Apolosign Tablette Android 32 Pouces Qui Roule Partout
Imaginez un écran de trente-deux pouces qui suit la famille d’une pièce à l’autre, sans fil à tirer derrière soi, et qui se comporte moins comme une télévision figée que comme une tablette Android trop grande pour tenir dans la main. C’est précisément le pari d’Apolosign : un appareil sur roulettes, compatible Play Store, pensé pour la cuisine, le bureau, le salon ou même une salle de classe. L’objet intrigue autant qu’il agace. On le pousse, on le bascule en portrait, on y lance une recette ou un jeu, puis on découvre que la télécommande Bluetooth a encore décroché et que les boutons physiques sont cachés derrière l’écran.
Un Hybride Entre Tablette Géante Et Chariot D’Écran
Le constructeur vend le produit comme une portable smart TV. Le mot TV est un peu court. On a surtout affaire à une dalle LCD tactile sous Android 16, montée sur un socle à roulettes omnidirectionnelles. Tout ce que l’on fait sur un téléphone Android se retrouve ici, à une échelle presque caricaturale. Le Play Store est ouvert. Les applications s’installent. Le multitâche fonctionne. La machine peut servir de second moniteur, de tableau de recettes, de console de jeux pour enfants ou de support de visioconférence une fois la webcam vissée.
Deux versions existent. L’une affiche du 4K UHD en 3840 × 2160 avec 256 Go de stockage, autour de 819 dollars. L’autre reste en Full HD 1920 × 1080 avec 128 Go, autour de 719 dollars. Les fiches parlent de 16 Go de mémoire, présentés en 8+8. En pratique, on a surtout 8 Go de RAM réelle plus de la mémoire virtuelle. Pour du streaming, des jeux légers et quelques onglets, cela suffit. Le processeur Rockchip RK3576 octa-cœur et le GPU Mali-G52 MC3 placent l’ensemble dans une catégorie intermédiaire, loin des tablettes haut de gamme mais assez vive pour un usage quotidien à la maison.
Roulettes Silencieuses, Seuil Traître
Sur parquet continu, le chariot glisse sans bruit. On passe du salon à la cuisine, puis près d’un bureau, sans effort. Dès qu’un seuil apparaît, ou qu’un tapis remplace le bois, le centre de gravité se rappelle à vous. Les batteries 18650, d’une capacité de 219 Wh, occupent la base. L’écran pèse presque autant. Le tout approche les 22 kilos. Ce n’est pas un objet que l’on jette au sol. Une chute le condamne. Un enfant de trois ans peut le pousser sans le faire basculer tant que le sol reste plat. Sur une transition de sol, mieux vaut tenir le montant.
Sans le pied, il n’y a pas de petites pattes. Il faut un montage VESA 100 × 100. Le câble de charge du socle fonctionne aussi branché directement sur l’écran, ce qui évite de rester prisonnier du chariot si l’on veut fixer la dalle au mur.
Autonomie, Luminosité Et Ports Cachés
Apolosign annonce jusqu’à six heures à 50 % de luminosité. En usage réel, plein jour et dalle à fond, on tourne plutôt autour de 3,5 heures. Une décharge complète demande deux heures et demie à trois heures pour revenir à bloc, davantage si l’on continue de s’en servir pendant la charge. À 300 nits, l’image tient très bien à l’intérieur. Dehors, au soleil, elle pâlit vite.
Deux ports USB-A, un USB-C et un HDMI sont présents. Ils se cachent derrière un capot en bas de l’écran. La webcam 8 mégapixels se visse sur deux paires de trous prévus à cet effet. Un clip aurait été plus pratique qu’une vis. Une fois montée, elle ouvre les appels vidéo sans surprise. Certains la retirent ensuite, par habitude ou par méfiance.
Quand la télécommande a décroché la première fois, il m’a fallu deux jours pour trouver les boutons physiques à l’arrière et éteindre l’écran. Oui, l’économiseur a tourné toute la nuit.
