Once Upon a Farm Relance Son IPO
Imaginez une actrice hollywoodienne qui décide un jour de révolutionner ce que mangent nos tout-petits. Pas juste un coup de com’, mais un vrai projet entrepreneurial porté par une conviction profonde. C’est exactement ce qu’a fait Jennifer Garner en s’engageant dans l’aventure Once Upon a Farm, une marque qui veut rendre l’alimentation bio accessible dès le plus jeune âge. Et aujourd’hui, cette histoire prend un nouveau tournant : l’entreprise relance son projet d’introduction en Bourse.
Un come-back très attendu sur les marchés
Après avoir mis en pause son IPO en 2025 à cause d’un contexte réglementaire compliqué lié à un shutdown gouvernemental américain, Once Upon a Farm a déposé un document S-1 actualisé début 2026. La fourchette de prix annoncée oscille entre 17 et 19 dollars par action. Si l’opération réussit, la société espère lever au minimum 208,9 millions de dollars, pour une valorisation totale qui atteindrait environ 764 millions de dollars. Une sacrée ambition pour une marque née il y a seulement dix ans.
Ce retour sur le devant de la scène financière n’est pas anodin. Il intervient dans un marché des introductions en Bourse qui montre enfin quelques signes de redoux après deux années très difficiles. Beaucoup d’observateurs y voient un test grandeur nature : les investisseurs sont-ils prêts à parier à nouveau sur des marques grand public à forte image, surtout quand elles touchent à l’alimentation des enfants ?
Une genèse portée par des valeurs fortes
Créée en 2015, Once Upon a Farm s’est rapidement imposée grâce à une promesse simple mais puissante : proposer des aliments pour bébés et enfants 100 % bio, sans additifs, sans conservateurs et surtout pressés à froid pour conserver un maximum de nutriments. Le concept ? Des gourdes souples remplies de fruits, légumes et céréales issus de l’agriculture biologique, faciles à transporter et conçues pour les parents pressés mais soucieux de la santé de leurs enfants.
Jennifer Garner n’est pas la fondatrice originelle – ce rôle revient à Cassandra Curtis et Ari Raz – mais elle a rejoint l’aventure très tôt et y a apporté une visibilité considérable. Actrice engagée dans les questions de nutrition infantile, elle a su transformer son aura médiatique en véritable levier de croissance pour la marque.
Nous voulons que chaque enfant ait accès à une nourriture propre, saine et délicieuse, dès les premiers mois.
– Jennifer Garner, co-fondatrice et porte-parole
Cette citation résume parfaitement l’ADN de l’entreprise : allier plaisir gustatif, santé et transparence totale sur l’origine des ingrédients.
Un parcours financier déjà solide
Avant même de penser à entrer en Bourse, Once Upon a Farm avait déjà convaincu plusieurs fonds spécialisés. Parmi les investisseurs notables, on retrouve S2G Ventures (très actif dans l’agtech et la foodtech) et CAVU Consumer Partners. Au total, près de 100 millions de dollars ont été levés en capital-risque depuis la création.
Ces levées successives ont permis à la marque de se développer rapidement : distribution dans les grandes enseignes bio et conventionnelles aux États-Unis, extension de gamme vers les snacks pour enfants plus âgés, et surtout une logistique capable de préserver la fraîcheur des produits sans pasteurisation excessive.
- Pressage à froid → conservation maximale des vitamines
- Ingrédients certifiés USDA Organic
- Emballages recyclables et pratiques
- Pas de sucres ajoutés ni concentrés
Ces quatre piliers expliquent en grande partie pourquoi la marque a réussi à se démarquer dans un rayon bébé souvent saturé de produits industriels classiques.
Pourquoi l’IPO arrive à ce moment précis ?
Le timing n’est probablement pas le fruit du hasard. Après une période d’incertitude économique et réglementaire, les marchés semblent reprendre confiance. Les valorisations dans la foodtech et la consommation responsable repartent doucement à la hausse. Une marque comme Once Upon a Farm, qui cumule image grand public, récurrence d’achat et positionnement premium, devient alors particulièrement attractive.
De plus, Goldman Sachs et J.P. Morgan, deux des banques les plus prestigieuses au monde, pilotent l’opération. Leur implication envoie un signal fort aux investisseurs institutionnels : le dossier est sérieux et bien préparé.
Si l’on en croit les estimations d’IPOScoop, la cotation pourrait intervenir dès le 6 février 2026. Une date à marquer d’une pierre blanche pour tout l’écosystème startup food & beverage.
Un marché en pleine mutation
L’alimentation infantile bio n’est plus une niche. Les parents de la génération millennial et Gen Z sont prêts à payer plus cher pour des produits qu’ils considèrent comme plus sains et plus éthiques. Une étude récente montrait que près de 68 % des parents américains privilégient désormais le bio pour les moins de 3 ans quand leur budget le permet.
Dans ce contexte, Once Upon a Farm n’est pas seule. Des concurrents comme Serenity Kids, Amara Organic Foods ou Little Spoon se disputent aussi ce segment premium. Mais la présence de Jennifer Garner et la qualité perçue du produit lui donnent un avantage compétitif non négligeable.
Quels défis pour la suite ?
Entrer en Bourse ne signifie pas la fin des difficultés. Au contraire. Une fois cotée, l’entreprise devra répondre à des exigences trimestrielles de résultats, gérer la pression des actionnaires et continuer à innover dans un secteur où la concurrence s’intensifie.
Parmi les défis majeurs :
- Maintenir des marges élevées malgré l’inflation des matières premières bio
- Étendre la distribution à l’international sans perdre en qualité
- Innover constamment pour ne pas se faire dépasser par des acteurs plus agiles
- Garder intacte la confiance des consommateurs sensibles aux questions d’authenticité
Mais si l’entreprise parvient à transformer cette IPO en succès, elle pourrait devenir l’un des porte-étendards d’une nouvelle génération de marques alimentaires responsables et grand public.
Un symbole plus large
Au-delà des chiffres, cette opération raconte une évolution de fond. Les consommateurs veulent savoir d’où vient leur nourriture, comment elle est produite, et quel impact elle a sur la planète et sur la santé. Une startup capable de conjuguer star power, qualité produit et ambition financière incarne parfaitement cette transition.
Dans quelques semaines, lorsque les premières actions seront échangées, ce sera bien plus qu’une simple cotation : ce sera la validation (ou non) d’un modèle qui place l’enfant et sa santé au centre de la stratégie d’entreprise. Et ça, c’est une sacrée belle histoire à raconter.
À suivre de très près.