
Un Label Éco-Précis pour les Écoles d’Ingénieurs en 2026
Et si choisir son école d’ingénieurs devenait aussi une question d’impact écologique ? À l’heure où 66 % des étudiants ingénieurs plébiscitent un score environnemental officiel pour leurs établissements (sondage OpinionWay, décembre 2024), une petite révolution se prépare dans l’enseignement supérieur français. Le label Développement durable et responsabilité sociétale (DD&RS), qui mesure depuis des années l’engagement des écoles sur les enjeux écologiques et sociaux, s’apprête à faire peau neuve en 2026. Fini le simple “labellisé ou pas” : place à une évaluation plus fine, plus transparente, et surtout plus adaptée aux attentes d’une génération qui veut construire un avenir durable.
Une refonte pour plus de clarté dans la transition écologique
Depuis son lancement, le label DD&RS a permis de mettre en lumière les efforts des établissements. En 2025, 56 d’entre eux, dont 22 écoles d’ingénieurs comme CentraleSupélec ou l’INSA Lyon, arborent fièrement cette distinction. Mais pour beaucoup, ce système binaire manque de nuance. Jacques Fayolle, directeur des Mines Saint-Étienne, ne mâche pas ses mots : le label, dans sa forme actuelle, ne reflète pas assez la réalité des engagements.
« Les labels sont devenus un enjeu pour beaucoup d’institutions et ne veulent plus forcément dire grand-chose par leur accumulation… »
– Jacques Fayolle, directeur des Mines Saint-Étienne
C’est là que le Collectif pour l’intégration de la responsabilité sociétale dans l’enseignement supérieur (CIRSES) entre en jeu. En charge du label, cette association planche sur une formule revisitée, prévue pour début 2026. L’idée ? Passer d’un verdict “tout ou rien” à un système à quatre échelons, capable de mieux refléter la maturité écologique des écoles. Une évolution qui promet de faire la différence pour les étudiants en quête de transparence.
Un système à échelons : vers une transparence renforcée
Imaginez un classement qui ne se contente pas de dire si une école est “verte” ou non, mais qui indique précisément où elle se situe sur l’échelle de l’engagement. C’est l’ambition de cette refonte. Elise Coriton, déléguée générale du CIRSES, explique que ce nouveau système permettra de distinguer les pionniers, certifiés depuis des années, des établissements plus récents dans leur démarche écologique.
Jusqu’ici, le label s’adaptait déjà aux réalités des candidats. Par exemple, certaines écoles, bien que motivées, n’atteignaient pas encore le niveau requis pour une labellisation classique de quatre ans. Résultat : des certifications de deux ans leur étaient accordées. Avec les échelons, cette flexibilité deviendra encore plus lisible, offrant une grille d’évaluation claire et progressive.
Concrètement, chaque échelon correspondra à un degré d’avancement. Les écoles les plus avancées viseront le sommet, tandis que les débutantes auront un objectif atteignable pour progresser. Une approche qui pourrait bien redéfinir la compétition entre établissements.
Les critères du label : un référentiel solide
Si la forme change, le fond reste ancré dans le référentiel DD&RS, créé en 2009 dans le sillage du Grenelle de l’environnement. Ce document, porté par le ministère de l’Enseignement supérieur, la Conférence des grandes écoles (CGE) et d’autres acteurs, évalue les écoles sur plusieurs axes clés. Parmi eux : la **formation aux enjeux durables**, la **recherche orientée écologie**, ou encore la **gestion des campus** (énergie, déchets, transports).
Au total, 18 variables stratégiques sont notées de 1 à 5. Aujourd’hui, une école doit atteindre au moins le niveau 3 sur 9 de ces variables pour décrocher le label. Avec le système à échelons, ce seuil évoluera : plus l’échelon visé sera élevé, plus les exigences grimperont. Une manière de pousser les établissements à aller toujours plus loin.
Le processus, lui, reste inchangé : une auto-évaluation en ligne, suivie d’un audit par des pairs. Une méthode qui garantit une certaine rigueur, tout en laissant place à l’amélioration continue.