– Compte-rendu d’usage inspiré du test terrain
L’Écran Tactile De 32 Pouces Change Les Gestes
Trente-deux pouces, c’est immense pour du tactile. Les gestes Android habituels, ce petit coup de pouce pour revenir en arrière, deviennent un mouvement de bras. On a l’impression de lancer un frisbee pour changer de page ou faire remonter les applications récentes. Le panneau 60 Hz accepte dix points de contact. L’éclairage est de type edge-lit, moins coûteux qu’un rétroéclairage plein champ. L’uniformité n’est pas parfaite. Des zones plus claires ou plus sombres se devinent si l’on cherche.
Les documents marketing se contredisent. Certaines pages parlent d’un panneau VA, d’autres d’un IPS. L’angle de vision annoncé à 178 degrés penche vers l’IPS. Quatre personnes côte à côte voient encore correctement l’image. Le contraste annoncé, 3000:1 en 4K et 1200:1 en Full HD, paraît élevé pour un IPS 4K classique. Quoi qu’il en soit, la dalle pivote de 20 degrés vers le haut ou le bas, tourne de 15 degrés à droite et à gauche, passe en portrait à 90 degrés et monte ou descend de 180 mm. On trouve vite une hauteur confortable pour cuisiner, lire ou présenter.
Pour un film ambitieux, la qualité d’image reste moyenne. Pour des vidéos courtes, des jeux familiaux ou un tutoriel, elle suffit largement. L’idée n’est pas de remplacer un téléviseur OLED de salon. L’idée est d’avoir un écran que l’on déplace et que l’on touche.
Télécommande Copiée, Son Discret, Usages Surprenants
La télécommande Bluetooth ressemble presque trait pour trait à celle d’une barre de son Samsung. Elle décroche trop souvent. Même connectée, elle ne remplace pas le doigt sur l’écran pour fermer une application ou en ouvrir une autre. La commande vocale Google ou Gemini rattrape un peu le tir. Les haut-parleurs dual 5 watts sonnent comme des enceintes d’entrée de gamme. Dans un restaurant bruyant, on les perd. À fond, ils saturent. À la maison, pour un film en famille, le volume reste acceptable. Un enceinte Bluetooth externe règle le problème en deux secondes : l’appareil reste un Android complet.
C’est là que le produit devient intéressant. On le pousse près d’une cheminée pour une soirée. On le place dans la cuisine pendant qu’une recette s’affiche en grand. Les enfants y lancent YouTube Kids ou un jeu. Au bureau, il devient second écran via HDMI. Dans une école ou sur un stand, il rappelle les vieux chariots TV des années 90, ceux qui transportaient magnétoscope et cassette, mais avec le Play Store à la place de la VHS.
- Déplacement fluide sur sol dur, à condition de surveiller les seuils.
- Android ouvert, applications et second moniteur possibles sans bricolage.
- Réglages mécaniques nombreux : hauteur, inclinaison, rotation portrait.
- Télécommande fragile, boutons physiques trop discrets, audio limité.
Pour Qui Cet Objet A-T-Il Du Sens
Pas pour celui qui cherche une image de référence. Oui pour une famille qui vit sur un seul niveau au sol dur, pour un formateur qui veut un tableau tactile mobile, pour un stand qui doit afficher une démo puis disparaître. Le poids impose de réfléchir avant d’acheter. On ne monte pas l’ensemble dans un escalier tous les soirs. On ne le sort pas sur une allée gravillonnée. On le fait vivre à l’intérieur, sur un plancher prévisible.
Le positionnement tarifaire reste élevé pour une dalle mid-tier et une finition parfois bricolée, capot de ports, vis de webcam, télécommande capricieuse. En échange, on obtient un format rare : un vrai grand écran tactile qui roule, qui tourne et qui installe n’importe quelle application Android. Peu de constructeurs jouent cette carte. Apolosign a choisi l’hybride plutôt que la spécialisation. Le résultat est imparfait, parfois irritant, souvent amusant, et étonnamment utile dès que l’on arrête de le comparer à une télévision de salon.
Au fond, l’appareil pose une question simple. A-t-on encore besoin d’un écran cloué au mur quand on peut le faire suivre une journée entière, de la recette du matin à la réunion de l’après-midi ? La réponse dépend du sol de chez vous, de votre tolérance aux petits défauts et de l’envie d’avoir, au milieu du salon, une tablette trop grande pour être rangée dans un tiroir.