas d'incertitude, en ce moment critique », a-t-il ajouté, appelant le gouvernement à clarifier rapidement ses intentions.
Prorogation du Parlement évoquée, élections anticipées redoutées
Alors que Justin Trudeau envisagerait une prorogation du Parlement voire une possible démission, l'opposition réclame un vote de confiance et les milieux économiques redoutent des élections anticipées qui déstabiliseraient encore plus l'économie canadienne, déjà fragilisée par les menaces américaines.
La confusion qui règne à Ottawa soulève de nombreuses questions quant à la pérennité des mesures annoncées en faveur de l'innovation et de la compétitivité du Canada. Les prochains jours s'annoncent décisifs pour l'avenir politique et économique du pays. Les startups canadiennes retiennent leur souffle.