Pourquoi les étudiants en font une priorité
Pour les futurs ingénieurs, l’écologie n’est plus une option. Le sondage OpinionWay révèle que deux tiers d’entre eux veulent un outil officiel pour jauger leurs écoles. Pourquoi un tel engouement ? Parce que ces jeunes savent qu’ils seront aux premières loges pour relever les défis climatiques de demain.
Des écoles comme CentraleSupélec ou l’INSA Lyon, déjà labellisées, servent d’exemples. Mais avec la refonte, les étudiants pourront aller plus loin : comparer les politiques environnementales avec précision, et choisir en connaissance de cause. Un atout pour orienter leur carrière vers des établissements alignés sur leurs valeurs.
« Le futur système à échelons permettra d’être encore plus transparent et précis. »
– Elise Coriton, déléguée générale du CIRSES
Une modernisation à venir : cap sur 2027
La refonte de 2026 n’est qu’une étape. Le CIRSES voit plus loin et planifie une mise à jour du référentiel pour 2027. Au programme : l’intégration de nouveaux indicateurs, comme le **numérique responsable**, un sujet brûlant à l’ère des technologies omniprésentes. Cette évolution montre une volonté d’adapter le label aux enjeux actuels, tout en restant fidèle à sa mission initiale.
Pour les écoles, cela signifie un défi constant : innover, s’adapter, et prouver leur engagement. Pour les étudiants, c’est une promesse : celle d’un enseignement supérieur qui ne se contente pas de former des ingénieurs, mais des acteurs du changement.
Quels impacts pour les écoles d’ingénieurs ?
Avec ce nouveau label, les écoles devront redoubler d’efforts. Celles déjà en pointe, comme les 22 labellisées en 2025, pourraient consolider leur avance. Mais pour les autres, c’est une opportunité de se démarquer. Une politique énergétique ambitieuse, des formations revisitées ou une gestion exemplaire des déchets pourraient faire la différence.
Et les bénéfices ne s’arrêtent pas là. Un bon classement attirera non seulement les étudiants, mais aussi les entreprises en quête de talents formés aux défis écologiques. Un cercle vertueux qui pourrait transformer le paysage de l’enseignement supérieur.
Un modèle pour l’avenir ?
Et si ce label devenait une référence au-delà des écoles d’ingénieurs ? Universités, écoles de commerce, ou même lycées pourraient s’en inspirer. En structurant l’évaluation écologique de manière progressive, le DD&RS pose les bases d’un système adaptable à d’autres contextes.
Pour l’instant, le focus reste sur les ingénieurs, ces futurs bâtisseurs d’un monde durable. Avec ce label repensé, ils auront un outil de plus pour choisir leur voie. Et pour les écoles, une chance de prouver qu’elles ne se contentent pas de suivre la tendance, mais qu’elles la façonnent.
En 2026, le DD&RS ne sera plus un simple badge. Il deviendra un miroir, reflétant les efforts, les ambitions, et parfois les lacunes des établissements. Une révolution discrète, mais qui pourrait bien changer la donne pour des milliers d’étudiants et d’écoles.
Les étapes clés de la refonte
Pour mieux comprendre cette transformation, voici un récapitulatif des grandes dates et évolutions à venir :
- 2025 : 56 établissements labellisés, dont 22 écoles d’ingénieurs.
- 2026 : Lancement du système à quatre échelons pour une évaluation plus fine.
- 2027 : Modernisation du référentiel avec des indicateurs comme le numérique responsable.
Ces étapes marquent une volonté claire : faire du DD&RS un outil vivant, en phase avec les défis du XXIe siècle. Une ambition qui résonne avec les aspirations des étudiants et des professionnels de demain.
Et après ?
Le chemin ne s’arrête pas là. Si le label évolue, c’est aussi pour répondre à une urgence globale. Les ingénieurs de demain devront concevoir des solutions face au changement climatique, à la raréfaction des ressources, et à la digitalisation galopante. Leur formation, et donc leurs écoles, jouent un rôle clé dans cette équation.
En attendant 2026, les établissements ont du pain sur la planche. Réviser leurs cursus, verdir leurs campus, impliquer leurs étudiants : autant de chantiers pour grimper les échelons. Et pour les futurs ingénieurs, une question se pose : quelle école saura relever le défi ? La réponse, dans quelques mois, pourrait bien redessiner les priorités de tout un secteur.