
Meta Lance un Cable Sous-Marin Reliant 4 Continents
Imaginez un câble sous-marin long de 40 000 kilomètres, suffisamment pour faire le tour de la Terre. C'est précisément le projet titanesque dans lequel souhaite se lancer Meta, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp. Une infrastructure d'une ampleur inédite dont l'entreprise serait l'unique propriétaire, pour un investissement estimé à 10 milliards de dollars. Décryptage de ce chantier hors norme qui pourrait bouleverser le paysage numérique mondial.
Un parcours en "W" pour connecter 4 continents
Le tracé de ce câble d'un nouveau genre a de quoi donner le vertige. Partant de la côte est des États-Unis, il traverserait l'Atlantique pour rejoindre l'Afrique du Sud, puis remonterait vers l'Inde, redescendrait en direction du nord de l'Australie avant de repartir vers la côte ouest américaine. Un parcours en forme de "W" qui permettrait de relier quatre continents tout en évitant des zones géopolitiquement sensibles comme la mer Rouge et la mer de Chine méridionale.
Des milliers de kilomètres de fibre optique sous les océans
Pour concrétiser ce projet pharaonique, Meta devra déployer des milliers de kilomètres de câbles en fibre optique sur les fonds marins, une prouesse technologique et logistique. Les câbles sous-marins sont en effet le pilier invisible de nos communications internationales : plus de 99% du trafic internet intercontinental transite par ces infrastructures qui se sont considérablement développées ces dernières décennies.
Sans les câbles sous-marins, pas de globalisation du commerce, pas de télétravail intercontinental, pas de possibilité d'accéder instantanément et à faible coût à une information localisée à l'autre bout du monde.
Jean-Luc Vuillemin, directeur réseaux et services internationaux d'Orange
Un investissement stratégique pour la croissance de Meta
Si Meta a déjà participé au financement de plusieurs câbles sous-marins par le passé, c'est la première fois que l'entreprise se lance seule dans un tel chantier. Jusqu'à présent, le géant californien s'était toujours associé à des opérateurs télécoms. Mais posséder ses propres infrastructures sous-marines lui permettrait de s'affranchir de cette dépendance pour accompagner l'expansion de ses différents services.
Car le trafic généré par les applications de Meta est colossal. Selon Sandvine, Facebook, Instagram et WhatsApp représenteraient à eux seuls :
- 10% du trafic internet fixe mondial
- 22% du trafic internet mobile global
Des chiffres vertigineux qui devraient continuer de croître avec le développement de la réalité virtuelle et du metaverse, sur lesquels mise beaucoup Meta pour son avenir. D'où la nécessité pour l'entreprise de sécuriser et de renforcer ses capacités de transfert de données à l'international.
Meta suit l'exemple de Google
En se dotant de son propre câble sous-marin, Meta s'inscrit dans les pas de Google qui a lui aussi commencé à déployer ses infrastructures en solo. Le géant de la recherche est notamment à l'origine du câble Dunant, entré en service en 2020, qui relie les États-Unis à la France. Google est également derrière le projet Equiano, un câble sous-marin reliant le Portugal à l'Afrique du Sud.
Une tendance de fond qui illustre la volonté des géants de la tech de s'émanciper des acteurs traditionnels des télécoms pour maîtriser toujours plus leurs infrastructures stratégiques. Un mouvement qui n'est pas sans susciter des inquiétudes sur la concentration croissante de l'internet mondial entre quelques mains. L'annonce du méga câble de Meta ne devrait pas manquer de relancer le débat.